Électropêche

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Exemple d'électropêche sur petit cours d'eau (Uidh Mhich'ille Riabhaich, Royaume-Uni), rendue difficile par la présence de nombreux blocs de roches.
L'électropêche peut aussi se pratiquer en milieu très artificialisé. Il est recommandé d'alors bien vérifier la température et la conductivité de l'eau, pour infliger un stress minimal aux poissons et autres organismes aquatiques.

La pêche électrique ou électropêche (electrofishing pour les anglophones) désigne tous les moyens de pêcher des organismes aquatiques, le plus souvent des poissons, au moyen d'un courant électrique. Les poissons sont attirés puis paralysés par le courant électrique, ainsi ils remontent à la surface.

C'est un moyen de pêche contrôlé : interdit ou réservé à certains usages. Cette méthode étant très efficace, elle implique un risque de surexploitation des ressources halieutiques.

L'électropêche est devenue à la seconde moitié du XXe siècle un moyen standard et très pratique d'étude des populations de poissons. Il a longtemps été considéré comme sans impacts significatifs sur la faune et les milieux (sans études le montrant). Puis, plus récemment, de nombreux travaux scientifiques, pour la plupart effectués dans les années 1990, ont montré que les impacts physiologiques et écologiques de ce mode de surveillance ne sont pas anodins ; si les poissons n'en meurent que rarement, un champ électrique inapproprié pour une espèce vulnérable peut provoquer des blessures internes non visibles, blesser[1] ou parfois tuer l'animal qui y est exposé, laisser des séquelles durables chez certains poissons et éventuellement affecter les embryons, alevins ou juvéniles.

Les poissons sont plus ou moins sensibles aux champs électriques selon leur espèce et leur âge ou le milieu (la conductivité de l'eau varie beaucoup selon sa salinité et dureté), mais toutes les espèces semblent pouvoir être affectées. En , le National Marine Fisheries Service américain (NMFS) considérait qu’« il y a amplement assez de preuves que l'électropêche puisse causer des dommages graves pour les poissons et la position générale de l'Agence est d'encourager les chercheurs à rechercher d'autres moyens moins invasifs » (suivi par caméra subaquatique ; suivi par méthode acoustique (sonar/sondeur mono faisceau comme on le fait dans les lacs[2], ce qui implique de tenir compte des biais de la méthode[3] ; analyses par barcoding moléculaire...).

Aux États-Unis, dès 1998, JL Nielsen a suggéré[4] à l’American Fisheries Society (AFS) d'élaborer des lignes directrices pour les méthodes d'échantillonnage moins invasives, et d'adopter et promouvoir une politique sur l'utilisation plus éthique de cet usage de l'électricité par les organismes fédéraux ou d'État, et de mieux réglementer toutes les activités de pêche électrique dans tous les habitats où vivent des poissons sauvages, au profit de méthodes alternatives d'étude (estimations visuelles[5],[6],[7] ou autres), moins invasives, chaque fois que possible dans tous les cas où il peut être démontré que l'électropêche peut significativement réduire la capacité d'une population à se maintenir, par exemple dans les nombreux endroits où certaines populations sauvages et menacées de salmonidés ne conservent plus que quelques dizaines de couples reproducteurs[4]. L'administration américaine a produit un tel guide en 2000[8].

Beaucoup d'organismes aquatiques, et les poissons en particulier, disposent d'organes très sensibles aux champs électriques. Le champ électrique généré par le matériel de pêche électrique est inhabituellement élevé pour ces organismes. Il « choque » les poissons présents ; pas assez pour les tuer (à cette tension), mais assez pour les forcer à se laisser remonter entre deux eaux ou en surface, où ils peuvent facilement être récupérés grâce à une épuisette. Certains poissons (brochets par exemple[9]) peuvent précocement détecter le champ, l'opérateur ou le bateau et s'enfuir avant d'être étourdis.

Pêche électrique en eau douce

Pêche électrique effectuée par deux scientifiques australiens () pour le suivi d'une population d'espèce invasive (tilapias africains en l'occurrence, introduits en Australie et notamment trouvés dans l'Endeavour River[10].

Elle utilise un courant de faible intensité, généralement diffusé dans le cours d'une rivière à l'aide d'une perche contenant un conducteur électrique et terminée par un anneau. Cette perche est alimentée par une batterie .

Le matériel peut être tenu à la main, ou installé sur un bateau[11].

Utilisations

Cette technique est interdite pour la pêche (alors assimilée à du braconnage).

  • Elle n'est légalement autorisée que pour réaliser des études sur les ressources halieutiques : comptage, mesures, pesée et éventuellement marquage / baguage. C'est alors une méthode à seul but scientifique et les poissons, après avoir retrouvé leurs « esprits » et avoir été ré-oxygénés, sont relâchés dans le milieu naturel.
  • Toujours par un personnel autorisé (ex : ONEMA en France), elle peut être utilisée pour récupérer plus facilement des poissons dans un milieu qui doit être vidé de son eau ou détruit (par le passage d'une infrastructure par exemple), afin de transférer ces poissons vers un autre habitat.
  • Dans les mêmes conditions, dans le cadre d'une gestion restauratoire des ressources, la pêche électrique peut permettre de récupérer la semence de reproducteurs, pour insémination artificielle d'œufs, à fin d'élevage pour réintroduction dans le milieu.
  • Un faible champ électrique tue les embryons de poissons d'autant plus qu'ils sont gros. Un auteur[12] a sur cette base proposé que le matériel de pêche électrique puisse dans certains cas particuliers être utilisé pour protéger certaines espèces autochthones menacées (à petits embryons) en éliminant des espèces invasives à gros embryons telles qu'Oncorhynchus mykiss (à la date de l'intervention[C'est-à-dire ?]). Néanmoins d'autres études montrent que la croissance des autres embryons peut ensuite être freinée, même s'ils ne meurent pas. Les effets physiologiques profonds étant encore mal connus, la prudence et une étude d'impact préliminaire sont recommandées quand des espèces menacées sont en jeu.

Risques et impacts écologiques

Un impact positif reconnu est la contribution de cet « outil » au monitoring des populations de poissons, particulièrement dans les systèmes lotiques[13].

Effets négatifs sur les poissons

Voir aussi

Notes et références

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