Argumentum ad consequentiam
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L’argument par la conséquence, en latin : argumentum ad consequentiam, est un raisonnement fallacieux. Il consiste à déduire une conclusion (en général une croyance) à partir d'une conséquence, positive ou négative, de la croyance à prouver.
Cette erreur vient du fait que l'on refuse d'admettre les conséquences désagréables d'une proposition, même si elle est vraie. Ou à l'inverse qu'on est tenté d'accepter les conséquences agréables d'une proposition fausse. Mais les conséquences agréables ou désagréables ne constituent pas une preuve.
Forme générale
Forme positive
- Si P, alors Q survient.
- Q est désirable.
- Donc P est vrai.
Exemples
- Si le marché des biens immobiliers augmente (P), les propriétaires ont des plus-values (Q survient), ce qui est avantageux (Q est désirable). Donc le marché des biens immobiliers augmentera cette année (P est vrai).
- Si les humains voyagent plus vite que la lumière (P), alors le voyage spatial est facilité (Q survient), ce qui est souhaitable (Q est désirable). Donc les humains voyageront plus vite que la lumière (P est vrai).
- Si j'utilise l'IA (P), cela me rend plus efficace (Q survient), ce qui m'avantage face à mes concurrents (Q est désirable). Donc je dois utiliser l'IA (P est vrai).
La forme positive de l'argumentum ad consequentiam est très proche de la pensée désidérative dans sa construction.
Forme négative
- Si P, alors Q survient.
- Q est indésirable.
- Donc P est faux.
La forme négative de l'argumentum ad consequentiam semble proche de la négation de l'antécédent (modus tollens), mais elle en est bien distincte car "Q est indésirable" est différent de "Q est faux".
La forme négative de l'argumentum ad consequentiam a pour cas particulier l'appel à la force (argumentum ad baculum).
Exemples
- "Si les six hommes sont innocents (P), cela signifie que la police serait coupable de parjure, de violences et de menaces, que les confessions ont été inventées et considérées faussement comme des preuves et que les condamnations étaient erronées (Q survient)... Il s'agit d'une perspective si préoccupante (Q est indésirable) que toute personne censée conclurait qu'il est déraisonnable de laisser ces actions se poursuivre (P est faux). " Lord Denning dans son jugement des Six de Birmingham (condamnation de six hommes à perpétuité qui fut une erreur judiciaire).
- Si je n'utilise pas l'IA (P), cela me rend moins efficace (Q survient) ce qui me désavantage face à mes concurrents (Q est indésirable). Donc je dois utiliser l'IA (P est faux).
- Si Dieu n'existe pas (P), alors la vie est vide et dépourvue de sens (Q survient et est indésirable), donc Dieu existe (P est faux).
Autres exemples
- « La gravité n'existe pas : si elle n'existe pas, alors de très nombreuses personnes travaillent pour rien ! » Ou « Dieu doit exister : s'il n'existe pas, alors de très nombreuses personnes prient pour rien ! »[pas clair]
Analyse de cette dernière affirmation :
- Soient les deux propositions suivantes :
Proposition A : « Dieu n'existe pas. » Proposition B : « Les croyants prient pour rien. »[pas clair]
- Voir aussi les deux propositions suivantes :
Proposition A : « La gravité n'existe pas. » Proposition B : « Les scientifiques travaillent pour rien. »
- Si A est vrai, alors B est vrai aussi. B est donc la conséquence d'A. Mais B est désagréable (surtout du point de vue d'un croyant ou d'un scientifique). On est donc tenté d'en déduire le contraire de la proposition A, autrement dit que « Dieu » existe pour la première proposition, ou la « Gravité » pour la seconde proposition. Mais il faut se méfier de cette tentation.[pas clair]
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Sous-catégorie
L'argumentum ad baculum est un cas spécial de l'argument par la conséquence.
Erreurs voisines
- argument ad hominem circonstanciel ;
- l'appel à la terreur ;
- La raison des émotions