Académie de Soissons
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L’Académie de Soissons était une société savante française née en 1674 à partir d’une association littéraire tenant ses assemblées dans cette ville. Elle fut supprimée par la Convention nationale en 1793 comme les autres académies.
Dès l’année 1650, la célébrité toujours croissante de l’Académie française, avait donné l’idée à Julien d’Héricourt, Berthemet, Hébert, Jean-Baptiste Guérin, Étienne Morant et Charles Bertrand de former aussi, à Soissons, une association littéraire. Cette société se réunissait une fois par semaine. Le maréchal d’Estrées, gouverneur de la province, demanda au roi de la constituer en académie par des lettres patentes. Louis XIV parut agréer cette demande, mais le chancelier Séguier se prononça formellement contre l’établissement de ces sortes d’assemblées d’hommes de tous rangs, sans chef légal, parce qu’il les croyait nuisibles au bien de l’État, et les lettres patentes ne furent pas accordées. Malgré les instances du maréchal et les sollicitations de plusieurs membres de l’Académie française, le chancelier persista toujours dans son refus.
Vingt ans après que le cardinal d’Estrées, fils du maréchal, put enfin obtenir du roi les lettres patentes qui furent expédiées, au mois de , du camp devant Dole et enregistrées au parlement, le . Le ministre Colbert les transmit à Soissons de Versailles, le . La séance d’installation de l’Académie de Soissons, eut lieu le suivant dans la grande salle du présidial. Berthemet, avocat, et l’un des membres, fit, dans un discours fort applaudi, l’histoire de cette société depuis son origine jusqu’à ce jour.
Affiliation
L’Académie française avait appuyé de tout son crédit les démarches du cardinal d’Estrées, qui était aussi l’un de ses membres, celle de Soissons voulut s’affilier à elle et se placer ainsi sous sa protection en se choisissant un protecteur parmi les membres de l’Académie française. Elle lui envoyait, tous les ans, par forme de tribut, une pièce de prose ou de vers, revue et corrigée par tous ses membres réunis. Les académiciens de Soissons étaient admis dans les assemblées publiques et particulières de l’Académie française, et ils donnaient leur avis sur les matières mises en délibération. Si quelque membre de l’Académie française venait à Soissons, on ne manquait jamais de le prier de présider les séances de l’Académie de cette ville. L’Académie de Soissons prit même pour devise un aiglon qui s’élève vers le soleil à la suite d’un aigle, avec ce mot : Maternis ausibus audax pour témoigner de son affiliation à l’Académie française.