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8e régiment de tirailleurs tunisiens

régiment d'infanterie français From Wikipedia, the free encyclopedia

Le 8e régiment de tirailleurs tunisiens (8e RTT) était un régiment d'infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'armée de terre française. Créé en 1913 à partir de six bataillons du 4e RTT, il appartient à la famille des régiments de tirailleurs tunisiens.

Création
Dissolution1964
PaysDrapeau de la France France
Faits en bref Création, Dissolution ...
8e régiment de tirailleurs tunisiens
Image illustrative de l’article 8e régiment de tirailleurs tunisiens
Insigne régimentaire du 8e régiment de tirailleurs tunisiens

Création
Dissolution 1964
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment de tirailleurs
Rôle Infanterie
Garnison Bizerte, Aïn Draham et Souk el Arba
Bizerte (1946)
Castelnaudary (1957)
Ancienne dénomination 8e régiment de tirailleurs indigènes
Devise Sans peur et toujours en avant
Inscriptions sur l’emblème Guise 1914
L'Yser 1914
Verdun 1916
La Malmaison 1917
L'Avre 1918
Mont d'Origny 1918
Guerres Première Guerre mondiale
Pacification du Maroc
Guerre du Rif
Bataille de France
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Médaille militaire
Décorations Croix de guerre 1914-1918
Cinq palmes
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Régiment d'élite, composé majoritairement de Tunisiens, il s'illustre durant la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il est cité cinq fois à l'ordre de l'Armée et reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire en . Il prend également part à la pacification du Maroc, à la guerre du Rif en 1925 et à la bataille de France en 1940, avant de connaître, jusqu'en 1964, plusieurs dissolutions et reconstitutions liées aux guerres de décolonisation.

Création et différentes dénominations

Le régiment est créé le , en application de la loi du , à partir de six bataillons du 4e RTT dont il est ainsi issu[1],[2]. Ses appellations officielles successives sont[2] :

  • –  : 8e régiment de tirailleurs indigènes (appellation peu employée) ;
  • –  : 8e régiment de tirailleurs tunisiens ;
  • –  : 8e régiment de tirailleurs nord-africains (appellation peu employée) ;
  • –  : 8e régiment de tirailleurs tunisiens ;
  • – 1960 : 8e bataillon de tirailleurs tunisiens (8e BTT).

Sur le plan opérationnel, le régiment est dissous une première fois en , brièvement recréé en 1941, puis reconstitué en 1946, dissous en 1949, reconstitué en 1955 et de nouveau dissous en 1957 ; la compagnie qui lui survit est versée au 14e régiment d'infanterie en 1964[2].

Historique des garnisons, campagnes et batailles

Première Guerre mondiale

À la mobilisation, les bataillons du régiment sont répartis sur plusieurs théâtres. La plupart rejoignent le front français au sein du 8e régiment de marche de tirailleurs (qui devient en 1920 le 28e RTT), tandis que le 3e bataillon est maintenu au Maroc pendant toute la durée de la guerre[2],[3]. Le détail des opérations sur le front français est traité dans l'article Histoire de la Tunisie pendant la Première Guerre mondiale.

Affectations

1914

1915

  • Belgique, sur l’Yser.

1916

  • De mai à juillet, Verdun, cote 304.
  • Août, à Fleury.
  • Octobre, prise de Douaumont.
  • Décembre, Vacherauville et Bezonvaux.

1917

1918

  • Mars, Orvillers-Sorel. Juillet, Longpont et Parcy-Tigny. Août et septembre, Carlepont. Octobre, Thiérache

Le 3e bataillon de marche au Maroc (1914-1919)

Arrivé au Maroc peu avant la déclaration de guerre, le 3e bataillon débarque à Oran le en provenance de Bizerte et gagne le territoire de Taza. Placé d'abord sous les ordres du chef de bataillon Cretin, il ne quitte pas le Maroc de tout le conflit : désigné en pour rejoindre le front français, il y renonce lorsque le 5e bataillon du régiment, appelé à le relever, disparaît dans le naufrage du transport Calvados, torpillé au large d'Oran[3].

Son séjour se partage entre la région de Fez et le Maroc oriental (1914-1915), puis le territoire de Bou-Denib, dans le Sud-Est marocain, où il demeure plus de quatre ans. Il y tient des postes, escorte les convois et prend part aux colonnes lancées vers le Tafilalet. Ces opérations lui coûtent plusieurs dizaines de tués, notamment lors de l'attaque d'un convoi au col de Kadoussa, le , qui fait vingt-six morts dans ses rangs. Sa conduite au combat de Gaouz, dans le Tafilalet, le , lui vaut une citation à l'ordre de l'armée ; la Croix de guerre est attachée au fanion du bataillon le [3]. Après l'armistice, le bataillon regagne en 1919 la subdivision de Taza, dans le nord du Maroc[3].

Guerre du Rif (1925)

En , le régiment, alors en garnison en Tunisie, forme un bataillon de marche pour combattre au Maroc pendant la guerre du Rif. Constitué autour de son 2e bataillon, complété par des volontaires des deux autres et commandé par le chef de bataillon Bocat, ce bataillon de marche quitte Bizerte le et gagne, par Oujda et Taza, la base d'Oued Amelil, qu'il atteint le . Il combat les 22 et vers le poste de Beni Fourhal, où le capitaine Duclos est tué, puis participe, à partir du , à l'offensive de la brigade Dosse vers Dar Caïd Medboh et enlève le Kef el-Kounsou ; le commandant Bocat, évacué, est remplacé par le capitaine Guibert. L'avance se poursuit jusqu'à Aknoul, avant le retour à Taza le puis à Bizerte, atteinte le . Le bataillon a perdu quinze tués — dont le capitaine Duclos — et une quarantaine de blessés ; sa 5e compagnie est citée à l'ordre de l'armée[1],[2].

Au sein des groupes mobiles, le bataillon de marche du 8e RTT combat aux côtés de bataillons des 4e, 20e et 28e RTT, soit huit bataillons de quatre régiments de tirailleurs tunisiens engagés au total dans le Rif[1].

Seconde Guerre mondiale

Stèle du 16 juin 1940, rue du 8ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens, Boisville-la-Saint-Père, Eure-et-Loir, France.
Stèle du , rue du 8e régiment de tirailleurs tunisiens, à Boisville-la-Saint-Père (Eure-et-Loir).

Campagne de France (1939-1940)

À la mobilisation du , le 8e RTT forme, avec le 4e RTT et le 18e régiment de tirailleurs sénégalais, l'infanterie de la 84e division d'infanterie d'Afrique. Après avoir laissé son 4e bataillon, versé au 20e RTT alors reconstitué, le régiment quitte ses garnisons de Bizerte, Aïn Draham et Souk el Arba pour tenir un secteur de la ligne Mareth jusqu'en [2].

Ramenée dans la région de Tunis au printemps 1940, la division embarque à Bizerte entre le 25 et le à destination de Marseille. Débarqué le 27 mai, le régiment est engagé au début de juin sur l'Oise, vers Pontoise. Pris dans la débâcle, il se replie de la Beauce jusqu'à la Loire, qu'il franchit le 17 juin vers Chaumont-sur-Loire, puis jusqu'à la Dordogne, où il reçoit l'ordre de cessez-le-feu le 25 juin. Réduit à environ le quart de son effectif initial, il stationne en Haute-Vienne avant de rembarquer, le , pour la Tunisie[2].

Débarqué à Tunis le 9 septembre, le 8e RTT est dissous le  ; son personnel non démobilisé est versé au 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs. Le régiment est brièvement recréé de février à comme renfort destiné au Levant[2].

Guerres de décolonisation et dissolution (1946-1964)

Le 8e RTT est recréé le , à Bizerte, au Camp du Nador et à Zaghouan, puis réduit à un seul bataillon. En 1947, celui-ci contribue à la formation du bataillon de marche du 4e RTT envoyé en Indochine. Le régiment est dissous le , son unique bataillon devenant le 2/4e RTT[2].

Le , le 8e RTT est reconstitué à Bizerte à partir des deux bataillons de marche du 4e RTT rentrés d'Indochine. Pendant les événements de Tunisie et la guerre d'Algérie, ses deux bataillons opèrent en 1955-1956 dans les régions de Feriana, des Nemencha, de Gafsa et de Redeyef, ainsi que dans le massif des Matmata[2].

Le , le régiment est dissous : son 1er bataillon devient le 2/4e RTT, tandis que les tirailleurs tunisiens volontaires pour continuer à servir la France forment le 8e bataillon de tirailleurs tunisiens (8e BTT), dirigé sur Castelnaudary. Dissous administrativement en 1960, il subsiste sous la forme d'une compagnie, versée au 14e régiment d'infanterie le [2].

Traditions

Drapeau du régiment

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[4] :

Le régiment reçoit son premier drapeau le à Longchamp. Porté sur le front par le 8e régiment de marche de tirailleurs, il en conserve, à l'issue de la guerre, la Croix de guerre à cinq palmes et la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire ; lorsque ce régiment de marche devient le 28e RTT en , le drapeau le suit jusqu'en 1923. À la dissolution du régiment en 1940, son drapeau est déposé dans la salle d'honneur du 4e RTT, avant d'être remis au régiment lors de ses reconstitutions, puis versé au musée de l'Armée. En 1994, il est déposé dans la salle d'honneur du 1er régiment de tirailleurs recréé à Épinal[2].

Drapeau du 8e RTT

Décorations

Insignes

  • Panthère brochant sur un T et 8 entrelacés dans un croissant aux inscriptions arabes.

Devise

Sans peur et toujours en avant

Citations

Texte des cinq citations à l'ordre de l'Armée obtenues au cours de la Première Guerre mondiale[5],[6]

« A enlevé, en moins de quatre heures, sous l'énergique commandement de son chef, le lieutenant-colonel Dufoulon, deux puissantes lignes successives ennemies, contre lesquelles de nombreuses attaques antérieures s'étaient brisées, faisant 1 285 prisonniers, trente officiers, dont trois officiers supérieurs. A soutenu avec un moral, qui a fait l'admiration de tous, des bombardements ininterrompus pendant plusieurs jours, résistant à deux contre-attaques particulièrement violentes, sans céder la moindre partie du terrain conquis. »

— Le 6 novembre 1916, combats du 24 au 30 octobre 1916 à Verdun, rive droite secteur de Douaumont

« Régiment indigène d'élite, modèle de courage, de dévouement et de loyalisme. Énergiquement commandé par son chef, le lieutenant-colonel Dufoulon, le , a fait l'admiration de tous par le brio et l'entrain avec lesquels il a enlevé dans un élan magnifique tous les objectifs importants qui lui avaient été assignés, arrivant le premier sur la position et favorisant par ses habiles manœuvres la progression des régiments voisins. A capturé plus de mille prisonniers, 10 mitrailleuses, un important matériel et, au cours de reconnaissances particulièrement audacieuses et périlleuses, a détruit 9 pièces de canon ennemis. »

— Le 8 janvier 1917, combats du 15 décembre 1916 à Verdun, rive droite

« Régiment indigène de grande valeur, entraîné au moral comme au physique par son chef, le lieutenant-colonel Dufoulon ; a, pendant les journées des 23, 24 et , sous l'énergique impulsion des chefs de bataillon Morand, Rothenflue et Pidaut, montré sa fougue habituelle et son mépris du danger. A puissamment contribué à l'enlèvement de la formidable position du fort de la Malmaison, puis du bois des Pelleries et d'Entre-Deux-Monts, où il a mis en déroute les bataillons de contre-attaque ennemis. A atteint avec un entrain admirable tous ses objectifs, poursuivant l'ennemi au-delà de l'Ailette, lui infligeant de lourdes pertes, faisant de nombreux prisonniers, prenant 17 canons et un grand nombre de mitrailleuses. »

— Le 15 novembre 1917, combats des 23 au 25 octobre 1917 dans l’Aisne (fort de la Malmaison)

« Pendant les opérations récentes, sous les ordres du lieutenant-colonel Dufoulon, a combattu sans répit des forces supérieures et constamment renouvelées. Malgré la fatigue et les pertes, a mené trois attaques successives avec l'allant et l'enthousiasme qui le caractérisent et réussi à arrêter et à refouler l'ennemi, faisant des prisonniers et prenant des mitrailleuses. »

— Le 4 juin 1918, combats du 28 au 31 mars 1918 dans l’Oise (Orvillers-Sorel)

« Régiment d'élite, sous l'habile direction de son chef, le lieutenant-colonel Dufoulon, s'est particulièrement distingué les 16, 17 et en attaquant avec un entrain et une énergie admirables, une position défendue par un ennemi supérieur en nombre, puissamment organisée dans un village dominant tout le terrain, résistant avec le sang-froid des troupes habituées au succès, aux plus violentes réactions de l'ennemi ; renouvelant jusqu'à quatre fois ses attaques sans se laisser impressionner par les vides creusés dans ses rangs, conservant jusqu'au bout un mordant superbe, qui a fait l'admiration des corps voisins et obligeant l'ennemi à engager devant lui des forces considérables. »

— Le 8 novembre 1918, combats du 16 au 18 octobre 1918 dans l’Aisne (Mont-d’Origny)

Liste des chefs de corps

  • 1914 - 1915 : lieutenant-colonel Vallet
  • du au  : colonel Bourgeois
  • à partir du  : lieutenant-colonel Dufoulon
  • ...
  • 1927 : lieutenant-colonel Duchat
  • ...
  • 1940 : lieutenant-colonel Jourdan

Personnalités ayant servi au régiment

  • Paul-Hémir Mezan (1912-1944), résistant français, Compagnon de la Libération.
  • Augustin Ibazizen (1897-1980), homme politique français, conseiller d'État, a servi au 8e RTT entre juillet et .
  • Justin Meynadier (1884-1918), capitaine au 8e RMT (de la compagnie à laquelle appartient Augustin Ibazizen). Ses lettres et carnets de guerre ont été publiés en 2018[7],[8].

Sources et bibliographie

Notes et références

Voir aussi

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