Îlot Loop
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| Loop | ||
Vue satellite de l'Îlot Loop | ||
| Géographie | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Archipel | Îles Chesterfield | |
| Localisation | Mer de Corail | |
| Coordonnées | 19° 58′ 08″ S, 158° 28′ 33″ E | |
| Superficie | 0,076 km2 | |
| Point culminant | 3,6 m | |
| Administration | ||
| Collectivité | Nouvelle-Calédonie | |
| Démographie | ||
| Population | Aucun habitant | |
| Autres informations | ||
| Découverte | 1793 | |
| Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Calédonie
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L'îlot Loop, aussi appelé îlot Loup, Loop Islet ou Loup Islet, est un îlot français faisant partie des îles Chesterfield, situé dans la mer de Corail. L'îlot est situé à plus de 500 km à l'ouest de la Nouvelle-Calédonie auquel il est rattaché et à plus de 700 km à l'est de l'Australie[1].
Localisation
L'îlot fait partie des Îles Chesterfield, situés à plus de 500 km à l'ouest de la Nouvelle-Calédonie auquel l’archipel est rattaché et à plus de 700 km à l'est de l'Australie. Les récifs de Bellone se trouvent au sud à quelques dizaines de kilomètres. Quelques autres îlots et bancs de sable se trouvent dans la même zone, tels que le banc Lansdowne ou le Récif Fairway. Mais l’archipel majeur et habité le plus proche est la Nouvelle-Calédonie, à plus de 500 kilomètres[2].
Géologie
Les Îles Chesterfield sont situées sur le plateau des Chesterfield, une vaste structure sous-marine de 16 000 km² située dans le Pacifique, au nord de la Nouvelle-Calédonie, caractérisée par deux plates-formes principales (Chesterfield au nord et Bellone au sud) reliées par un col étroit situé entre 45 et 80 mètres de profondeur, ce qui permet l'émergence de récifs et d'îles. Sous ces formations coralliennes peu profondes, le substrat repose sur cinq édifices volcaniques anciens alignés, le tout traversé par une importante faille orientée nord-sud, vestige de l'ouverture de la mer de Tasman survenue bien avant la formation des îles, qui sont en réalité le résultat de l'accumulation de récifs coralliens sur ces volcans[3].
Topographie
L’Îlot Loop est décrit comme est un petit îlot plat et broussailleux[4]. Le point le plus haut de l’île se situe à 3,6 mètres de hauteur[5]. La pointe ouest de l'îlot est partiellement détruite par le cyclone Betsy en 1992, avant de se reconstituer progressivement[6].
Histoire
Découverte (1793)
Bien que plusieurs navires frôlèrent et découvrirent certains récifs voisins, les Îles Chesterfield, dont fait partie l’Îlot Loop, ne furent découvertes qu'en 1793, par le capitaine anglais William Wright Bampton qui découvrit d’abord les îles Bampton puis les Îles Chesterfield[5].
Grâce au journal du capitaine Bampton conservé par la Admirality Library puis par la Naval Historical Branch (en) au Royaume-Uni, on connaît les circonstances de la découverte des Chesterfield[5].
Le capitaine Bampton était un capitaine de la marine marchande qui commandait un navire de transport de la Compagnie anglaise des Indes, le Sbaw Hormuzear. Allant de Sidney jusqu’aux Indes, il décida de passer par le détroit de Torrès et de prospecter une voie alors pratiquement inconnue. Il s’adjoignit le baleinier Chesterfield, commandé par le capitaine anglais Matthew Bowles Alt. Les deux navires gagnèrent d’abord l’île de Norfolk en avril 1793, et de là le 28 mai 1793, mirent le cap sur le détroit de Torrès, direction Nord-Ouest[5].
Les deux capitaines Bampton et Alt laissèrent à bâbord, sans les voir, les récifs Bellone (fraîchement découverts par le capitaine Boyd) et s’engagèrent le 3 juin 1793 dans le grand cul-de-sac fermé par les récifs Bampton. Arrivé au milieu de l’archipel, le capitaine Bampton navigua avec prudence, mettant en panne la nuit et envoyant de jour en éclaireur le baleinier Chesterfield, plus manœuvrier. Mais le Chesterfield ne trouva aucune issue. Le capitaine Bampton décida alors de rebrousser chemin, et c’est sans doute à ce moment qu’il découvrit les îles Chesterfield proprement dites. Les deux navires redescendirent au sud jusqu’à se trouver en eau libre. Ils gouvernèrent alors vers le Nord-Est pour éviter les récifs Bampton. Et le 9 juin 1793, ils remettaient le cap vers le détroit de Torrès[5].
Le capitaine Bampton donna son nom aux récifs et à l’îlot du Nord et le nom du Chesterfield aux îlots du Sud. Il est probable que les noms des îlots (Longue, Passage, Loop, Avon, Renard, Skeleton, etc...) furent donnés ultérieurement par des navigateurs anglais qui vinrent compléter la découverte de Bampton[5].
XIXe siècle et prise de possession par la France
Au XIXe siècle et surtout à partir de 1820, l’archipel des Chesterfield fut visité fréquemment par les nombreux baleiniers anglais et surtout américains qui vinrent exploiter le grand rassemblement de baleines à bosse et de cachalots qui s'étendait du Nord-Ouest à l'Ouest de la Nouvelle-Calédonie dans la Mer du Corail. Ils venaient relâcher vraisemblablement à l'île Longue et à l'îlot Loop. On sait par exemple que le capitaine français Labaste, commandant le trois-mâts baleinier français dénommé le Winslow, armé au Havre, chassa la baleine dans les environs en août 1862 et trouva aux Chesterfield le 15 août huit baleiniers américains[5].
La France se désintéressait de ces îlots perdus à 650 km de ses côtes. Mais en 1877, Alcide Jean Desmazures, ayant eu vent du projet du capitaine anglais Josuah W. North de faire annexer l'archipel par les Britanniques dans le but d’y exploiter le guano, intervint auprès du gouverneur de la Nouvelle-Calédonie, Orly, afin qu'ils fussent devancés par la France. Le gouverneur envoya sur place le stationnaire à vapeur la Seudre et son commandant, le capitaine de vaisseau Guyon, qui en prit possession officiellement au nom de la France le 19 septembre 1877. Les Anglais ne réagirent pas, bien que l'archipel se trouvât à mi-distance entre la Nouvelle-Calédonie et l’Australie et qu'il ait été découvert par un de leurs compatriotes[5].
En 1879, le lieutenant du vaisseau français Noël fit le premier relevé hydrographique des Îles Chesterfield[5].
Dès lors, pendant cinquante ans les îles Chesterfield continuèrent à servir de relâche aux baleiniers, dans l'indifférence des autorités françaises[5].
En 9 décembre 1893, le navire australien Eillan Donan s’échoue sur l’Îlot Loop lors d’un voyage de la Nouvelle-Calédonie vers la Tasmanie. Le navire transportant du guano s’est échoué durant la nuit alors qu’il naviguait trop près des terres, sans s’en rendre compte. L'équipage part en canot de sauvetage et rejoint l'île Bennett puis les îles Surprise, l'archipel de Huon, et de là Sydney, via la Nouvelle-Calédonie, par bateau à vapeur. Après un jugement rendu par la du Conseil maritime[Quoi ?] de Nouvelle-Galles du Sud, le capitaine du navire a vu son brevet de capitaine suspendu pendant trois mois[7].
XXe siècle
À partir du vingtième siècle, les Îles Chesterfield reçurent quelques visites des stationnaires français de Nouméa, dont celle du vaisseau de guerre le Dumont d’Urville en 1939. Son équipage fit un travail hydrographique de l’archipel et érigea une stèle sur l'île Longue, qui existe toujours.
En 1966, la Compagnie Générale de Géophysique, pour le compte de la compagnie pétrolière Total, procéda aux Chesterfield à une campagne aéromagneto-métrique. Les opérations ont consisté à sonder, à partir d'un avion en vol, le seuil des bassins sédimentaires, par quadrillage systématique. Les résultats n'ont pas été tout à fait négatifs mais sont restés sans suites.
En octobre 1968, le Service Météorologique de Nouméa installe une station météorologique automatique au sud de l’îlot. La station comporte une demi-lune abritant les appareils et quatre mâts d’antenne. Les renseignements transmis sont les suivants : pression atmosphérique, température de l'air sous abri, direction et vitesse du vent, hauteur de pluie. La station est des plus utile pour la prévision du déplacement des cyclones aux abords de la Nouvelle-Calédonie. La station météorologique, toujours active en 2026, porte l’indicatif Météo France 98818202 (WMO 91574).
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les îles Chesterfield sont régulièrement visitées par la Marine Nationale. Le 19 septembre 1977, l'équipage de l'aviso La Dunkerquoise a érigé une stèle sur l'îlot Loop à l'occasion du centenaire du rattachement des Îles Chesterfield à la France[5].
En janvier 1992, lors du passage du cyclone Betsy (en), la pointe ouest de l’îlot Loop est partiellement détruite, et la végétation rasée[8].
Biodiversité
L'îlot est un site de nidification majeur pour les populations d'oiseaux marins, notamment de puffins fouquet. Il accueille par ailleurs des tortues marines venant y pondre leurs œufs[6].