Alix Aymé
From Wikipedia, the free encyclopedia
Montlignon
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 95 ans) Montlignon |
| Nom de naissance |
Alix Angèle Marguerite Hava |
| Autres noms |
Alix de Fautereau |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Conjoint |
| Mouvement | |
|---|---|
| Maître | |
| Influencée par |
Alix Aymé, née Alix Hava le à Marseille et morte le à Montlignon[1], est une peintre française, décoratrice, illustratrice. Professeure à l'École des beaux-arts de l'Indochine, elle a contribué à y relancer l'art de la laque[2].
Origines et formation
Alix Hava nait à Marseille en 1894 de Léonie Des Hautschamps et de Nasri Jacob Hava[3],[nb 1], commerçant. Elle étudie la musique et le dessin au Conservatoire de Toulouse[4], très douée dans les deux matières. À l'âge de 15 ans, elle obtient une médaille d'or au piano, mais elle choisit finalement de faire de la peinture son métier, et part à Paris[5] où elle est élève du peintre nabi Maurice Denis. Elle l'assiste dans la décoration de la coupole du théâtre des Champs-Élysées à Paris.
Peintre en Indochine
En 1920, elle épouse le professeur de lettres Paul de Fautereau-Vassel et l'accompagne à Shanghai, puis à Hanoï[6]. En 1925-1926, elle enseigne le dessin au lycée français d'Hanoï[5]. Le couple revient en France de 1926 à 1928, et a un fils. Elle divorce ensuite et repart avec son enfant en Indochine, chargée d'une mission par le Gouvernement français, en rapport avec la préparation de l'Exposition coloniale internationale de 1931. En 1931, elle épouse le lieutenant-colonel Georges Aymé[7],[nb 2],[3], frère aîné de l'écrivain Marcel Aymé[5],[7]. Elle voyage et peint au Laos, et devenue proche de la famille du roi Sisavang Vong, elle réalise de grandes peintures murales au palais royal de Luang Prabang[8]. En 1933 nait son deuxième fils.
Elle devient professeur à l'École des beaux-arts de l'Indochine, où elle contribue au regain de l'intérêt pour la laque, aux côtés de Joseph Inguimberty, à partir de 1934[9]. Outre la laque, dont elle a appris la technique au Japon[10] (et qu'elle travaille parfois sur fond or), elle multiplie l'emploi de techniques dans son œuvre, utilisant d'autres techniques artistiques d'Asie, peinture sur soie[11] (Femmes dans un jardin, s.d.), encre noire, tempera, aquarelle, eau-forte et fusain. Xylographe initialement, elle peint ensuite des figures, à la manière mondaine des années 30, représentant de jeunes Asiatiques dans des intérieurs surchargés et opulents (Jeune Fille dans intérieur rouge, 1935). On perçoit l'ascendant de Gauguin dans Nu (s.d.) par exemple, et couleurs et formes « tahitiennes » se retrouvent parfois dans ses scènes de la vie courante en Indochine[12] (Après-midi Paisible (s.d.), Marché en Indochine (s.d.))[13]. Elle réalise également des portraits et des paysages[14]. Elle effectue, dans ses bouquets floraux, une synthèse entre le style des nabis et la peinture traditionnelle vietnamienne[6].
Alix Aymé, évoluant certes au sein des institutions coloniales, et réalisant des scènes sereines, donnant le spectacle d’une Indochine hors du temps, ignorant la souffrance[12], donne cependant en 1924 son point de vue relativement novateur, concédant une forme de supériorité au modèle européen, mais s’opposant à un enseignement qui ne serait que celui de l’imitation des modèles occidentaux, invitant les futurs artistes à se confronter à d'autres influences pour « renouer avec leur identité, et retourner à la source de leur art »[15].
Retour en France et reconnaissance de son art de la laque
En 1945, le fils ainé d'Alix, Michel, 19 ans, est tué dans des circonstances tragiques. Ils rentrent alors définitivement en France. Elle réalise de longs articles sur la technique de la laque dans le numéro spécial sur l’Indochine de l’Illustration en 1949, et dans la revue Tropique en 1950. Elle expose en 1950 à la Galerie de l'agence de la France d'outre-mer une série de laques qui souligne la reconnaissance de son expertise dans ce domaine[16].
Le général Aymé meurt en 1950. Elle s'installe à Paris et partage son temps entre son atelier parisien, une maison dans un petit village de l'Oise et des voyages, sans jamais se séparer de ses carnets de croquis. Elle reçoit commande de grands panneaux de laque pour le paquebot transatlantique Antilles et réalise de nombreuses expositions à Paris, en province, ainsi qu’au Maroc et en Italie. Elle réalise un chemin de croix en bois laqué pour la chapelle du couvent Notre-Dame-de-Fidélité à Douvres-la-Délivrande (Calvados). Les représentations des figures de ce chemin de croix, ménageant des perspectives et des paysages, offrent un parallélisme avec l'œuvre de Foujita[17]. Elle décore l’appartement de Bảo Đại. En 1954, elle réalise de riches illustrations dans En parcourant l’Indochine. Amie de Foujita et de la famille Saint-Exupéry, elle fréquente les milieux intellectuels, littéraires et artistiques parisiens où s’exprime son esprit ouvert, vif, libre et curieux. En 1958, à 64 ans, Alix Aymé part au Congo pour un séjour de huit mois. Infatigable, créatrice, elle travaille le dessin et la laque jusque dans ses dernières années ; plus de trente ans après avoir quitté l’Asie, l’Indochine persiste dans ses œuvres[15]. Elle meurt à Montlignon (Val-d'Oise) en [18].
Elle est d'abord redécouverte aux États-Unis. Lors de l'exposition de ses œuvres en 2012 à Baltimore, à l'université Johns-Hopkins, elle est décrite comme « une participante influente à la promotion du modernisme parisien durant l'entre-deux-guerres[19]. » Cette exposition présente son développement artistique sur presque quatre décennies, depuis ses premières œuvres influencées par Maurice Denis jusqu'à son adoption d'éléments asiatiques et modernistes dans ses paysages de maturité. Le catalogue de l'exposition[20] souligne l'influence de Paul Gauguin et des nabis sur son œuvre, ainsi que ses talents de « fine coloriste »[21].
En 2022 une de ses laques, Maternité, s'adjuge plus de 50 000 euros chez Drouot[6].
Expositions
- Marseille, galerie Moullot[réf. nécessaire].
- Paris, 1931, Exposition coloniale internationale de 1931[réf. nécessaire].
- Paris, 1947, galerie des Deux-Iles[22].
- Paris, 1950, galerie de la France d'Outre-mer[16].
- Baltimore, 2012, musée Evergreen de l'université Johns-Hopkins, du au , Alix Aymé, une femme artiste dans l'Indochine des années 1920-1940[réf. nécessaire].
- Paris, Musée Cernuschi 2012-2013, Du Fleuve Rouge au Mékong : visions du Viêt Nam. Exposition du au [23].
- Évian, Palais Lumière, puis musée de Pont-Aven, 2023 : Alix Aymé fait partie des artistes présentées dans le cadre de l'exposition Artistes voyageuses, l'appel des lointains – 1880-1944[24].
- Antony (Hauts-de-Seine), du 18 février au : L'Indochine d'Alix Aymé. Présentation de 80 œuvres d'Alix Aymé à la Maison des Arts du Parc Bourdeau[25],[26].
Œuvres dans les collections publiques
- France : Douvres-la-Délivrande, chapelle du couvent Notre-Dame-de-Fidélité : Chemin de croix, laques, 1945 (classé à titre d'objet aux monuments historiques en 2010)[17].
- France : le musée Maurice-Denis à Saint-Germain-en-Laye conserve la correspondance qu'Alix Aymé a entretenue avec son maître Maurice Denis.
- Laos : Luang Prabang, palais royal : peintures murales, 1930.
Publications
- Alix Aymé publie plusieurs articles sur l'art de la laque dans les revues L'illustration, Tropique, En parcourant l'Indochine[27].