L'île aux Moutons autrement nommée Moalez ou Moal Enez, ce qui signifie «l'île Chauve» en breton est une île de l'archipel des Glénan au sud de Fouesnant dans le Finistère, qui se situe entre le continent et celui-ci.
L'île aux Moutons: vue panoramique d'ensemble.
L'île aux Moutons, connue aussi sous le nom de Moalez ou Moal Enez (ce qui signifie en breton l'île chauve)[1] est en fait un petit archipel avec l'île aux Moutons en elle-même et la roche de Trévarec. Ce petit archipel, même s'il est inclus dans les Glénan, en est assez éloigné, puisqu'il est situé à mi-chemin de l'archipel des Glénan et de Beg Meil, le village côtier le plus proche.
L'île aux Moutons et son phare.
Le phare de l'île aux Moutons (archipel des Glénan).
À la fin des années 1840, les négociants de Quimper et les pilotes demandent l'installation d'un feu aux Moutons[1]. En 1848 une pétition réclamant un feu de signalement signée par de nombreux armateurs et capitaines de navires est adressée au préfet. Après l'expropriation du propriétaire des lieux, les travaux du phare débutent en 1877 et durent deux ans. Mesurant 18 m de haut et jouxtant le pignon du logement des gardiens, celui-ci, haut de 18 mètres, est allumé le avec une portée de 15 milles nautiques; un logement pour les gardiens et les pêcheurs de crustacés est adossé au pignon[1],[2].
Dans la nuit du 24 au , le gardien du phare, Colin, secourt deux barques de Mousterlin et Bénodet, prises dans la tempête, sauvant les sept naufragés et les deux bateaux[3].
Le XXe siècle
Le phare de l'île aux Moutons fut gardé à partir de 1905, et pendant 27 ans, par Marie et Louis Quéméré[1] qui s'y installèrent avec leurs 4 enfants et en eurent sept de plus pendant de leur séjour sur l'île (seul un est né sur l'île). À la suite de pénuries lors de la Première Guerre mondiale, ils ont fait l'acquisition de trois vaches, des moutons, des canards, des oies et des poules en liberté, ainsi qu'un jardin potager aménagé avec la protection d'un muret contre le vent.
En 1927, Marthe et Saint-Just Péquart, dans des conditions climatiques épouvantables, mirent au jour des vestiges datant du Néolithique moyen (dont une hache en cuivre datée des environs de 2 300 avant J.-C.), mais très perturbés par des intrusions datant de l'époque gauloise et du Moyen Âge.
Saint-Just et Marthe Péquart décrivent ainsi la vie des goémoniers en 1927 dans l'Île aux Moutons:
«Trois goémoniers exerçaient ici leur dur métier. Pour qui ne connaît pas le travail des hommes, nul ne peut imaginer leur vie pénible et le labeur épuisant qu'ils fournissaient pour un gain bien minime. (...) Ils dorment dans une hutte dont les parois et le toit sont constitués d'un mélange de terre et de varech. Leur habitation a la forme d'un bol renversé avec un trou au sommet pour laisser s'échapper la fumée du foyer qui se trouve juste au-dessous. Il faut s'accroupir pour entrer par une étroite ouverture.»
Goémoniers au travail en 1927 sur l'île aux Moutons.
Fouille encours sur l'île aux Moutons en 1927.
Le , l' Alja, un caboteur hollandais de 385 tonneaux de jauge brute, heurte une épave ou une roche à proximité de l'Île aux Moutons et coule rapidement; l'équipage parvient à rejoindre l'Île aux Moutons où il est hébergé par le gardien du phare, Hervé Loussouarn[4].
En 1951, le phare est électrifié[1]. En 1960 est créée la Réserve ornithologique de l'île aux Moutons, qui sert notamment de lieu d'escale pour de nombreux oiseaux migrateurs[1].
Le chalutier Notre-Dame, construit en 1958, qui appartenait à l'armement Simon Charlot, de Concarneau, qui venait juste de le vendre à un armement grec, coula le à l'ouest de l'Île-aux-Moutons, à six milles au sud-ouest de la pointe de Beg Meil, après avoir heurté une roche; l'équipage de cinq marins parvint à se réfugier dans son canot de sauvetage et fut récupéré par un bateau de Doëlan, l' Hirondelle des Mers[5].
Un arrêté préfectoral pris au début de l'année 2021 interdit désormais tout débarquement sur l'estran entre le et le , soit durant toute la période de reproduction. Outre les oiseaux, 21 phoques gris ont été recensés en 2021 (contre 3 ou 4 vers 2016) dans les parages de l'île, ce qui témoigne de la biodiversité présente sur place[9].
Pour approfondir
Bibliographie
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue! Comment faire?
Articles connexes
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue! Comment faire?
Liens externes
Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue! Comment faire?
Notes et références
12345678«Île aux Moutons: le phare des marins, le refuge des oiseaux», Le Télégramme, no25215, , Cornouaille p.1
↑«Le phare de l’île aux Moutons, l’avant-veille des Glénan et sentinelle des marins», Le Télégramme, (lire en ligne, consulté le ).
↑Alexis Deniau, Benjamin Pepy et Emmanuel Gourvil, "Les trésors engloutis de Bretagne", tome 1 (de Brest à Lorient), Cristel éditions, 2013, (ISBN978-2-84421-101-9)
↑Bruno Jonin et Paul Marc, "Mémoires englouties. Plongées. Histoires sur les épaves du Finistère.", ASEB éditions, 1995, (ISBN2-9508434-0-9)