Al-Dustour (quotidien égyptien)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Al-Dustour | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | arabe |
| Date de fondation | 1995 |
| Site web | https://dostor.org/ |
| modifier |
|
Al-Dustour (الدستور), transcrit ensuite Al-Dostor (« La Constitution »), est un quotidien égyptien indépendant. Fondé en 1995, il est fermé une première fois en 1998. Sa publication reprend en 2005. En , son rédacteur en chef Ibrahim Eissa est limogé. Celui-ci conserve la direction du site web du journal, renommé Al-Dostor Al-Asly (« La Constitution d’origine »), pour le distinguer de la version imprimée, puis fonde le journal Al Tahrir (en).
Al-Dustour est fondé par l'homme d'affaires Essam Ismail Fahmy (ar), qui possède aussi Sawt Al Ummah, et désigne Ibrahim ʿissa comme rédacteur en chef[1]. La presse écrite égyptienne est alors dominée par les médias d'État, l'émergence d'une presse privée est une nouveauté[2]. Le premier numéro paraît en [3]. Le journal se positionne comme un quotidien d'opposition, critique de la politique du président Moubarak[4]. Les journalistes sont d'horizons divers, la rédaction compte aussi bien des communistes que des islamistes, dont l'unité est l'opposition au pouvoir alors en place[2]. Il est publié sous licence chypriote afin de contourner les lois qui limitent la liberté de la presse en Égypte[5]. Il est fermé en 1998 après avoir relayé une lettre, attribuée au mouvement islamiste Jamaa al-islamiyya, qui menaçait la vie de trois hommes d'affaires coptes[2].
Les années 2005-2010
Après un procès initié en 2001 contre l'État, le journal est relancé en 2005. D'abord hebdomadaire, il devient quotidien à partir de 2007[4]. Il est à l'origine d'une campagne contre l'installation d'une usine de production d'engrais chimiques à Damiette[6]. L'une de ses journalistes, Abeer al-Askary, reçoit le prix 2006 de la liberté de la presse du CJFE pour ses articles sur des faits de torture et de corruption[7]. À partir de l'année 2007, al-Dustour se fait le porte-parole des mouvements de contestation[6]. Son rédacteur en chef Ibrahim Eissa est condamné en 2007 pour avoir publié des informations sur l'état de santé du président égyptien[4],[8]. En 2010, le journal, qui connaît des difficultés financières[6], est racheté par Al-Sayyid Al-Badawi et Reda Edward, proches du parti Wafd et du gouvernement[6]. Au mois d'octobre, Ibrahim Eissa est congédié. Ce dernier conserve la direction du site web du journal, ensuite renommé Al-Dostor Al-Asly pour le distinguer d'al-Dustour rebaptisé al-Dostor[9], dont la ligne éditoriale exprime désormais la nostalgie de l'ancien régime de Moubarak[9] et se rapproche des journaux d'État[4].
Al-Dustour est symbolique de la presse indépendante qui voit le jour dans les années 2000[10], en particulier de l'année 2005 où la presse en Égypte bénéficie d'une relative libéralisation[5]. Son image est liée à la forte personnalité de son rédacteur en chef. Très critique à l'égard du régime Moubarak, il brise des tabous politiques en critiquant la famille du président et en évoquant son état de santé[5]. Pendant la révolution du 25 janvier 2011, il doit sa popularité à l'usage d'un langage proche de la jeunesse[10] et à son ton satirique qui fait la part belle aux caricatures[11],[2]. Son influence sur la presse écrite s'exprime avec l'apparition, dans les salles de rédaction égyptiennes, du néologisme « dustouriser »[2].