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Académie Ercolanese

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L'Académie Ercolanese (en italien : Accademia Ercolanese), à l'origine Regale Accademia Ercolanese (« Académie royale d'Herculanum »), est une académie italienne à caractère archéologique fondée à Naples en 1755 par Carlo di Borbone, alors roi de Naples et de Sicile. Elle fut créée afin d'étudier, de publier et d'illustrer les objets archéologiques mis au jour dans les villes ensevelies par l'éruption du Vésuve de 79, principalement Pompéi et Herculanum, dont l'académie tire son nom[1].

Création1755
TypeAcadémie
Faits en bref Situation, Création ...
Académie Ercolanese
Situation
Création 1755
Type Académie

Site web https://www.accademiaercolanese.it/
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L'académie fut instituée avec un nombre limité de membres et ne comprenait initialement ni membres correspondants ni membres honoraires, contrairement à de nombreuses sociétés savantes de l'époque. Elle ne possédait pas, à sa fondation, de statuts formels, ses objectifs et ses fonctions étant définis par l'acte royal qui l'avait instituée.

Après une longue période d'inactivité, l'Académie Ercolanese fut refondée en décembre 1996. Son siège se trouve à Ercolano, au 296 Corso Resina[2].

Histoire

Les fouilles et la fondation sous Carlo di Borbone

En 1734, Carlo di Borbone monta sur le trône de Naples et de Sicile. À proximité de Portici, où le souverain avait fait construire le palazzo reale di Portici, des vestiges antiques avaient déjà été découverts. Carlo ordonna la reprise des fouilles, qui recommencèrent dans les premiers jours de 1738[3].

Les fouilles mirent au jour de nombreux objets, statues et inscriptions. À mesure que les travaux s'étendaient, le site fut identifié comme celui de l'ancienne ville d'Herculanum. À la suite du succès des recherches menées sur ce site, les fouilles furent également intensifiées à Pompéi[4].

Les découvertes se multipliant dans les deux villes, un musée destiné à conserver les objets exhumés fut créé en 1751 au palazzo reale di Portici. Des spécialistes furent appelés à travailler sur les collections : Giuseppe Canart fut chargé de la restauration des sculptures en marbre, Tommaso Valenziani de celle des bronzes, tandis que le père piariste Antonio Piaggio se consacra au déroulement et au déchiffrement des papyrus d'Herculanum[5].

En 1747, l'érudit Ottavio Antonio Bayardi fut appelé afin d'interpréter et d'illustrer les monuments découverts et s'installa dans le royaume de Naples. Bayardi entreprit une œuvre de grande ampleur, faisant remonter son étude aux traditions les plus anciennes concernant Herculanum. Après plusieurs années de travail, il n'avait publié qu'une partie de son Prodromo delle antichità di Ercolano, comprenant notamment un long développement consacré à la vie d'Héraclès. Il publia ensuite un catalogue des monuments mis au jour, mais les découvertes archéologiques ne disposaient toujours pas de la publication scientifique systématique souhaitée par la cour et les milieux savants[6].

Sur les conseils de son ministre Bernardo Tanucci, Carlo décida alors de créer une académie spécialement chargée d'interpréter et de publier les monuments provenant des fouilles. La Regale Accademia Ercolanese fut fondée le 13 décembre 1755[2].

L'académie se composait de quinze érudits et se réunissait tous les quinze jours auprès de la secrétairerie d'État de la Maison royale, sous la présidence de Tanucci. Les quinze membres fondateurs étaient[7] :

À la suite du décès de deux de ces membres, Berardo Galiani et Giovan Battista Basso-Bassi entrèrent à leur tour à l'académie[7].

Francesco Valletta fut initialement choisi comme secrétaire perpétuel. En raison de son âge avancé et de son état de santé, la fonction fut ensuite confiée à Pasquale Carcani[8].

Les publications

L'une des principales entreprises de l'académie fut la publication de Le Antichità di Ercolano Esposte, série monumentale consacrée aux découvertes effectuées lors des fouilles bourboniennes. Publiée par l'Imprimerie royale à Naples entre 1757 et 1792, elle comprend huit volumes[9].

Malgré son titre, l'ouvrage ne se limitait pas aux découvertes d'Herculanum, mais présentait également des antiquités provenant de Pompéi, de Stabies et d'autres sites fouillés par les Bourbons dans la région du golfe de Naples. Ses gravures et ses commentaires savants contribuèrent à diffuser dans toute l'Europe la connaissance des découvertes réalisées dans les cités vésuviennes[10].

L'académie sous Ferdinand IV

Au fil des années, la plupart des membres de l'académie moururent, parmi lesquels son secrétaire Pasquale Carcani, tandis que les responsabilités gouvernementales de Bernardo Tanucci limitaient sa participation. Les travaux de l'académie finirent par être interrompus pendant plusieurs années[11].

Le 15 avril 1787, Ferdinand IV de Naples, conseillé par son ministre Domenico Caracciolo, rétablit l'académie et nomma de nouveaux membres pour remplacer ceux qui étaient décédés[11].

Les membres de l'ancienne académie encore en vie étaient :

Basso-Bassi exerça les fonctions de secrétaire durant cette période. Les nouveaux membres furent[12] :

  • Francesco La Vega ;
  • Emmanuele Campolongo ;
  • Saverio Gualtieri ;
  • Pasquale Baffi ;
  • Michele Arditi ;
  • Andrea Federici ;
  • Domenico Diodati ;
  • Gaetano Rinforzi-Carcani ;
  • Saverio Mattei ;
  • Carlo Rosini ;
  • Francesco Daniele.

Après la mort de trois de ces membres, ils furent remplacés par Filippo Mazzocchi, neveu d'Alessio Simmaco Mazzocchi, Michele Arcangelo Lupoli et Vincenzo Calà[13].

Après le rétablissement de l'académie, celle-ci fut pour la première fois dotée de statuts formels. Composés de douze articles, ils furent approuvés par Ferdinand IV le 10 mai 1787[14].

En application du septième article, l'académie proposa ensuite l'historiographe Francesco Daniele comme secrétaire perpétuel ; sa nomination fut confirmée par le roi[15].

L'académie au XIXe siècle

En raison des bouleversements politiques de la fin du XVIIIe siècle, l'académie cessa de se réunir après 1798 et ne fut plus mentionnée dans les publications officielles de la cour royale de Naples jusqu'en 1806[16].

Durant la période française à Naples, l'institution fonctionna sous une forme différente. Après la Restauration bourbonienne, elle devint en 1816 l'une des trois académies composant la Società Reale Borbonica (Société royale bourbonienne), avec l'Académie des sciences et l'Académie des beaux-arts. L'Académie Ercolanese d'archéologie comptait alors vingt membres ordinaires, auxquels pouvaient s'ajouter des membres correspondants italiens et étrangers[17].

À partir de 1822, l'académie publia les Memorie della Regale Accademia Ercolanese di Archeologia, qui réunissaient les travaux scientifiques de ses membres. La série fut publiée à Naples de 1822 à 1862 et compte neuf volumes[18].

Parmi les principaux membres ordinaires et les spécialistes qui participèrent à l'étude et à l'interprétation des papyrus d'Herculanum au cours de cette période figurent :

  • Francesco Maria Avellino ;
  • Giuseppe Capecelatro ;
  • Giuseppe Castaldi ;
  • Giacomo Castrucci ;
  • Luigi Caterino ;
  • Andrea de Jorio ;
  • Salvatore Cirillo ;
  • Gaetano d'Ancora ;
  • Prospero de Rosa ;
  • Giovanni Battista Finati ;
  • Agostino Gervasio ;
  • Gaetano Greco ;
  • Raimondo Guarini ;
  • Cataldo Iannelli ;
  • Francesco Iavarone ;
  • Antonio Ottaviano ;
  • Giuseppe Maria Parascandolo ;
  • Bartolomeo Pessetti ;
  • Giustino Quadrari ;
  • Bernardo Quaranta ;
  • Giovanni Rossi ;
  • Angelo Antonio Scotti ;
  • Gaspare Selvaggi[19].

L'académie contemporaine

L'Académie Ercolanese fut refondée en décembre 1996 à l'initiative d'Aniello De Rosa. La nouvelle institution se donna pour objectif de promouvoir les activités culturelles à Ercolano et, plus largement, dans la région du Vésuve, tout en contribuant à la connaissance du patrimoine historique et archéologique d'Herculanum, de Pompéi, d'Oplontis, de Stabies et de Paestum[2].

Depuis sa refondation, l'académie organise des congrès et participe à la publication d'ouvrages consacrés notamment à l'histoire et à l'archéologie d'Herculanum et de Pompéi ainsi qu'à la réception moderne de ces sites[2].

En 2011, l'académie a conclu un accord visant à développer ses activités académiques à l'échelle internationale, notamment par la reconnaissance annuelle d'une thèse de doctorat chinoise[2].

Le 13 décembre 2025, l'académie a célébré le 270e anniversaire de sa fondation lors d'un symposium organisé au palazzo reale di Portici. Les interventions portaient notamment sur les fouilles archéologiques, la restauration et la coopération scientifique internationale.

Prix Euroméditerranéen

Depuis 2006, l'académie décerne le Prix Euroméditerranéen (en italien : Premio Euromediterraneo) à des personnalités issues des milieux universitaire, institutionnel, culturel et public. Le prix n'a pas été attribué en 2019 et 2020. Au cours des éditions suivantes, son champ d'attribution a été élargi au-delà de l'Italie méridionale.

Parmi les lauréats mentionnés par l'académie figurent :

  • 2006 – Luigi Nicolais, alors ministre de la Recherche et de l'Innovation ;
  • 2007 – l'amiral Roberto Cesaretti ;
  • 2008 – Guido Trombetti, recteur de l'université de Naples - Frédéric-II ;
  • 2009 – Francesco Rossi, recteur de la Deuxième université de Naples ;
  • 2010 – le cardinal Crescenzio Sepe ;
  • 2011 – Corrado Lembo, magistrat ;
  • 2012 – Paolo Masi, doyen de la faculté d'agriculture de l'université de Naples - Frédéric-II ;
  • 2013 – Pietro Grasso, président du Sénat italien ;
  • 2014 – Luigi Carrino, président du Centre italien de recherches aérospatiales ;
  • 2015 – Pietro Perlingieri ;
  • 2016 – Gaetano Manfredi, alors recteur de l'université de Naples - Frédéric-II et président de la Conférence des recteurs des universités italiennes ;
  • 2017 – Giuseppe Paolisso, recteur de l'université de Campanie « Luigi Vanvitelli » ;
  • 2018 – Sergio Costa, alors ministre italien de l'Environnement ;
  • 2021 – Luigi Di Maio, alors ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ;
  • 2022 – Dario Franceschini, alors ministre de la Culture ;
  • 2024 – Matteo Lorito, recteur de l'université de Naples - Frédéric-II ;
  • 2026 – Giovanni Francesco Nicoletti, recteur de l'université de Campanie « Luigi Vanvitelli » ;
  • 2026 – Roberta Metsola, présidente du Parlement européen.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

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