Athanase Mukhalla'

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Athanasius Mukhalla' (اثناسيوس مخلع), également connu sous le nom d'Athanasios al-Dimashqī (vers 1750 - 8 avril 1814), est un ecclésiastique, traducteur et homme de lettres arabe orthodoxe de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Actif à Damas, à Jérusalem, à Homs et à Beyrouth, il est connu par sa correspondance avec Mūsā Ṭrābulsī, par des chroniques ecclésiastiques ultérieures et par son activité pastorale et intellectuelle dans le patriarcat d’Antioche.[1][2]

Origines et formation

Athanasius Mukhallaʿ naît à Damas vers 1750. Il est le fils de Mīkhā’īl Mukhallaʿ, comme on peut le déduire de l’introduction à sa traduction de Al-būq al-injīlī, où il se présente comme « le prêtre Athanasios le moine, fils de Mīkhā’īl Mukhallaʿ, damascène d’origine ».[3] La même notice indique qu’il avait reçu l’habit monastique au Sinaï.[3][4]

Sa jeunesse est mal connue. D’après Habib Ibrahim, sa maîtrise de l’arabe et son implication précoce dans les affaires ecclésiastiques suggèrent qu’il fut formé dans des milieux religieux damascènes, probablement auprès de Mūsā Ṭrābulsī, qu’il appelle dans ses lettres « le père et le maître ».[4] Selon Joseph Zaytūn, il aurait également appris le grec avec Dawūd al-Qusṭanṭīnī.[5]

Le lien d’Athanasius avec le Sinaï ne doit pas nécessairement être compris comme une résidence permanente au monastère. Joseph Nasrallah et Rachid Haddad l’identifient à Acacius al-Dimashqī, un moine du Sinaï ; Habib Ibrahim replace toutefois cette donnée dans le contexte plus large des liens entre Damas et le métochion du monastère Sainte-Catherine.[1][6]

Séjour à Jérusalem et mission à Constantinople

Dans la correspondance de Mūsā Ṭrābulsī, il apparaît sous la signature Bābā Athanasios al-Dimashqī. Le 21 avril 1776, écrivant depuis Jérusalem, il informe Mūsā qu’il vient de recevoir deux de ses lettres et explique qu’il souhaitait partir saluer personnellement le patriarche, mais qu’il avait été retenu à Jérusalem par les « pères vénérables », à la fois par affection et parce qu’ils avaient besoin de son aide. Cette lettre indique aussi qu’il avait déjà été ordonné prêtre avant cette date, au Saint-Sépulcre.[7]

Cet épisode s’inscrit dans le contexte des tensions entre les orthodoxes de Damas et le patriarche Daniel de Chios. Athanasius fut ensuite chargé de porter certaines plaintes damascènes à Constantinople. En 1777, il se trouvait déjà dans la capitale ottomane, où il cherchait l’appui du patriarche œcuménique Sophrone II de Constantinople, ancien Sophronios de Kilis.[8]

Évêque de Homs

En 1787 au plus tard, Athanasius était évêque de Homs. Dans une lettre datée du 25 juin 1787, il annonce son arrivée dans son diocèse, mentionne une maladie passagère, puis évoque sa prédication durant le Carême.[9]

Son activité à Homs est également décrite dans des sources ecclésiastiques ultérieures. Selon l’histoire de l’Église antiochienne rapportée par Mīkhā’īl Brayk, il poursuivit l’embellissement de l’église des Quarante-Martyrs et y fit réaliser divers aménagements, dont un ambon en bois sculpté fabriqué par des artisans de Constantinople.[10] Les mêmes témoignages le présentent comme un évêque savant, versé dans la théologie, les langues et la littérature religieuse.[11][12]

Une tradition ultérieure, affirme qu’après la mort du patriarche Daniel en 1791, certains évêques auraient élu Athanasius patriarche d’Antioche, sans que cette élection soit reconnue par Constantinople.[10][13]

Évêque de Beyrouth

Athanasius demeura évêque de Homs jusqu’en 1804. Cette année-là, il quitta Homs, célébra Pâques à Tripoli, puis fut sollicité par des notables de Beyrouth et du Mont-Liban pour accepter le siège de Beyrouth. Le patriarche Anthimos d’Antioche valida ce transfert, et Athanasius fut consacré pour Beyrouth à Damas le 20 juillet 1804 par le métropolite Barnabé, représentant patriarcal, assisté de deux autres évêques.[14][15]

Son épiscopat beyrouthin est présenté de manière contrastée dans les sources. Selon Ibn Ṭrād, ses relations avec le clergé furent tendues en raison de son tempérament difficile et de sa gestion des biens. En revanche, il agrandit à ses frais la résidence épiscopale et légua à l’Église une bibliothèque d’environ 160 volumes grecs et arabes, dont beaucoup avaient été copiés ou traduits de sa main.[14][15]

Mort

En 1813, après la mort du patriarche Anthimos, Athanasius aspira de nouveau au trône patriarcal d’Antioche. Toutefois, le Saint-Synode de Constantinople élut à sa place le métropolite Séraphim de Karyopolis. Athanasius accompagna ensuite Séraphim à Damas, où il tomba malade pendant la Semaine sainte et mourut le 8 avril 1814.[16][15]

Œuvres

Athanasius est connu comme traducteur d’au moins une œuvre intitulée Al-būq al-injīlī.[3][4] Habib Ibrahim souligne aussi que la préface arabe de cette traduction témoigne de sa familiarité avec les modèles littéraires arabes chrétiens antérieurs.[4]

Les informations concernant sa bibliothèque à Beyrouth indiquent également qu’elle comprenait sa version arabe de l’Evangelikē Salpinx de Makarios Kalogeras.[11] Sa réputation repose plus largement sur son érudition bilingue, sa correspondance pastorale et son activité de copiste et de traducteur.[2]

Postérité

Références

Bibliographie

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