Alexia Guggémos
critique d'art, écrivaine et journaliste française
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Alexia Guggémos, née le est une critique d'art, écrivaine, journaliste, sociologue du digital et commissaire d'exposition française. Pionnière du numérique, elle a fondé en 1996 le Musée du sourire, premier musée virtuel français. Ses travaux portent sur les interactions entre création artistique, transformations numériques et usages sociaux des plateformes. Elle compte parmi les premières personnalités françaises à avoir étudié les mutations du monde de l'art à l'ère d'Internet et des réseaux sociaux.
Biographie
Alexia Guggémos naît en 1966[1]. Après des études secondaires au Lycée Carnot, elle suit une formation en histoire de l'art à l'École du Louvre[2],[3]. À partir des années 2000, elle s’intéresse à l’évolution d’Internet et aux transformations culturelles induites par les technologies numériques, obtient un MBA communication & innovation au Pôle universitaire Léonard-de-Vinci.
Déléguée générale du Festival international du film de l'internet de Paris (1999-2001), elle est chargée de la sélection des créations numériques et anime un atelier d’écriture interactive à la Saline royale d'Arc-et-Senans[1]. Elle intervient lors de conférences et de débats sur l'art numérique, notamment au centre national d'art et de culture Georges-Pompidou et à la Gaîté-Lyrique[1] ainsi qu'auprès d'acteurs institutionnels engagés dans la réflexion sur les mutations numériques.
En 2011, elle fonde l'Observatoire Social Média, afin d'analyser les données et évolutions du web social, notamment dans l'art contemporain[4]. Celui-ci a publié, en 2016, une enquête pointant le retard de la France dans l'exploitation des médias sociaux comme extension du marché traditionnel de l'art[5],[6]. Ses travaux participent à documenter l'émergence de nouveaux comportements culturels liés à l'économie de l'attention.
« Sociologue du digital », selon le quotidien français Le Figaro[7], elle mène des actions de pédagogie comme l'opération Art Students Week, une semaine pour inciter les étudiants en école d'art à se faire connaître sur Instagram[8],[9],[10],[11],[12] Elle participe en France au développement de la Museum Week, premier événement culturel social media qui a mobilisé, en 2019, six mille institutions culturelles dans le monde[13].
Alexia Guggémos publie Les Médias sociaux à l'usage des artistes (2011/2014), dans lequel elle donne des conseils de marketing digital consacrés aux stratégies de visibilité dans le secteur artistique[14],[4],[9]. Dans Le guide de survie digitale : les réseaux sociaux à l'usage des créateurs (2019), elle décrypte les algorithmes[15] et alerte sur le risque croissant de la désinformation[16].
Critique d'art
Après avoir dirigé la revue littéraire et artistique Cargo, édité plusieurs livres d'artistes, Alexia Guggémos crée en 1996, le Musée du sourire, premier musée virtuel français conçu exclusivement pour Internet, à une époque où les institutions culturelles numériques demeurent encore émergentes[4],[9],[17].
Elle tient une chronique consacrée à l'art sur le site d'actualité français Le Huffington Post[9]. Elle est également fondatrice et directrice de publication de GREAT, un média culturel indépendant consacré à l'art contemporain et aux mutations culturelles liées aux usages numériques et aux nouvelles formes de création.
Membre de l'Association internationale des critiques d'art (AICA), une présentation du travail du plasticien Gilles Barbier lui vaut d'être nommée, en 2017, au prix AICA[18],[19]
Avec L'Histoire de l'art pour les nullissimes, la critique d'art publie en 2017 un ouvrage pédagogique sur des millénaires d'histoire de l'art : la peinture, la sculpture, l'architecture et les arts premiers[3],[20]. Animatrice d'ateliers d'écriture créative, spécialiste Oulipo, elle publie en 2019 Boris Vian 100 ans, co-écrit avec Nicole Bertolt, mandataire du patrimoine de Boris Vian. Le livre marque le centenaire de la naissance de l'écrivain français. Elle reçoit en 2020 le prix du livre de jazz[21],[22].
En 2021, elle mène la publication 1 immeuble, 1 œuvre[23], un programme d'aide à la création soutenu par le Ministère de la Culture et consacré aux relations entre art, architecture et espace de vie contemporain.
De 2022 à 2025, elle crée à Paris, dans le 17ᵉ arrondissement, un espace consacré à sa collection d’art contemporain autour du thème du sourire[24]. Ce lieu - le Musée du sourire - accueille des expositions réunissant artistes contemporains, rencontres et échanges interdisciplinaires autour des représentations du sourire dans l'art.
Invitée sur France Culture aux côtés de Sébastien Allard, conservateur général du patrimoine au musée du Louvre, elle évoque la rareté du sourire dans l’histoire de l’art[25]. À travers le livre, Rares sourires - Enquête dans les musées du monde (2025), elle fait le récit d'une enquête de trente ans sur le sourire dans l'art menée auprès de collections, d'institutions et de musées internationaux.
Vie privée
Alexia Guggémos est issue par sa lignée paternelle de la famille de Donop, d’origine noble allemande.
Elle compte parmi ses ancêtres le général Frédéric Guillaume de Donop (1773-1815), officier de l’armée française, qui épousa une Française et mourut au combat à Waterloo. Preuve de sa pleine intégration à l'histoire militaire française, son nom est gravé sur la 1ʳᵉ colonne de l'Arc de Triomphe de l'Étoile à Paris. La branche Donop rejoint la famille Guggemos au début du XXe siècle par Renée Anaïs de Donop, épouse de Léon Alexandre Guggemos (1876-1918), polytechnicien et officier, mort pendant la Première Guerre mondiale. Leur fils André Guggémos (1907-1945) meurt en captivité en Allemagne en 1945. Son fils Xavier Guggémos a deux enfants prénommés Pierre-Arnaud et Alexia.
Alexia Guggémos est mère de Paul-Andrea Guggémos, né en 2006.
Ouvrages
- Le Manuel de No Big Deal, entretiens avec Fabrice Midal, éd. Musée du sourire, 1999 (ISBN 2-9-513-620-0-5)
- Les Médias sociaux à l'usage des artistes, éd. Thémistocle, 2011/2014 (ISBN 9-782-9513620-62)
- Confidence d'Hervé Télémaque, éd. Somogy, 2014 (ISBN 9-782757-209202)
- L'Histoire de l'art pour les Nullissimes, éd. Pour les Nuls, 2017 (ISBN 9-782412-030141)
- Boris Vian 100 ans: Le livre anniversaire, éd. Prisma, 2019 (ISBN 9-782810-428021)
- Le guide de survie digitale: Les réseaux sociaux à l'usage des créateurs, éd. In Fine, 2019 (ISBN 2951985193)
- 1 immeuble, 1 oeuvre: 2015-2020, éd. In Fine, 2019 (ISBN 978-2-38203-021-9)
- Rares sourires - Enquête dans les musées du monde, éd. EdiLivre, 2025 (ISBN 978-2-414-81655-2)
Récompenses
- 2017 : nomination au prix AICA de la critique d'art[26].
- 2019 : citée parmi les vingt femmes les plus influentes de la scène artistique française par The Art Gorgeous Magazine[27].
- 2020 : le prix du Livre de Jazz lui est remis pour Boris Vian 100 ans[28].