Bernardino Ramazzini

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Bernardino Ramazzini
Ramazzini au début de l'éd. de 1742 de ses œuvres complètes, gravure de J. G. Seiller (1716).
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Licoro LangianoVoir et modifier les données sur Wikidata
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De Morbis Artificum Diatriba (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Bernardino Ramazzini (1633, Carpi1714, Padoue), professeur de médecine à Padoue, est un des précurseurs concernant les accidents du travail et précisa certaines mesures d'hygiène et de sécurité. Il est souvent décrit comme le précurseur d'une médecine du travail inventée au XIXe siècle.

En 1700, Ramazzini, médecin à l'université de Modène, publie à Padoue son monumental De morbis artificum diatriba (Traité des maladies des artisans), encore réédité et qui, pendant deux siècles, servira de référence. Il fut traduit en français, commenté et enrichi par Antoine-François Fourcroy en 1777.

Bernard Ramazzini naquit en 1633 à Carpi, petite ville du duché de Modène. Il fit ses études au collège des jésuites de Modène et étudia pendant trois ans la philosophie à Parme. Son père voulut l’engager à entrer dans la carrière du droit et de la législature ; mais il se décida pour la médecine.

Il suivit les cours de l’université de Parme pendant quatre ans et, après avoir reçu le bonnet de docteur en 1659, se rendit à Rome, où il se mit au nombre des disciples d’Antonio Maria De Rossi, fils de Girolamo Rossi, médecin du pape Clément VII ; il pratiqua son art quelque temps dans cette capitale et obtint la place de medico condotto (médecin particulier) de la petite ville de Castro. Mais l’air de ce pays altéra sa santé et l’obligea de retourner dans sa patrie, où il exerça l’art médical avec distinction jusqu’en 1671, époque à laquelle il fut appelé à Modène par le duc régnant.

Francesco II d'Este duc de Modène, ayant fondé dans cette dernière ville une école de médecine, en 1678, Ramazzini y fut nommé, quatre ans après, professeur de théorie. Il y enseigna pendant dix-huit ans. Une maladie épidémique, de la nature de celles qu’on nommait fièvres putrides et pétéchiales, se manifesta en 1690, à Modène et y causa de grands ravages, surtout parmi les juifs. Ramazzini eut beaucoup de malades à soigner, et il écrivit une histoire circonstanciée de cette maladie.

On prétend qu’il a été le premier qui ait observé l’influence qu’une éclipse exerce sur le corps humain malade ; à cette époque il y en eut une de lune pendant laquelle beaucoup de malades succombèrent. L’Université de Padoue jouissait d’une juste célébrité. Ramazzini y fut nommé, en 1700, à la chaire de médecine pratique. Quoiqu’il eut alors soixante-six ans, il n’en fit pas moins ses cours avec toute l’exactitude et l’activité d’un homme dans la force de l’âge ; mais, trois ans après, une fluxion dont il fut attaque lui affaiblit les yeux, et il perdit la vue en 1705.

Le Sénat de Venise le nomma, en 1708, président du collège de médecine de cette ville, et, l’année suivante, il fut promu à la première chaire de médecine pratique. Son petit-fils lui servait de lecteur pour ses leçons, qu’il continua pendant six ans. Mais, le , il fut frappé d’une apoplexie foudroyante qui termina ses jours, à l’âge de 81 ans.

Il était membre de l’académie des Dissonanti de Modène, de celle des Curieux de la nature, de l'Académie royale des sciences de Prusse et de l’Académie d'Arcadie de Rome. Ramazzini fut un excellent observateur ; mais il adopta trop servilement les principes systématiques qui dominaient de son temps dans les écoles d’Italie, d’après lesquels on donnait une définition chimique à toutes les causes des maladies, dont il ne se permettait, au reste, que rarement de donner une définition catégorique.

Cependant il parut toujours assez disposé à regarder la coagulation du sang opérée par les acides, et sa dissolution produite par les alcalis, comme les fondements des maladies dominantes, appuyant cette théorie sur des expériences relatives à l’infusion. En conséquence de ce système, Ramazzini commença, dans l’épidémie de 1692, à prescrire les alcalis ; mais comme il n’en retira aucun avantage, il eut recours aux remèdes acides, tandis que, dans l’épidémie de l’année précédente, il avait trouvé utiles les diaphorétiques et les sels volatils. Deux seuls médecins se montrèrent les adversaires de la doctrine chimique de Ramazzini : ce furent Domenico Sanguinetti, de Naples, qui écrivit en 1699 une dissertation iatrophysique sur ce point ; et Giuseppe Del Papa, premier médecin du grand-duc de Toscane, qui publia son livre De præcipuis humoribus, dans lequel il réfute par des arguments solides la doctrine iatrochimique.

Œuvres

Bibliographie

Voir aussi

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