Nu Ursae Majoris
étoile binaire de la constellation de la Grande Ourse
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Nu Ursae Majoris (ν UMa / ν Ursae Majoris), également nommée Alula Borealis, est une étoile binaire de la constellation de la Grande Ourse. Sa magnitude apparente est de 3,49[2]. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, le système est situé à environ 399 années-lumière de la Terre[1]. Il se rapproche du Système solaire à une vitesse radiale de −10 km/s[5].
Alula Borealis
| Ascension droite | 11h 18m 28,737s[1] |
|---|---|
| Déclinaison | +33° 05′ 39,51″[1] |
| Constellation | Grande Ourse |
| Magnitude apparente | +3,49[2] |
Localisation dans la constellation : Grande Ourse | |
| Type spectral | K3- III:[3] |
|---|---|
| Indice U-B | +1,55[4] |
| Indice B-V | +1,40[4] |
| Indice R-I | +0,70[4] |
| Vitesse radiale | −9,63 ± 0,38 km/s[5] |
|---|---|
| Mouvement propre |
μα = −26,84 mas/a[1] μδ = +28,69 mas/a[1] |
| Parallaxe | 8,17 ± 0,17 mas[1] |
| Distance |
399 ± 8 al (122 ± 3 pc) |
| Magnitude absolue | −1,95[6] |
Désignations
Propriétés
La composante primaire, désignée Nu Ursae Majoris A, est une géante rouge de type spectral K3- III:[3]. Elle possède une compagne de 10e magnitude située à 7,0 secondes d'arc en date de 2020, Nu Ursae Majoris B[8], qui est une naine jaune de type spectral G1V[9]. Les deux étoiles forment un véritable système binaire[10]. Un possible compagnon de type naine blanche a été proposé pour Nu Ursae Majoris A, sur la base qu'il s'agit d'une étoile à baryum[10], mais l'anomalie en baryum est très légère (« Ba0 ») et pour de telles étoiles, le renforcement apparent des raies du baryum pourrait être simplement du à une luminosité plus élevée[11].
Nomenclature, histoire et mythologie

ν Ursae Majoris, latinisé Nu Ursae Majoris, est la désignation de Bayer de l'étoile. Elle porte également la désignation de Flamsteed de 54 Ursae Majoris[7].
Alula Borealis est aujourd’hui le nom approuvé pour ν UMa par l’Union astronomique internationale (UAI)[12]. Il vient l’arabe الثانية al-Ūlā, résultant de la troncation du nom complet, soit القفزة الألى al-Qafzat al-Ūlā, « le Premier Saut »[13],[14]. Pour comprendre ce nom, il faut se référer à la série des قفزات الظباء Qafzāt al-Ẓibā’, « les Sauts de Gazelles », qui figurent dans le ciel arabe traditionnel tel qu’il est décrit par ᶜAbd al-Raḥmān al-Ṣūfī (964). Selon lui, il s’agit des six étoiles situées sur les trois pieds de l’Ourse touchant le sol, à savoir ν et ξ UMa formant al-Ūla, soit « le Premier [Saut] », λ et μ UMa al-Ṯāniyya, « le Second », et ι et κ UMa al-Ṯāliṯa, « le Troisième ». Chaque « Saut » ressemble à la trace du pied fendu des gazelles, et, toujours al-Ṣūfī donne à ce propos ce dicton arabe[15],[16]:
« Les Gazelles sautèrent lorsque le Lion frappa la terre de sa queue. »
.
Plus tard, dans le Catalogue d’al-Tīzīnī[17], édité en complément des زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), est donnée la transcription ‘AlKáphza’ Prima pour ξ UMa[18]. Giuseppe Piazzi s’en saisit pour donner à ξ UMa le nom de Al-ula australis et, par symétrie, à ν UMa, celui de Al-ula Borealis[19]. Ils sont ignorés par Richard Hinckley Allen (1899), mais repris dans plusieurs catalogues du XXe siècle[20],[21],[22], et finalement consacrés par l’UAI.