André Bouny
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Tauriac (Lot)
André Bouny, né le à Tauriac (Lot), est un écrivain et un peintre français[1],[2], connu pour son engagement pacifiste[3] et pour son essai Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam[4],[5], un ouvrage exhaustif faisant autorité sur la guerre chimique menée par les États-Unis durant la guerre du Viêt Nam.
Il est également l’auteur de Cent ans au Viêt Nam[6],[7], ouvrage finaliste du prix Boccace[8] du recueil de nouvelles 2015, et du prix Littèr'Halles 2016[9].
Puis de Viêt Nam, voyages d'après-guerres, avec 40 dessins de l'auteur[10], bouclant une trilogie en trois genres littéraires, essai, recueil de nouvelles, et récits de voyages. Triade à la fois unie et libre, puisque chaque ouvrage est autonome.
Par ailleurs, André Bouny a publié une centaine d’articles repris de par le monde au sujet de la guerre chimique menée par les États-Unis d'Amérique au Viêt Nam, d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Membre d'Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)[11], il est engagé dans le désarmement nucléaire[12].
Troisième d’une fratrie de six garçons dans une modeste famille paysanne du sud de la France, il nait handicapé. Son père, Ferdinand Bouny, né sur la commune de Carennac, Lot, le – illettré à l’instar de son père, Antonin, et de sa mère, Eugénie (née Carrière), qui ne surent signer sa déclaration de naissance – , il est fait prisonnier lors de la Bataille de Dunkerque durant la Seconde Guerre mondiale. Il s’évadera d’Allemagne puis, recherché, participe à l’approvisionnement en nourriture du maquis sur le causse de Gramat, à Magnagues, commune de Carennac : [cf. George Hiller, André Malraux, Paul Mézard Cyril Watney] ; décédé en lors de la canicule. Sa mère, Marie-Jeanne Borie (dite Agnès, enregistrée Boris par erreur de plume en mairie), née le , à Tauriac, enseigne avant de se marier et élève ses enfants en travaillant sur la petite ferme ; décédée en , tandis qu’André se trouve sur le delta du Mékong.
D’hôpitaux en centres spécialisés, vingt-quatre interventions chirurgicales perturbent le cycle normal des études d'André Bouny. Sa jeunesse « sans enfance » engendre une adolescence ascétique, une conscience prématurée et une lucidité sans illusion. Outre ses dispositions artistiques, il prépare un bac de dessin industriel stoppé par un grave accident de la circulation au cours de sa dix-septième année. Par la suite, suivant des études d’odontologie à Paris, il obtient un diplôme d'État et exerce. Il proteste contre la guerre du Vietnam, dans la rue et par ses peintures exposées au Grand Palais.
Il est père de deux enfants, une fille et un garçon adoptés au Viêt Nam.
Œuvres picturales et dessins
Sa première exposition a lieu dans les Pyrénées-Atlantiques, à Salies-de-Béarn, il a 14 ans. Puis il obtient durant deux années consécutives, en 1971 et 1972, le prix du Jury public au Salon des arts de Saint-Céré[13],[14]. Lieu ou il expose une cinquantaine de toiles et dessins dans les années suivantes. Il expose à Versailles, Londres, Utrecht[15]. Puis, en 1974, Georges Cheyssial, de l'Académie des beaux-arts, prix de Rome, l'invite à exposer au Grand Palais à Paris[16],[17].
Il manifeste, peint et dessine des œuvres contre la guerre au Viêt Nam, entre autres :
- Paysage vietnamien, huile du 27-11-1973, exposée au Grand Palais à Paris ;
- Prémonition, mère vietnamienne à l'enfant, crayon du 18-9-1973, exposé au Grand Palais à Paris ;
Durant cette période féconde, il réalise pratiquement une œuvre par jour, effectue des projets de pochettes de disque pour Léo Ferré qui apprécie son talent [18],[19].
- "Madame la Misère″, dessin crayon, 3 m2, 1973, Paris.
- La Mise au monde, huile sur toile, 10 m2, 1974, Saint-Céré.
- 40 dessins illustrant l’ouvrage Viêt Nam, voyages d'après-guerres[10].
Inventions
Après de multiples activités, il invente le train « modèle Roc-Amadour »[20]. Sous sa présidence, le Syndicat européen des entreprises de petits trains routiers obtient une législation propre à cette profession qui n’a pas jusque là de cadre juridique.
Activisme pacifiste
Ému par la découverte du Viêt Nam ravagé par la guerre, où il rencontre mutilés et malades, il fonde, en 1994, l’association caritative DEFI, également engagée dans la campagne contre les mines antipersonnel (prix Nobel de la paix collectif en 1997, remis à Jody Williams, instigatrice de la campagne). L’association à but non lucratif expédie par bateau 300 tonnes d’équipement médical[21], recueilli et mis en conformité (services de chirurgie et de radiologie, maternités, cabinets dentaires, lits médicalisés, électrocardiographes, fauteuils roulants, etc.) ; pourvoit à la formation de personnel médical[22],[23], facilite le parrainage d’enfants[24] ; informe sur l’agent orange[25] et distribue des aides aux victimes de ce poison chimique contenant la plus toxique des dioxines : la Tétrachlorodibenzo-p-dioxine, dite aussi 2, 3, 7, 8-TCDD[26].
Fer de lance de la révélation postérieure à la guerre américaine au Viêt Nam du crime de l'agent orange, cause de victimes par millions, il adresse, en 2004, une lettre ouverte à John Kerry, diffusée dans la presse internationale et constitue le CIS[27] en soutien au procès que les victimes vietnamiennes ont intenté à New York contre 37 compagnies chimiques américaines ayant fabriqué l’agent orange. La Croix-Rouge vietnamienne (en) estime entre 3 et 4 millions[28] le nombre de personnes victimes de cette guerre chimique. Il lance officiellement le CIS au Centre d'Accueil de la Presse Étrangère - CAPE[29], situé alors dans la maison de Radio-France à Paris. Une centaine de sommités de la communauté scientifique et intellectuelle, juridique et artistique des cinq continents le rejoint, tels William Bourdon, Francis Boyle, Karen Parker, Coline Serreau, André Picot, Noam Chomsky, Howard Zinn, Angela Davis, Joan Baez, Stéphane Hessel, Henri Alleg, Jacques Perrin, ou encore José Bové. André Bouny explique les conséquences de ce poison dans la presse écrite nationale : Cairn.info, Revue Ballast, L’Humanité, GEO, Reporterre, comme étrangère, The Telegraph (Royaume-Uni), idnes (Chéquie), Der Spiegel (Allemagne), La Répubblica (Italie), Ileri Haber (Turquie), Voz (Suisse), PressAfrick (Afrique), Folha de S.Paulo, Rede Brasil Atual (Brésil), La Presse (Canada), VN Express international (Viêt Nam), dans les radios : France Culture (LSD, la série documentaire), France Inter (La terre au carré), RFI (C’est pas du vent), Radio Classique, Radio-Base (Venise) à Radio-Canada (Montréal) ; de RTBF La Première[30] (Bruxelles) à la radio nationale vietnamienne La Voix du Vietnam[31],[32],[33],[34] (Hanoi, et Ho-Chi-Minh-Ville)[35], et l'émission Fréquence Terre, d'Arnaud Jouve, sur RFI, mais aussi la presse régionale[36], dans Nice-Matin ou Midi-Libre, La Montagne ou Ouest-France[37], la Dépêche du midi[38] ou Le Télégramme[39], voire les radios[40] locales, a donné des conférences dans les universités[41] ; IUT Rodez[42] (dépendant de l'Université Toulouse 1 Capitole ; Université Occidentale de Bretagne à Brest ; Cité de l'Espace au côté du coordinateur mondial pour la Démilitarisation et dénucléarisation de l'Espace, Bruce K. Gagnon (États-Unis) ; Rencontres Internationales pour le Désarmement Nucléaire, Biologique et Chimique (RID-NBC[43],[44]) ; médiathèques[45], librairies[46], écoles, prison[47], cinémas[48], soutiens[49], rencontres[50] et évènements internationaux[51].
Il effectue la première intervention sur les effets et les conséquences environnementales et sanitaires de l'agent orange sur la population vietnamienne au Conseil des droits de l’homme à l'ONU[52]. Interpellation longtemps empêchée par l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'ONU, John R. Bolton, nommé par décret du président George W. Bush – jamais approuvé par le Congrès américain comme de droit – et qui s'oppose à cette intervention durant les premières sessions du nouveau Conseil des droits de l'homme (ayant remplacé la Commission), sous peine de réduire la cotisation américaine, menace souvent évoquée face au traitement d'un sujet qui fâche dans une instance onusienne. Cet ambassadeur est poussé à la démission fin 2006 et, durant l'intérim d'Alejandro Wolff, la juriste californienne, Karen Parker, obtient l'accréditation de Bouny devant cette instance onusienne. Le , lors de la 4e session du Conseil des droits de l'homme, l'assemblée découvrira une situation au Viêt Nam occultée par vingt ans d'embargo et de cécité atlantiste[53],[54].
Il est témoin au tribunal international d’opinion[55] tenu à Paris début 2009 (de type Russel-Sartre) en soutien aux victimes vietnamiennes de l’agent orange ; douze membres du CIS[27] viennent à la barre. Les juges de grande notoriété, Jitendra Sharma, Président (Cour Suprême de l'Inde, Asie), et six autres juges, Adda Bekkouche (Algérie, Afrique), Juan Guzman Tapia (Chili, Amérique du Sud), Shoji Umeda (Japon, Asie), Gavil Iosif Chiuzbaian (Roumanie, Europe), Marjorie Cohn (États-Unis, Amérique du Nord) et Claudia Morcom (États-Unis, Amérique du Nord), venus de cinq continents, reconnaissent le crime d’écocide.
En , parait son essai Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam, fondé sur 40 années d’expérience et d’intérêt porté au peuple et à la culture du Viêt Nam, comme à son histoire, préfacé par l’historien et politologue Howard Zinn, professeur au département de science politique à l'Université de Boston, et d'un avant-propos de William Bourdon, avocat au barreau de Paris et ancien secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l'homme.
Au mois d’, la fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand lui offre une tribune[56].
Bouny est l’instigateur du procès intenté en France, début , par une victime française d’origine vietnamienne, Mme Tran To Nga[57],[58],[59],[60],[61] contre 26 compagnies chimiques américaines ayant produit les « herbicides » contenant la dioxine, notamment Monsanto et Dow Chemical[62].
Il est l'invité de Jelena Tomic sur RFI, le , dans l'émission "Livre international"[63]