Any Major Dude Will Tell You
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Any Major Dude Will Tell You est une chanson écrite par Donald Fagen et Walter Becker, enregistrée par le groupe Steely Dan et parue sur leur album Pretzel Logic (1974). Elle est également sortie en face B du premier single extrait de l’album, Rikki Don’t Lose That Number, et figure sur plusieurs compilations du groupe.
| Face A | Rikki Don't Lose That Number |
|---|---|
| Sortie |
|
| Enregistré | 1973 Village Recorder (Los Angeles) |
| Durée | 3:05 |
| Genre | Soft rock |
| Auteur | Walter Becker, Donald Fagen |
| Producteur | Gary Katz |
| Label | ABC |
Singles de Steely Dan
Contexte et composition
Dans une interview accordée en 2009, Donald Fagen explique : « Lorsque nous nous sommes installés à Los Angeles, les gens s’appelaient entre eux Dude, ce qui nous faisait rire. Nous essayions de parler leur langage »[1].
Comme pour la majorité des chansons de Steely Dan, Walter Becker et Donald Fagen collaborent habituellement à la fois sur la musique et les paroles. Any Major Dude Will Tell You constitue toutefois une exception notable : Becker ne participe pas à la composition musicale et se limite à la co-écriture des paroles[1].
Paroles et musique
Selon Anthony Robustelli, auteur d’un ouvrage de référence sur Steely Dan, la chanson est « l’un des morceaux les plus doux du groupe et un bon exemple de l’ambiance californienne des années 1970 »[1]. Les paroles visent à réconforter un ami traversant une période difficile[2],[3]
Les éditeurs de Goldmine décrivent le refrain comme une succession de paroles rassurantes entre amis : « Any major dude with half a heart surely will tell you my friend, any minor world that breaks apart falls together again » (Tout homme de cœur te le dira, mon ami : même les mondes qui se brisent finissent par se reconstruire)[4]. Le biographe Brian Sweet identifie dans le texte un thème récurrent chez Steely Dan : celui de la « folie et de l’insécurité »[5]. John Totten estime que l’ami évoqué dans la chanson est en proie à une forme de détresse psychologique ou de folie dont la cause n’est pas explicitée[6]. Le critique Stewart Mason (AllMusic) souligne que la posture légèrement ironique du narrateur permet de relativiser la tristesse sans la nier[3].
Une des lignes fait référence aux « larmes du squonk ». Le groupe ignorait initialement ce qu’était un squonk et cherchait à en comprendre la signification pendant les sessions d’enregistrement sans vouloir révéler leur ignorance à Fagen et Becker[5]. Le squonk est une créature mythologique qui, lorsqu’elle est traquée, peut se dissoudre en larmes[5],[6],[7] Selon Totten, le narrateur s’identifie implicitement à cette créature, ce qui introduit une forme d’humilité et renforce le message d’espoir : même un « petit monde brisé » peut se reconstruire[6].
Instrumentation
L’enregistrement met en avant les claviers de Donald Fagen ainsi que plusieurs parties de guitare acoustique[3] Fagen assure le chant principal sur la version studio[6]. tandis que lors de certaines performances live, lors de la tournée Etats-Unis-Royaume-Uni 1974, Royce Jones interprète le morceau[1].
Denny Dias joue un solo de guitare écrit par Becker et Jeff Baxter[5]. Une partie du motif répété nécessitait un vibrato que Dias n’utilise pas ; il a donc confié temporairement sa guitare à Baxter pour jouer les dernières notes concernées[1],[5]. Stewart Mason décrit la musique comme « simple et absolument charmante »[3].
Réception critique
Le critique Stephen Thomas Erlewine (AllMusic) qualifie la chanson de « magnifique »[8]. Stewart Mason la considère comme l’un des morceaux les plus « sous-estimés et attachants » du groupe[3]. Bobby Alvarez (Brownsville Herald) met en avant la qualité des voix et décrit le morceau comme « un bon titre »[9]. Dans Rolling Stone, Bill Scoppa évoque une « excellente chanson pop atypique » qui aurait pu fonctionner comme singler[10]. Victor Aaron (Something Else!) partage cet avis et souligne que la chanson a bénéficié d’une diffusion radio en tant que face B de Rikki Don’t Lose That Number[2].
La chanson figure sur plusieurs compilations de Steely Dan, notamment Greatest Hits (1978), Citizen Steely Dan (1993) et Showbiz Kids: The Steely Dan Story, 1972–1980 (2000)[11],[12],[13]
Reprises et utilisations
Le groupe Wilco a repris la chanson pour la bande originale du film Me, Myself & Irene (2000)[5],[14]. Selon Dave Ferman (Santa Cruz Sentinel), cette version est fidèle et respectueuse de l’original[14]. Tom Robinson a également intégré un passage de Any Major Dude Will Tell You dans sa reprise de Rikki Don’t Lose That Number sur son album Hope and Glory (1984)[15].
Musiciens
- Steely Dan
- Donald Fagen – chant, piano électrique
- Jeff Baxter – guitare électrique
- Denny Dias – guitare électrique
- Musiciens supplémentaires
- Dean Parks – guitare acoustique
- David Paich – piano électrique
- Chuck Rainey – basse[16]
- Jim Gordon – batterie
- Production
- Gary Katz – producer
- Roger Nichols – ingénieur du son
Liens externes
- Ressource relative à la musique :
- [vidéo] « Any Major Dude Will Tell You », sur YouTube