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Alba de Céspedes

écrivaine italienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Alba de Céspedes, née à Rome (Italie) le et morte à Paris (France) le [1], est une intellectuelle, résistante antifasciste, écrivaine et poétesse italienne, d'origine cubaine.

Naissance
Nom de naissance
Alba Carla Lauritai de Céspedes y BertiniVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Faits en bref Naissance, Décès ...
Alba de Céspedes
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Alba Carla Lauritai de Céspedes y BertiniVoir et modifier les données sur Wikidata
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Elle se fait connaître grâce à ses romans Elles (1949) et Le cahier interdit (1952), qui sont largement traduits de son vivant. Dans ceux-ci, elle défend la cause des femmes. En parallèle, elle écrit pour le cinéma et le théâtre

Elle fonde et dirige la revue littéraire Mercurio tout en collaborant avec plusieurs journaux, s’engageant activement dans la lutte contre le fascisme[1].

Biographie

Origines et enfance

Alba de Céspedes naît à Rome le [2]. Elle est la fille unique[3] de Carlos Manuel de Céspedes y Quesada et de Laura Bertini Alessandrini[2],[4], issue d'une grande famille italienne[3].

Son grand-père paternel, Carlos Manuel de Cèspedes y del Castillo, a été le premier président de Cuba[5]. Le milieu familial dans lequel elle grandit est marqué par la politique[5].

Ses parents étant souvent absents, elle passe son enfance et son adolescence entre Rome et Paris[2]. Quand ils partent aux États‑Unis, elle est prise en charge par sa tante maternelle dans le quartier résidentiel des Prati. Elle passe ses étés à Paris chez sa tante paternelle[4].

Carrière

À 23 ans, elle publie sa première nouvelle dans la revue Giornale d’Italia. Cela attire l’attention du milieu journalistique et lui permet de collaborer auprès de plusieurs quotidiens, dont Il Piccolo, Il Mattino et Il Messaggero. L'année suivante, en 1935, elle sort son premier recueil de nouvelles, L'anima degli altri[2].

En 1938, elle se fait connaître du public international avec un premier roman intitulé Nul ne revient sur ses pas (Nessuno torna indietro)[6]. Il devient rapidement un best-seller international, même si son éditeur Arnoldo Mondadori, devenu un ami, doit le protéger de la censure fasciste[3]. Son livre remporte le prix Viareggio, partagé à égalité avec celui de Vincenzo Cardarelli, avant d’être annulé quelques heures plus tard pour des raisons politiques[2].

En 1943, elle participe à la résistance italienne[5] pendant la secondaire guerre mondiale. Sous le pseudonyme Clorinda[3], elle rédige pour Radio Bari, dans le programme « Italia Combatte ». Ses chroniques parlent du franchissement des lignes, incitent les femmes à une « résistance sourde et silencieuse » contre les forces allemandes et fascistes, et donnent des consignes précises de sabotage[2].

En , elle fonde à Rome la revue littéraire mensuelle Mercurio[7], dédiée à la politique, à l’art et aux sciences[2]. La publication rassemble des auteurs tels qu’Ernest Hemingway, Alberto Moravia[5], Eugenio Montale, Sibilla Aleramo, Natalia Ginzburg, Mario Luzi, Aldo Palazzeschi, Renato Guttuso et Giorgio Morandi[2]. À la fermeture du Mercurio à la fin de 1948, Alba de Déspedes collabore avec l’hebdomadaire Epoca, dirigé par Enzo Biagi. Elle y lance une rubrique féministe appelée De son côté (dalla parte di lei)[3] qu'elle publiera en 1949, sous forme de roman, via son éditeur, Arnoldo Mondadori[8]. Elle y décrit la Seconde guerre mondiale, la lutte antifasciste, la résistance et la vie intérieure d’une femme confrontée à la trahison et aux désillusions de l’après‑guerre[2].

En 1952, elle écrit Le cahier interdit. Il se lit comme un journal intime centré sur Valeria, épouse et mère reléguée à un rôle auxiliaire au sein de la famille. Au fil du récit, elle revisite son parcours, prend conscience des compromis qui ont façonné son identité et conclut qu'il n'est pas possible de s'échapper des rôles traditionnels imposés par la société[2].

Au cours des années soixante, Alba de Céspedes s’installe à Paris, où elle commence à écrire en français. En 1963, elle publie Remords, qu’elle considère comme son meilleur roman. L’œuvre explore la crise des valeurs née de l’époque antifasciste. En 1969, elle compose Chansons des filles de mai[6], qui rassemble vingt poèmes inspirés par les manifestations étudiantes de Mai 68[2]. Elle publie ensuite La Bambolona et le recueil poétique Sans autre lieu que la nuit en 1973 par une maison d’édition coréenne. Elle le traduit elle-même en italien en 1976 sous le titre de Nel buio della notte[2].

Parallèlement, elle écrit pour le cinéma et la télévision, travaille comme consultante éditoriale et entreprend la rédaction d’un roman historique autobiographique, Avec beaucoup d’amour (inachevé au moment de son décès)[2]. Ses précédents titres Le cahier interdit, Journée d’août, Le remords et La bambolona rencontrent également un large succès et sont pour la plupart adaptés au cinéma[3].

Vie privée

A 15 ans, Alba de Céspedes épouse le comte Giuseppe Antamoro. En 1928, elle accouche d'un fils unique, Franco. Elle divorce peu de temps après[2].

En 1939, elle se rend à Cuba, où elle n’avait séjourné qu’une fois à neuf ans, après la maladie puis le décès de son père. Elle y revient en 1948 et y passe une longue période au début des années 1950, auprès de sa mère, qui sombre dans la folie après la perte de celui-ci et meurt en 1955[2].

En , elle passe un mois cachée dans les bois. Après avoir vécu à Rome, où elle a été brièvement emprisonnée par Benito Mussolini pour ses activités antifascistes[3]. Lorsque l’armistice est annoncé, elle fuit la capitale dès l’invasion nazie de septembre, avec le diplomate Franco Bounous (en) (qu’elle épouse à la fin de la guerre). Ils se réfugient d’abord dans un village de la campagne abruzzienne, puis dans les montagnes, avant d’arriver à Naples puis à Bari[2].

Pendant leur clandestinité, elle tient un journal dans lequel elle relate les évènements[3] :

Une nouvelle rapporte un massacre à Santa Agata. Les Allemands font irruption dans une ferme, saisissent les hommes, les jettent contre une meule de foin et les abattent à la mitrailleuse. Toutes les femmes sont épargnées. Cette possibilité d’être sauvée uniquement parce que je suis femme m’humilie profondément. Ma solidarité avec Franco ne peut être totale, car, au dernier instant, je ne pourrais la soutenir. Quand nous fuyons tous ensemble ou que nous nous accroupissons, retenant notre souffle, cela me semble un jeu facile[3].

Dans les années 1960, Alba de Céspedes s'installe à Paris et se déplace fréquemment entre l’Italie, La Havane et les États-Unis. Durant cette période, son époux est nommé premier secrétaire de l’ambassade d’Italie à Washington. Elle écrit pour des journaux américains et maintient une correspondance étroite avec la communauté intellectuelle italienne[2].

Mort, héritage et postérité

Alba de Céspedes meurt à Paris le [9],[3], à l’âge de 86 ans. Quelques jours avant sa mort, elle lègue l’ensemble de ses papiers aux Archives réunies des femmes (en italien : Archivi riuniti delle donne) de Milan[1]. Ce fonds couvre la période précédant sa naissance jusqu’à son décès[2].

En 2011, à l’occasion du centenaire de sa naissance, son dernier manuscrit Avec beaucoup d’amour, encore inachevé au moment de son décès, est finalisé et publié par son éditeur Mondadori[2]. En 2022, son livre Elles est réédité par Gallimard via son éditeur[10],[11].

Thématique

Entre les années 1970 et 1990, si les romans d'Alba de Céspedes rencontrent un certain succès populaire, la critique littéraire les relèguent parfois dans la catégorie roman d'amour, catégorie souvent considérée comme péjorative[1]. Plus récemment, son œuvre a été réhabilitée et Alba de Céspedes a été reconnue comme une intellectuelle, dont les productions transcrivent l'empreinte du genre dans la vie politique et culturelle italienne[1]. Ses romans, traduits dans plus de 35 langues, mettent en scène des protagonistes féminines en quête d'identité et d'autonomie dans des contextes de société fasciste puis de gouvernement corrompu dans l'après-guerre[1].

Outre l'écriture romanesque, ses créations incluent l'écriture de journaux, la scénarisation télévisuelle, la conception de programmes radiophoniques, des textes théâtraux, et la création de revues culturelles[1].

Œuvres

  • Nul ne revient sur ses pas (titre original : Nessuno torna indietro), roman traduit par Juliette Bertrand, Albin Michel, 1949, 392 p.
  • Elles (titre original : Dalla parte di lei (it), 1949)
  • Le Cahier interdit (titre original : Quaderno proibito (it), 1952)
  • Avant et après (titre original : Prima e dopo, 1955)
  • Journée d'août (titre original : Invito a pranzo, 1955)
  • Le Remords (titre original : Il rimorso, 1963)
  • La Bambolona (titre original : La bambolona, 1967)
  • Chansons des filles de mai, poèmes écrits en français, Le Seuil, 1968 (traduit en italien par l’auteur, Le ragazze di maggio, 1970, bilingue)
  • Sans autre lieu que la nuit écrit en français, 1973 (traduit en italien par l'auteur, Nel buio della notte, 1976)

Adaptations

Au cinéma

À la télévision

Notes et références

Voir aussi

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