Ana Justina Ferreira Néri ( – ) est une infirmièrebrésilienne, considérée comme la première de son pays. Elle est surtout connue pour son travail de volontaire auprès de la Triple Alliance pendant la guerre du Paraguay.
Travail comme infirmière
Ana Néri est née à Cachoeira de Paraguaçu, un village de l'État de Bahia, de José Ferreira de Jesus et de son épouse, Luísa Maria das Virgens[1]. À 23 ans, elle épouse le commandant de la marine Isidoro Antônio Néri[2]. Son mari étant constamment en service, Ana s'habitue à gérer seule la maison[2]. Devenue veuve à 29 ans, elle doit élever seule ses trois enfants, Justiniano, Isidoro et Pedro Antônio[2]. Justiniano et Isidoro deviennent médecins, tandis que Pedro Antônio s'engage dans l'armée[2] et devient cadet[1].
En 1865, le Brésil entre en guerre contre le Paraguay et les fils d'Ana sont tous mobilisés[2], ainsi que ses deux frères, Manuel Jerônimo et Joaquim Maurício[3]. Déplorant d'être séparée de tous les hommes de sa famille, elle écrit à Manuel Pinho de Sousa Dantas, gouverneur de Bahia, lui proposant de prendre soin des soldats blessés de la Triple Alliance pendant toute la durée du conflit[2],[3].
Plus tard dans l'année, Ana quitte Bahia pour la première fois de sa vie afin de prêter main-forte au corps médical de l'armée[1], une petite structure aux ressources limitées[3]. Elle commence à travailler aux côtés de religieuses vincentiennes dans un hôpital de Corrientes, où elle soigne plus de 6 000 soldats hospitalisés[2],[3]. Peu de temps après, elle apporte son aide aux blessés à Salto, Humaitá, Curupaiti et Asunción[2],[3].
Ana, une femme fortunée, fonde une maison de retraite dans la capitale paraguayenne, alors occupée et assiégée par l'armée brésilienne[1]. Elle utilise pour cela les ressources financières personnelles héritées de sa famille[1]. Elle y travaille sans relâche jusqu'à la fin de la guerre[3]. Son fils Justiniano et un neveu, engagé comme volontaire, périssent tous deux au combat[3].
À la fin de la guerre, en 1870, Ana retourne au Brésil et reçoit plusieurs distinctions, dont les médailles d'argent et de campagne humanitaire[1],[2]. L'empereur Pierre II lui accorde, par décret, une pension à vie, qu'elle utilise pour assurer l'éducation des quatre orphelins qu'elle a ramenés du Paraguay[2],[3].
Mort et hommages
Ana décède le à Rio de Janeiro[2]. En 1926, Carlos Chagas donne son nom à la première école brésilienne officielle d'infirmières[3]. Son portrait en pied, peint par Victor Meirelles, occupe actuellement une place d'honneur à l'hôtel de ville de Salvador[2],[3]. Conformément à la loi fédérale n°12.105, promulguée par le président par intérim José Alencar le , Ana Néri est désormais inscrite au Livre des Héros de la Patrie et son nom sera ajouté au Panthéon de la Patrie et de la Liberté[4], un monument à Brasília constitué d'un livre d'acier conçu par Oscar Niemeyer.