Le , Avni Rustemi assassine Essad Pacha devant l'hôtel Continentalrue de Castiglione à Paris, alors qu'Essad dîne avec son neveu Xhemil bej Vlora et sa maîtresse Eliza[1],[2],[3].
Rustemi s'est caché derrière l'une des colonnes à l'entrée de l'hôtel, attendant Essad Pacha. S'approchant par derrière, il tire avec un revolver Smith & Wesson. La première balle touche Essad au cou près de la colonne vertébrale, et alors qu'il se retourne les mains levées pour se protéger, Rustemi tire à nouveau, touchant le côté gauche de sa poitrine au niveau de l'aisselle. Essad, longtemps considéré comme un opportuniste sans scrupules et un collaborateur des serbes et des monténégrins pendant les guerres balkaniques, a de nombreux ennemis politiques en Albanie.
Rustemi est immédiatement arrêté par la police française, et l'assassinat attire rapidement l'attention de la presse européenne. Après un long procès, il est acquitté le , lorsque son avocat, Anatole de Monzie, soutient que l'acte n'est pas seulement un crime personnel, mais un acte commis "avec la préméditation de tout un peuple". Selon l'historien Kastriot Dervishi, l'assassinat est provoqué par le cousin et rival d'Essad, Aqif Pacha Elbasani(en), avec le soutien financier du Haut Conseil de la Régence(en)[4].
Conséquences
Lorsque Rustemi retourne en Albanie après l'acquittement, il est salué comme un héros national, ce qui marque le début de sa carrière politique en tant que membre du Parlement.