Adolf Höfer
peintre allemand
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Adolf Höfer (1869-1927) est un artiste peintre et un illustrateur allemand, rattaché à ses débuts à l'Art nouveau.
Biographie
Né le à Munich, Adolf Höfer est le fils du peintre paysagiste bavarois Heinrich Höfer (en) (1825-1878). En 1879, après avoir perdu sa mère puis son père, il est éduqué par la seconde épouse de son père, Amalie Ruhwandl, issue d’une famille respectable de fonctionnaires munichois.
Après avoir obtenu son Abitur du Maximiliansgymnasium, il étudie la peinture à l’académie des beaux-arts de Munich, d’abord auprès de Ludwig Schmid-Reutte, puis dans la « classe de nature » de Ludwig von Herterich, et enfin, et surtout, auprès de Paul Hoecker, qui enseignait à ses élèves que « la nature vivante est le plus grand maître de tout art ». C’est là qu’il rencontre la plupart des peintres qui, en 1899, fondent l’association d’artistes « Scholle » afin d’exposer leurs œuvres sans jury au Palais des glaces. Parallèlement, il effectue son service militaire et obtient le grade d’officier de réserve.
Bien qu'il se spécialise dans la peinture en plein air durant sa formation, la création graphique pour l'hebdomadaire munichois Jugend fondé en 1896, constitue d'abord sa principale activité graphique. Par la suite, il réalise principalement des illustrations publicitaires, sans toutefois connaître le succès financier escompté. Il expose ses toiles à la galerie « Scholle », mais souvent les mêmes œuvres. Il attire peu l'attention des critiques d'art[1].
Ce n'est qu'en 1906 qu'il revient – « avec regret », comme il le disait lui-même – à la peinture à plein temps. Il devient professeur à la Damenakademien (« Académie des femmes ») de Association des femmes artistes de Munich, en même temps que Julius Diez[2].
Ses meilleures œuvres ont sans douté été créées durant cette période heureuse. Il développe son propre style pictural, se rend à la campagne pour peindre avec ses collègues du groupe Scholle, tels que Leo Putz et Edward Cucuel, et expose régulièrement. Une invitation à prendre le thé avec le prince régent Luitpold de Bavière en 1910 témoigne de sa reconnaissance. La Première Guerre mondiale met fin à cette période productive en 1914. Adolf Höfer s'engage volontairement dans l'armée – espérant une fin rapide du conflit – et devient officier d'arrière-garde en Flandre.
À son retour en 1918, son monde a disparu. Il vit désormais seul dans l'appartement de ses parents décédés. La Damenakademien ferme ses portes en 1920. Le groupe « Scholle » s'était déjà dissous en 1911. Il expose encore deux fois (en 1919 et 1920) à la Sécession munichoise, mais sans parvenir à vendre quoi que ce soit. L'inflation anéantit ses économies. Il perd tout élan créatif, s'appauvrit et s'isole.
Durant cette période difficile, son frère Wilhelm Höfer, médecin de district à Parsberg, l'invite à plusieurs reprises à séjourner chez lui. Il y réalise plusieurs paysages et portraits. Au printemps 1927, le 14 mars, il s'y suicide avec son pistolet d'officier.
Sa tombe, au cimetière nord de Munich, est détruite par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
Œuvre
En tant que peintre, il laisse des paysages et des portraits, dont quelques nus féminins. Ses premières influences proviennent de peintres ruraux comme Wilhelm Leibl et Wilhelm Trübner. Plus tard, les impressionnistes français, surtout Paul Cézanne, et Max Liebermann, devinrent ses guides.
Du côté des illustrations, on compte une trentaine de lithographies pour Jugend, ainsi que des compositions pour des ouvrages et des publicités (marques Stollwerck, Henkell, Pelikan et Merzbacher).
À ce jour, une soixantaine de tableaux sont connus et répertoriés, tous appartenant à des collections privées, la plupart familiales ; certains sont perdus. L’attribution de ses peintures est compliquée par le fait que beaucoup ne sont pas signées[3].