Anne O'Shiell

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Décès
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Nationalité
Anne O'Shiell
Portrait d'Anne O'Shiell, qui a longtemps été présent au CHU de Nantes.
Biographie
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Anne O'Shiell (née le à Nantes[1]- morte le dans la même ville[2]), est une femme d'affaires nantaise, épouse de l'armateur Guillaume Grou.

Elle est la fille de Luc O'Shiell et Agnès Vanasse (1690-1724). Ses parents se sont mariés le [3].

Elle fait partie des familles puissantes dans le milieu du négoce nantais au XVIIIe, celui des Irlandais de Nantes, très actifs dans le grand commerce[4]. À Nantes, la famille O'Shiell est installée dans le quartier de la Fosse, paroisse Saint-Louis, comme la plupart des armateurs nantais[5].

Elle a 3 sœurs et frère : Agnès O'Shiell, Mary O'Shiell et Luc Nicolas.

Les grandes fortunes nantaises dont elle fait partie, se sont surtout édifiées entre 1725 et 1755[6]. Sa dot va contribuer à enrichir son époux qui se lancera dans l'armement maritime tout juste 1 an après leur mariage. Sa parentèle est aussi un soutien, car elle le lie aux familles Walsh et Stapleton[4]. Puisqu'elle est notamment la belle-sœur d'Antoine Walsh, un des fondateurs de la Société d'Angola.

Biographie

Acte de mariage d'Anne O'Shiell avec Guillaume Grou

Le [7], dans l’église Saint Nicolas, elle épouse le négociant et armateur nantais Guillaume Grou (1698 - 1774). Elle apporte une dot de 100 000 livres[8], soit le même montant que la totalité de la fortune de son futur époux. Et, comme ses sœurs Agnès et Mary, le mariage aura lieu au manoir de la Placelière, propriété de son père à Château-Thébaud.

Entre 1748 et 1751, son époux aide au développement de la nouvelle société Grou et Michel. La guerre de Sept Ans donne cependant un coup de frein à son activité. Anne tient certainement une place dans le négoce familial. Certaines femmes d'armateurs nantais peuvent être fortement impliquées dans les affaires bien avant le décès de leur mari pour assurer la suite. Elles succèdent souvent à leur défunt mari, le temps que leurs fils prennent la direction de l'entreprise. Mesdames André, Millet, Montaudouin ou Bertrand de la Clauserie en sont des exemples[4].

A Nantes, Anne O'Shiell et Françoise Despinoze, ont très certainement armé pour la traite, bien avant le décès de leurs époux, d'autant qu'Anne n'a pas d'enfant. Au même titre que Viollette Dubois qui l'a fait pour son compte personnel[4].

À la mort de son père en 1745, Anne, ses sœurs Agnès et Mary, ainsi que leur frère Luc Nicolas héritent du domaine de la Placelière. Deux ans plus tard Guillaume Grou et Anne rachètent ce dernier. Le couple fera entièrement reconstruire le manoir[9]et sera en travaux de 1747 à 1748. Coté cour, l’avant corps est surmonté d’un fronton curviligne portant les armes de Grou et O’shiell[10]. Le blason de la Famille O’Shiell était d'argent, au lion de gueules, accompagné en chef de deux gantelets et en pointe d'une étoile[11].

Ils vont planter dans cette propriété de 20 ha, un parc d'essences rares et creuser une pièce d'eau comme le grand canal de Versailles. Anne va organiser à La Placelière, pendant des années des fêtes où se côtoient les grands négociants et armateurs nantais. Selon Pascale Wester qui a écrit un article sur les établissements hospitaliers nantais, on pouvait lire dans la chronique de l'époque que sur ce plan d'eau, des gondoles illuminées de flambeaux créaient le spectacle avec le concours de serviteurs noirs[12],[13].

Ils font aussi construire à cette même époque de 1747 à 1752 leur hôtel particulier à Nantes, baptisé hôtel Grou situé sur l'île Feydeau, à l’angle de Rue Kervégan et Place Petite Hollande.

Dix ans après la mort de son père, Luc O'Shiell, sa famille a été reconnue d'origine noble par un arrêt du conseil et par lettres patentes de l'an 1755.

Le , son mari décède et fait d'importants legs « en faveur de l'humanité » dans son testament. Anne O’Shiell est donc chargée de mettre en oeuvre ses demandes, dont verser 200 000 livres destinées à la création d'un orphelinat à Nantes, où une rue de la ville et un immeuble, l'Hôtel-Dieu de Nantes portent son nom.

Autre demande, son souhait d'être inhumé à Saint-Nicolas, là où ils se sont mariés et où lui même et Anne ont toute leur famille. Toutefois, elle va être confrontée à un litige avec la paroisse. En effet, son mari est décédé dans leur demeure sur l'île Feydeau, l'Hôtel Grou qui relève de la paroisse de Sainte-Croix. Le recteur de celle ci va s'appuyer sur un arrêt récent du Parlement imposant l'inhumation en fonction du lieu de résidence. Anne va déposer une requête auprès de cinq paroisses pour essayer d'obtenir gain de cause, en vain, elles s'opposent toutes au transfert[14]. Le corps doit être inhumé dans le nouveau cimetière à l'est de la ville, Le Brigantin.

L'enjeu pour leur famille est que ce nouveau cimetières est inter paroissial, il n'y a pas de distinction de classes sociales car c'est un cimetière commun. Il vient d'ouvrir seulement le , son époux est la seconde personne à y être inhumée. Elle y fait donc construire une petite chapelle de marbre noire, veinée de blanc pour eux deux[15].Elle fait accompagner sa dépouille aux flambeaux[5].

Carrière

Notes et références

Liens externes

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