L'Association Québec-Palestine, initialement surnommée le Comité Québec-Palestine, fut un groupe militant pro-palestinen basé à Montréal, au Québec, et actif entre 1972 et le début des années 1990[1].
En 1969, sous invitation de Marie-Claude Tadros-Giguère, co-présidente du Comité Québec-Palestine de l'Université Laval[5], Michel Chartrand participe à un panel portant sur la Palestine[2]. René Lévesque, alors chef du Parti québécois, y assiste également. À cette occasion, Chartrand fait la connaissance de Rezeq Faraj, un immigrant d’origine palestinienne avec qui il se lie d’amitié[3]. Par suite d'événements communs, Chartrand invite Faraj à se prononcer devant l'assemblée générale du Conseil central de Montréal[3]. L'organisation vote alors la première résolution en appui à la Palestine de leur histoire[3].
Dès leur première rencontre, Yasser Arafat et Michel Chartrand se sentent des affinités. [...] Il est deux heures du matin et pendant deux longues heures Arafat explique le pourquoi de la résistance palestinienne à Chartrand. Michel se renseigne sur la structure de l'organisation. La sincérité des questions et des réponses débouche sur des relations très fraternelles[3].
Au retour de leur voyage, plusieurs militants se rejoignent dans l'appartement de Chartrand pour mettre sur pied le Comité Québec-Palestine, organisation qui deviendra ultérieurement l'Association Québec-Palestine (AQP). Rezeq Faraj en est le premier président.
Dès 1973, les activités de l'AQP se multiplient: elle organise de trois à quatre conférences par trimestre sur la cause palestinienne dans les Cégep et universités du Québec, amasse des fonds pour certaines initiatives, organise des manifestations[6] et fait des apparitions dans les médias[2]. En 1974, l'Association organise une semaine de mobilisation en l'honneur du neuvième anniversaire de la mise sur pied de l'OLP[7].
L'AQP publie et distribue, entre 1973 et 1975, le bulletin bilingue Fedayin, titré à près de 5000 exemplaires[2],[8],[9].
En , des militants découvrent que les bureaux de la Fédération canado-arabe, domicilié au Conseil central de Montréal, et utilisés par l'Association Québec-Palestine, sont espionnés grâce à du matériel d'écoute électronique[10].
L'AQP participent à l'organisation de la Conférence internationale de solidarité ouvrière, en collaboration avec de nombreux syndicats, le SQAL, le Comité Québec-Chili et le SUCO. L'événement a finalement lieu du au au Collège de Maisonneuve et rassemble plus de 600 personnes dont 44 provenant de délégations étrangères[11]. Trois d'entre eux proviennent de la Palestine. Suite à l'événement, l'AQP demeurera sur le conseil d'administration du CISO, organisation formée à la suite de la conférence, jusqu'à la fin des années 1980[12].
Au milieu des années 1980, l'organisation continue à organiser certaines manifestations et conférences, bien que moins fréquentes et médiatisées[13]. À partir du début des années 1990, l'organisation s'essouffle et disparait du paysage militant québécois. Les membres de l'organisation se réorientent vers d'autres associations de soutien à la Palestine, notamment Aide médicale pour la Palestine (AMP).
Notes et références
↑Rania Iraqi, «Une histoire en mouvement: le sentiment identitaire des immigrants arabes à Montréal entre 1967 et 1980», umontreal.scholaris.ca, (lire en ligne, consulté le )
12345(en) Daniel Rickenbacher, «The Anti-Israel Movement in Québec in the 1970s: At the Ideological Crossroads of the New Left and Liberation-Nationalism», Canadian Jewish Studies / Études juives canadiennes, vol.29, , p.81–111 (ISSN1916-0925, DOI10.25071/1916-0925.40170, lire en ligne, consulté le )
12345Fernand Foisy, La colère du juste, Montréal, Lanctôt Éditions, , 322p.