Bénédiction sacerdotale
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La Bénédiction sacerdotale (en hébreu : ברכת כהנים, Birkat Cohanim, Bénédiction des prêtres), est la bénédiction que les Cohanim adressent au reste des Juifs présents dans l'assemblée lors des célébrations juives ou à certaines occasions du calendrier hébraïque.
Présentation
Le Birkat Cohanim trouve ses sources dans les textes bibliques des Lévitique 9:22 et Deutéronome 10:8 et 21:5 mentionnant Aaron ou d'autres prêtres bénissant les Israélites.
Le texte utilisé pour la bénédiction est spécifié dans le livre des Nombres 6:22-27 :
« Et le Seigneur parla à Moïse, en disant : Parle à Aaron et à ses fils, en disant : De cette façon, tu béniras les enfants d'Israël ; tu leur diras :
[...]
Ainsi, ils mettront mon nom sur les enfants d'Israël, et je les bénirai. »

Cette bénédiction est ainsi prononcée par les Cohen lors de la prière de Moussaf (ou même à d'autres prières durant des jours spéciaux comme Shabbat, Yom Kippour et autres jours de jeûnes), ainsi qu'il leur est ordonné dans le Livre des Nombres, chapitre 6, verset 22-27.
Elle est récitée, mot à mot, pendant la répétition de la Amidah par le hazzan (chantre) et après par le ou les Cohanim qui sont montés sur l'estrade sur laquelle est posée l'arche sainte, alors qu'ils sont recouverts de leur talit et qu'ils ont ôté leurs chaussures.
La bénédiction ne doit être effectuée qu'en présence d'un minyan - même si les Kohanim eux-mêmes doivent être inclus pour un total de dix personnes[1].
Hazal souligne que bien que les prêtres soient ceux qui effectuent la bénédiction, ce n'est pas eux ou la pratique cérémonielle de lever les mains qui aboutit à la bénédiction, mais plutôt le désir de Dieu que la bénédiction soit symbolisée par les mains des Cohanim.
Même après la destruction du Deuxième Temple, en 70, la pratique se poursuit dans les synagogues juives, et de nos jours, dans la plupart des communautés juives, le Cohen bénit les fidèles de la synagogue pendant les services de prière de Shacharit[2]. Cette bénédiction est ainsi l'une des particularités qui distinguent les Cohanim du reste du peuple juif depuis la destruction du Temple de Jérusalem.
Depuis 1970, cette bénédiction est récitée solennellement sur l'esplanade du Mur des Lamentations (Kotel) retrouvé, en présence d'une foule nombreuse deux fois par an, le deuxième jour de Hol Hamoëd des fêtes de Pessa'h et de Souccot. Elle est décalée si ce jour tombe un Shabbat : par exemple à Souccot 2011, elle s'est déroulée le dimanche , soit le troisième jour de Hol Hamoëd. Plus de 70 000 personnes se sont réunies pour cet événement[3].
Dans de nombreuses communautés, il est de coutume que les fidèles étendent leur talit sur leur propre tête pendant la bénédiction et ne regardent pas le Cohen. Si un homme a des enfants, ils viennent sous son talit pour être bénis, même s'ils sont assez âgés. La raison (non attribuée) de cette coutume est de minimiser le rôle des Kohanim : ils sont simplement un véhicule par lequel Dieu « place [son] nom sur les enfants d'Israël ».
Une tradition commune parmi les Juifs ashkénazes repose sur le fait que pendant la récitation de cette bénédiction, la Shekhinah (présence divine) devient présente là où les Kohanim tendent leurs mains dans le geste shin, de sorte que le regard serait nuisible s'il s'y portait[4].
En 1979, sont découverts dans une grotte funéraire de Ketef Hinnom à Jérusalem, par l'équipe archéologique de Gabriel Barkay (en), deux petits rouleaux d'argent contenant des formules de bénédictions en écriture paléo-hébraïque, quasiment identiques à la bénédiction sacerdotale figurant dans le Livre des Nombres VI, 24-26. Ce texte remontant à la fin du VIIe ou au début du VIe siècle av. J.-C.[5], constitue le plus ancien fragment connu d'un texte biblique à ce jour[6].
Texte biblique

« יַבָרֶכְךָ יַהוָה וַיִשְׁמְרֶך
יָאֵר יַהוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וִיחֻנֶּךָּּ :
יִשָּׂא יַהוָה פָּנָיו אֵלֶיךָ וַיָשֵׂם לְךָ שָׁלוֹםYevarékhekha Adonaï vaYichmerékha
Yaèr Adonaï Panayv Eléykha viY’hounéka
Yissa Adonaï Panayv Eléykha vaYiassem Lekha Shalom »
Trois versets de trois, cinq et sept mots, de quinze, vingt et vingt-cinq lettres :
« Que Dieu te bénisse et qu'Il te garde,
Que Dieu éclaire sa face vers toi et qu'Il te prenne en grâce,
Que Dieu tourne sa face vers toi et qu'Il te donne la paix »
Autres utilisations

En outre, les parents juifs ont l'habitude, tous les vendredis soirs, avant le premier repas du Chabbat, de bénir leurs enfants par cette bénédiction, en rajoutant la phrase biblique :
pour les garçons, tel que l'avait dit Jacob dans la Genèse, 48:20,
pour les filles.
La Guemara conseille à une personne troublée par un rêve d'y réfléchir lorsque les Kohanim récitent leur bénédiction. Cette pratique est encore en cours dans de nombreuses communautés orthodoxes, principalement dans les communautés qui effectuent le rituel uniquement lors des fêtes juives[8] Elle est également récitée au coucher[9]. Les deux usages dérivent du Cantique des Cantiques 3:7–8, qui raconte que 60 gardes armés entourant la chambre de Salomon pour le protéger des « terreurs nocturnes » ; les 60 lettres du texte hébreu de la bénédiction sacerdotale sont également dites pour se défendre contre les terreurs nocturnes.