Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa
pharaon égyptien de la XVIIème dynastie
From Wikipedia, the free encyclopedia
Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa, nommé Antef V ou VI suivant les égyptologues, est un roi de Thèbes de la XVIIe dynastie. Manéthon le nomme Antef et le désigne comme roi de Thèbes.
| Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa | |
cercueil conjoncturé de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa - Musée du Louvre | |
| Période | Deuxième Période intermédiaire |
|---|---|
| Dynastie | XVIIe dynastie |
| Fonction principale | roi |
| Prédécesseur | Sobekemsaf II |
| Successeur | Noubkheperrê Antef ou Sekhemrê-Herouhermaât Antef |
| Famille | |
| Père | Sobekemsaf II |
| Mère | Noubkhâes II ? |
| Fratrie | ♂ Noubkheperrê Antef ♂ Sekhemrê-Herouhermaât Antef ? |
| Sépulture | |
| Nom | Tombe de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa |
| Type | Tombeau |
| Emplacement | nécropole de Dra Abou el-Naga (Thèbes) |
| Date de découverte | 1850 |
| Objets | sarcophage style richi coffre à canopes |
| modifier |
|
Attestations
Les seules attestations contemporaines sont les suivantes[1] :
- sa tombe, découverte vers le milieu du XIXe siècle à Dra Abou el-Naga, dans laquelle ont été découverts son cercueil (Louvre : E 3019[2]), son coffre à canopes (Louvre : E 2538[3]), son pyramidion (British Museum : EA 478[4]) mais aussi le cercueil du roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef (Louvre : E 3020[5]),
- une lame de hache en bronze conservée au Musée égyptien de Berlin (6/62) ; cette lame pourrait provenir de la tombe.
Le papyrus Abbott nomme également le roi car ce papyrus reporte l'inspection de plusieurs tombes royales à la fin de la XXe dynastie, dont celle de ce roi[1].
Famille
Sur le cercueil du roi, il était indiqué explicitement qu'il a été enterré par son frère le roi Noubkheperrê Antef[6]. D'après les inscriptions trouvées sur un chambranle de porte découvert dans les vestiges d'un temple de la XVIIe dynastie à Gebel Antef sur la route Louxor-Farshut, on sait aujourd'hui que Noubkheperrê Antef et, par implication, son frère Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa étaient les fils d'un des deux rois Sobekemsaf. La plupart des égyptologues pensent qu'il s'agit de Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf[7],[8],[6],[9],[10],[11]. Claude Vandersleyen lui donne également comme frère le roi Sekhemrê-Herouhermaât Antef[6]. De plus, de par le papyrus Abbott, Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf avait pour reine Noubkhâes II, qui pourrait être ainsi la mère des Antef[7],[8]. On ne lui connaît pas d'épouse attitrée ni de descendance[8].
Position chronologique
Le roi, tout comme les deux autres roi Antef, ont toujours été considérés comme étant des rois de la XVIIe dynastie ; cependant, l'ordre chronologique de ces rois fait l'objet de débats entre égyptologues. On peut distinguer deux phases dans ces études : celles considérant une vision « longue » de la XVIIe dynastie, publiées principalement avant 1997, et celles considérants une vision « courte » de la XVIIe dynastie, publiées depuis l'étude de Kim Ryholt en 1997. De plus, de nouvelles fouilles archéologiques depuis la fin des années 1990 dans la nécropole royale de Dra Abou el-Naga (à l'ouest de Thèbes, non loin de Deir el-Bahari) apportent de nouveaux éléments sur cette période.
Dans la vision « longue » de la XVIIe dynastie, le roi a été placé en général à la fin de la dynastie, en tant que prédécesseur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef par Jürgen von Beckerath (1964[12] et 1999[13]) et Detlef Franke (1988)[14] qui le nomment Antef VI, Noubkheperrê Antef étant placé pour ces deux égyptologues au début de la dynastie, mais aussi par Aidan Dodson (1991), mais avec Noubkheperrê Antef entre les deux rois (il le nomme donc Antef V)[15]. Hans Wolfgang Helck (1992)[16] le plaçait quant à lui plutôt en deuxième parmi les trois Antef, successeur de Sekhemrê-Herouhermaât Antef et prédécesseur de Noubkheperrê Antef, et le nomme donc Antef VI ; Claude Vandersleyen (1995) a suivi l'ordre relatif de Helck mais plaçait son prédécesseur Sekhemrê-Herouhermaât Antef de manière bien plus précoce au début de la dynastie[17]. Enfin, de manière plus marginale, William Christopher Hayes (1973) a placé le roi et Sekhemrê-Herouhermaât Antef au début de la dynastie et les nomme donc respectivement Antef V et Antef VI[18].
Dans la vision « courte » de la XVIIe dynastie (soit plus ou moins la seconde moitié de la version « longue »), le roi est placé en première position parmi les trois Antef par Kim Ryholt (1997) qui le nomme Antef VI[1],[note 1], Daniel Polz (2007)[19], Franke (2008)[20], Vandersleyen (2010)[21] et Julien Siesse (2015[22] et 2019[23]) qui le nomment tous Antef V.
Règne
Comme les autres rois de la dynastie son nom est absent des listes royales du Nouvel Empire, notamment celles de la XIXe dynastie qui oblitèrent littéralement l'ensemble de la Deuxième Période intermédiaire sautant directement de la XIIe dynastie à la XVIIIe dynastie. Le Canon royal de Turin, papyrus du Nouvel Empire qui liste l'ensemble des rois depuis Ménès, le fondateur mythique de la royauté, jusqu'à la XVIIe dynastie, cite seize rois pour cette dernière dynastie parmi lesquels on trouve au début de la dynastie trois noms lacunaires commençant par Sekhemrê, sans qu'il soit possible aujourd'hui d'affirmer l'identité précise de chacun et donc d'attribuer l'un de ces noms à Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa.
Antef se rattache explicitement à Khâsekhemrê Neferhotep Ier, roi de la XIIIe dynastie, en se donnant le nom de Sekhemrê-Oupmaât qui reprend le nom de Nebty et le nom de Nesout-bity de son lointain prédécesseur[24],[25].
Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa n'aurait régné que peu de temps, la durée de son règne variant de quelques mois à trois années pleines selon les auteurs et l'ordre de succession dans lequel ils placent son règne dans la dynastie.
Sépulture

Le tombeau de Sekhemrê-Oupmaât Antef-Âa est cité dans le papyrus Abbott qui rend compte sous le règne de Ramsès IX de l'état des sépultures royales victimes de tentatives en règle de pillage. Les résultats de l'enquête indiquent que le tombeau n'avait pas alors été pillé[26].
Le tombeau est probablement resté intact jusqu'à ce qu'il soit découvert dans la seconde moitié du XIXe siècle à Thèbes dans la nécropole de Dra Abou el-Naga par des pilleurs de tombe qui en ont dispersé son contenu.
Auguste Mariette a pu acquérir en 1854 une partie du viatique funéraire du roi dont le cercueil en bois doré ainsi que le coffre à canopes du roi. Le cercueil de style richi ainsi que le coffre qui porte la titulature du roi sont actuellement conservés au Musée du Louvre à Paris.
Une lame de hache en bronze à son nom qui est désormais conservée au Musée égyptien de Berlin pourrait provenir de ce pillage.
Le British Museum possède quant à lui le pyramidion de la petite pyramide qui couvrait autrefois le tombeau du roi.