Agriculture de l'empire du Japon
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L'agriculture de l'empire du Japon (農業政策, Nōgyō seisaku) était une composante importante de l'économie japonaise d'avant-guerre. Bien que 16 % seulement du territoire japonais fût cultivable avant la guerre du Pacifique, plus de 45 % des foyers vivaient alors de l'agriculture. Le riz était de loin la semence la plus cultivée, l'agriculture japonaise représentait en 1937 15 % de la production mondiale de riz.
Ère Meiji (1868-1912)
Au moment de la fin du shogunat Tokugawa en 1868 avec la restauration de Meiji, le système agricole était surtout dominé par de grands propriétaires terriens qui louaient de petites parcelles à des fermiers. Le gouvernement de Meiji fonda son programme d'industrialisation sur les recettes fiscales des propriétés foncières privées, et la réforme de la taxe foncière de 1873 augmenta le nombre de grands propriétaires terriens car beaucoup de fermiers se virent confisquer leurs terres en raison de leur incapacité à payer les nouvelles taxes.

La situation empira avec la politique fiscale Matsukata déflationniste de 1881-1885 qui déprima sévèrement le prix du riz, conduisit à de nouvelles faillites, et même à de grandes révoltes rurales contre le gouvernement. À la fin de l'ère Meiji, plus de 67 % des familles d'agriculteurs louaient leurs terres, et la production agricole stagnait. Étant donné que les fermiers étaient contraints de remettre la moitié de leur récolte pour payer leur loyer, ils étaient souvent obligés d'envoyer leurs épouses et leurs filles travailler dans des usines textiles ou même de vendre leurs filles en tant que prostituées pour payer les taxes.
Au début de l'ère Meiji, les propriétaires des champs recueillaient une grande partie du loyer en nature plutôt qu'en argent et par conséquent jouaient un rôle important dans le développement de l'agriculture puisque les fermiers avaient des difficultés à obtenir de l'argent. Petit à petit, avec le développement de l'agriculture d'exportation pour compléter les revenus du riz et la montée générale du capitalisme au début du XXe siècle, des coopératives agricoles et le gouvernement versèrent des subventions agricoles, des prêts et introduisirent de nouvelles techniques agricoles.
La première coopérative agricole fut fondée en 1900, après que leur création fut discutée à la diète du Japon par Shinagawa Yajirō et Hirata Tosuke comme moyen pour moderniser l'agriculture japonaise, et de l'adapter à une économie de marché. Ces coopératives servirent dans les zones rurales de banques coopératives et de coopératives d'achat qui aidaient à la commercialisation et la vente des produits agricoles.
Ère Taishō (1912-1926)
L'association agricole impériale (帝国農会, Teikoku Nokai) était l'organisation centrale des coopératives agricoles dans l'empire du Japon. Elle fut fondée en 1910 et fournissait une assistance aux coopératives en transmettant les progrès de la recherche agricole et en facilitant la vente des produits agricoles. L'association agricole impériale était le sommet d'une structure à trois niveaux gérant le réseau national des coopératives agricoles. L'association fut d'une importance vitale après que le marché national fut regroupé sous le contrôle du gouvernement à la suite des émeutes du riz de 1918 et avec la crise économique de la fin des années 1920. L'augmentation des litiges entre les propriétaires terriens et les fermiers qui louaient conduisit le gouvernement à réglementer de plus en plus l'agriculture.
Après les émeutes du riz de 1918, de nombreux paysans furent convaincus par les idées du mouvement ouvrier à tendance socialiste, communiste et agrariste ce qui créa plusieurs problèmes politiques sérieux. Non seulement la famille impériale du Japon et les zaibatsu étaient les principaux propriétaires terriens du pays, mais jusqu'en 1928, un impôt sur le revenu limita sévèrement le droit de vote, réservant les sièges de la diète aux personnes aisées. En 1922, la Nihon Nomin Kumiai (« l'union des fermiers du Japon ») fut fondée pour militer pour les droits des fermiers et réduire le montant des loyers.
Ère Shōwa (période de 1926 à 1945)
Dans les années 1930, l'augmentation de l'économie urbaine et l'exode rural vers les villes affaiblirent peu à peu les grands propriétaires terriens. Les années d'entre-guerre virent aussi l'introduction rapide des machines agricoles, et l'ajout aux engrais naturels d'origine animale des engrais chimiques et des phosphates importés.
Avec la croissance de l'économie pendant la guerre, le gouvernement reconnut que la mainmise des grands propriétaires terriens était un obstacle à l'augmentation de la productivité agricole, et prit des mesures pour accroître son contrôle sur l'agriculture avec la formation de l'association agricole centrale (中央農会, Chuo Nokai) en 1943 qui devint vitale pour mettre en place les réformes du gouvernement en raison des besoins de guerre. Une autre mission de l'association était d'assurer l'approvisionnement alimentaire du marché local et de l'armée. Elle fut dissoute après la Seconde Guerre mondiale.