Bennaï Ouali
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| Bennaï Ouali | |
Photographie de Bennaï Ouali, dans les locaux de la police le 21 octobre 1948 | |
| Fonctions | |
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| Membre du comité central du P.P.A | |
| – (1 an et 7 mois) |
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| Chef de la fédération de Kabylie du P.P.A | |
| – (3 ans et 4 mois) |
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| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Tassaft Ouguemoun, Algérie Française |
| Date de décès | (à 39 ans) |
| Lieu de décès | Tassaft Ouguemoun, Algérie Française |
| Nature du décès | Assassinat |
| Parti politique | Parti du peuple algérien puis Front de libération nationale |
| Famille | Amirouche Ait Hamouda (cousin) |
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Bennaï Ouali (en kabyle: Bennay Waɛli, en tifinagh : ⴱⵏⵏⴰⵢ ⵡⴰⵄⵍⵉ), né en mars 1917 dans le village Ldjemâa n Saridj (Djemaa Saharidj) en Kabylie, est un nationaliste algérien, défenseur de la vison d’une l'Algérie « algérienne », et également un militant pour la reconnaissance de la langue et de l’identité amazigh en Algérie. Il est assassiné, le , en raison de son militantisme politique en faveur de l'identité amazigh.
Bennaï Ouali naît en 1917 au village de Ldjemâa n Saridj (Djemaa Saharidj), dans le Aarch des Aït Fraoussen, relevant de l’actuelle commune et daïra de Mekla. Son père, cultivateur très respecté dans la région, portait le surnom de « Senior », déformation populaire du mot français seigneur, d’où le sobriquet familier donné à Ouali : Si-Ouali-n-Senior.
Comme beaucoup de jeunes Kabyles de sa génération contraints à l’exode économique, il quitte très tôt sa région natale pour la Mitidja puis Alger, où il exerce successivement les métiers de vannier dans plusieurs localités de la plaine, puis de maraîcher à Bouzaréah, sur les hauteurs à l’ouest d’Alger[1].
Engagement nationaliste et rôle au PPA (1940–1945)
Convaincu dès le début des années 1940 par l’idée nationaliste algérienne, il adhère au Parti du peuple algérien (PPA) et s’impose rapidement comme l’un des responsables de la Grande Kabylie. Militant particulièrement dynamique, il intègre en 1944 à Alger une organisation de choc chargée de la protection des cadres du parti, placée sous la direction d’Ahmed Bouda et de Mohamed Belouizdad.
La même année, la direction du PPA le désigne comme agent de liaison auprès des organisations estudiantines et lycéennes d’Alger, notamment au lycée de Ben Aknoun. Cette mission lui permet d’entrer en contact avec une génération de jeunes militants d’origine kabyle appelés à jouer un rôle déterminant dans l’histoire du nationalisme algérien, le « Groupe de Ben Aknoun » : Amar Ould Hamouda, Omar Oussedik, Laïmèche Ali, Hocine Aït Ahmed, Saïd Chibane, Sadek Hadjerès, Mohand Idir Aït Amrane et Mbarek Aït Menguellet.
Bennaï Ouali joue auprès de ce groupe un rôle de mentor politique. Selon le témoignage de Mohand Idir Aït Amrane, le groupe se réunissait chaque dimanche dans un petit café de la rue Boulin, en basse Casbah, tenu par Ahmed Ouguenoune, dit Hend Laarvi, militant nationaliste originaire des Aït Jennad. C’est dans ce cadre informel que la question identitaire commence à prendre forme comme problème politique. C’est précisément en janvier 1945 qu’Aït Amrane compose le premier chant patriotique en langue kabyle, Ekker a mmis umazigh.
Après les massacres de mai 1945 et la répression qui s’ensuit, Bennaï est recherché par les autorités coloniales. Ali Halit, chef de la fédération de Kabylie du PPA, est arrêté par la police française, Bennaï Ouali le remplace en prenant la tête de la fédération. Il entre dans la clandestinité et se prononce ouvertement pour le recours à la lutte armée[1].
Rôle au sein du PPA après 1945 : vers la crise berbériste
À l’issue de la conférence du PPA d’octobre 1946, Bennaï Ouali fait partie d’un « Comité de vigilance » qui exige la convocation d’un congrès en vue du remaniement des organismes dirigeants. Il entre au Comité central en 1947. Dès la création de l’Organisation spéciale (O.S.), dont il a soutenu la création, il organise à titre personnel une collecte de fonds destinée à l’achat d’armes, initiative menée à l’insu de la direction de l’organisation, révélatrice des tensions entre militants radicaux et direction centrale.
C’est également à cette période qu’il se distingue par ses prises de position en faveur de la culture berbère. Dès 1945, au sein du Comité d’organisation du PPA, il avait demandé l’unification de l’ensemble de la zone berbérophone de Kabylie en une seule région administrative du parti. Bennaï Ouali et le groupe de Ben Aknoun contestent la vision d’une Algérie exclusivement arabo-islamique, lui préférant une conception plurielle d’une « Algérie algérienne » intégrant l’identité amazighe[1].
Arrestation et emprisonnement (1948–1952)
Le 20 septembre 1948, Bennaï est arrêté au port d’Oran par la police française alors qu’il s’apprête à embarquer pour la métropole sous une fausse identité. Son arrestation, rapidement suivie de celles d’Amar Ould Hamouda et d’Omar Oussedik, conduit ses proches à soupçonner une dénonciation émanant de ses adversaires au sein du PPA-MTLD.
Emprisonné, il assiste depuis sa cellule au développement de la crise dite « berbériste » de 1949, qui aboutit à l’exclusion de nombreux cadres kabyles du parti. Bien qu’il fût une figure centrale du courant contestataire, il ne peut en être un protagoniste direct en raison de son incarcération. Il est néanmoins exclu du PPA-MTLD à la suite de la crise. Il ne recouvre la liberté qu’en 1952[1].