Accord Schreurs-Couvreur
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L’accord Schreurs-Couvreur (du nom de Fernand Schreurs, avocat et secrétaire du Congrès national wallon et Walter Couvreur, professeur à l'université de Gand), est une des grandes manifestations de dialogue entre autonomistes flamands et wallons depuis que se pose la question nationale en Belgique. Cet accord eut un immense retentissement dans la presse lorsqu'il fut signé le , même s'il n'engageait évidemment que des militants (50 Wallons et 50 Flamands significatifs le signèrent) Cet accord n'est nullement sans précédent. Malgré les vives oppositions entre Wallons et Flamands, le contact a été sans cesse recherché en vue d'arriver, le plus souvent avec ce type de personnes engagées, à un accord sur le fédéralisme belge, qui sera ensuite élaboré au sein de la Chambre et du Sénat, parfois par des personnalités qui participèrent à ces contacts.
L'une des premières tentatives de contact eut lieu à la fin de la Première Guerre mondiale entre les dirigeants de l'Opinion wallonne et de Ons Vaderland, un journal wallon et un journal flamand paraissant en France sous la censure de l'armée belge. L'essentiel de l'accord consiste à instaurer un autogouvernement des deux peuples, les Wallons et les Flamands, après la guerre. La courte parenthèse très unitariste d'après la guerre rendra l'accord obsolète. En 1920 Auguste Buisseret déposa un projet de rencontre avec les Flamands sur le bureau de l'Assemblée wallonne, mais sans succès. En 1923, Raymond Colleye qui avait créé le Parti fédéraliste wallon constitue avec des militants flamands un organe permanent de rencontre. Il s'agit toujours de projets fédéralistes. Mais la tentative n'aboutit pas. Quelque temps plus tard le Congrès de la Ligue d'action wallonne adopte en juillet 1926 le principe de contacts à nouer avec les Flamands, mais les tensions s'avivent, notamment avec l'élection d'Auguste Borms.
En mars 1929, de manière plus significative, dans le cadre au moins officieux du POB est signé un Compromis des Belges avec, notamment Camille Huysmans et Jules Destrée, sur le principe de l'intégrité culturelle de la Wallonie et de la Flandre, dans une perspective cependant plus décentralisatrice que fédéraliste. En 1930, Georges Truffaut entre en contact avec le groupe Internacia d'Anvers : la réunion d'esprit fédéraliste vise à récuser tout impérialisme de part et d'autre. Le président de l'Association wallonne du personnel de l'État est de même en 1930 également en contact avec des fonctionnaires flamands. L'abbé Jacques Mahieu poursuit des contacts très discrets avec des représentants du VNV entre 1936 et 1940. Le Congrès national wallon de 1945 propose aussi des contacts avec les Flamands. Ceux-ci s'effectueront en 1951 à la fois au sein du Centre Harmel et en dehors. Le Centre Harmel pouvant être aussi considéré parmi les contacts exploratoires entre Flamands et Wallons, mais l'organisme (même s'il est dédaigné par la presse et le Parlement), a une origine officielle.
