Antonio Brucioli

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Antonio Brucioli ou Bruccioli, né à Florence vers la fin du 15e siècle et mort à Venise le , est un théologien italien. Il a été le premier à traduire la Bible en toscan à partir des sources en hébreu et en grec.

Antonio Brucioli naquit à Florence vers la fin du 15e siècle. On connait peu l’emploi qu’il fit de ses premières années ; on sait seulement qu’il montra dès lors des dispositions extraordinaires, et que, jeune encore, il fit partie de la société des plus savants Florentins qui se rassemblait dans les beaux jardins de Bernardo Rucellai. En 1522, il entra dans une conjuration formée par quelques citoyens de Florence, contre le cardinal Jules de Médicis, qui gouvernait alors cette république au nom de Léon X, et qui depuis fut pape sous le nom de Clément VII. Cette conspiration ayant été découverte, Bruccioli fut obligé de se cacher, et vint en France chercher un asile. Lorsque les Médicis eurent été chassés de Florence par la révolution arrivée en 1527, il se hâta de revenir dans sa patrie. Il y rapporta les opinions, alors nouvelles, des réformateurs, et se mit à déclamer hautement contre les moines et contre le clergé. Sa foi devint suspecte ; il fut arrêté et mis en prison. Accusé d’hérésie, et de projets contraires au repos de l’État, il n’échappa au supplice que par le crédit de quelques amis, qui parvinrent à faire commuer sa peine en deux ans de bannissement. Il se retira alors à Venise avec ses deux frères, qui étaient imprimeurs. Bruccioli se servit de leurs presses pour publier la plus grande partie de ses ouvrages. Le plus célèbre est la Biblia tradotta in lingua toscana, dont la première édition parut en 1532, in-fol. Il la dédia au roi François Ier, et ne reçut ni récompense, ni même aucune réponse de ce monarque. L’Arétin s’en étonne dans une de ses lettres. « Peut-être, dit-il ironiquement, le livre n’était-il pas assez bien traduit, ni assez bien relié. » La reliure pouvait être fort belle, mais le fait est que la traduction n’avait eu aucun succès dans le public. On l’avait trouvée, non-seulement fort mal écrite, mais pleine d’hérésies. Bruccioli en mit bien plus encore dans le commentaire diffus qu’il publia ensuite en 7 tomes ou 3 vol. in-fol. Cette nouvelle édition, qu’on trouve très-rarement complète, parut à Venise, en 1544-1548. Il prétendit avoir fait sa version sur le texte original ; mais Richard Simon a fort bien prouvé (Hist. critique du Vieux Testament, l. 2, c. 22, et Hist. critique des versions du Nouveau Testament, c. 40) que Bruccioli savait très-peu l’hébreu ; qu’il s’était généralement servi de la version latine du P. Sante Pagnini, qui avait paru en 1528, et qu’il ne l’avait même pas toujours bien entendue. Ses autres ouvrages consistent en traductions italiennes d’auteurs grecs et latins, parmi lesquelles on remarque celles de la Politique d’Aristote, Venise, 1547, in-8° ; de la Physique du même, ibid., 1551, in-8° ; du traité du Ciel et de la Terre, par le même, ibid., 1556, in-8° ; et de la Rhétorique de Cicéron, ibid., 1538 et 1542. Il a aussi revu la traduction de l’Hist. naturelle de Pline donnée par Cristoforo Landino, Venise, 1543, in-4°. On lui doit encore des éditions de Pétrarque, Venise, 1548, in-8°, et de Boccace, Venise, 1538, in-4°, avec des notes, et en i Dialoghi della morale filosofia, Venise, 1528, in-8°, i Dialoghi faceti, Venise, 1535, in-4°. Cet auteur avait tant écrit, que le même Arétin disait que le nombre de volumes qu’il avait publiés surpassait de beaucoup celui de ses années. On ignore l’époque de sa mort. On sait seulement qu’il vivait encore en 1554, puisqu’il composa et prononça un discours sur l’élection du doge Francesco Venier, discours qui fut imprimé la même année.

Œuvres

Bibliographie

Liens externes

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