Bibliothèques publiques d'Islington

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VilleLondres
Adresse2 Fieldway Cres
Bibliothèques publiques d'Islington
Image illustrative de l'article Bibliothèques publiques d'Islington
La Bibliothèque centrale en 2014
Présentation
Coordonnées 51° 32′ 58″ nord, 0° 06′ 26″ ouest
Pays Royaume-Uni
Ville Londres
Adresse 2 Fieldway Cres
Fondation
Informations
Conservateur Michelle Gannon
Gestionnaire Conseil du Borough d'Islington
Site web https://www.islington.gov.uk/libraries-arts-and-heritage/libraries/your-local-libraries
Nombre de livres 145,526(2024/25)[1]
Géolocalisation sur la carte : Islington
Bibliothèques publiques d'Islington

Les bibliothèques publiques d'Islington sont le réseau de bibliothèques publiques du Borough d'Islington à Londres.

Le réseau débute en 1906, et gère maintenant dix bibliothèques, dont la bibliothèque centrale près de la gare de Highbury et Islington[2].

Selon le recensement de 2021, 97 % des habitants d'Islington disposaient d'une bibliothèque à moins de 15 minutes à pied, la proportion la plus élevée du pays[3].

1855-1921: Fondation

Malgré l'adoption de la loi sur les bibliothèques publiques de 1850, il fallut attendre 1905 pour qu'Islington crée ses premières bibliothèques publiques. Au cours de ce demi-siècle, plusieurs tentatives de création de bibliothèques publiques échouèrent[2].

La première tentative semble avoir eu lieu en 1855, lors d'une réunion publique à St. Mary's, pour examiner la motion d'un député de Finsbury (Thomas Challis) visant à créer un réseau de bibliothèques publiques gratuites. La motion échoua, les objections étant que les impôts de guerre «avaient lourdement pesé» sur la population et que taxer les contribuables pauvres pour ce projet causerait «plus de mal que de bien[4],[5]». Une autre tentative eut lieu en 1874, lorsque le professeur Leone Levi proposa la création d'une bibliothèque publique et d'un musée gratuits ; la motion fut rejetée par 1 435 voix contre 338[6].

En 1897, Passmore Edwards offrit 5 000 £ pour la construction d'une bibliothèque centrale, et deux fois 2 500 £ pour la construction de deux autres bâtiments, à condition que les habitants d'Islington acceptent d'entretenir les bibliothèques. Passmore avait contribué au financement de bibliothèques dans d'autres quartiers de Londres (comme à Shepherd's Bush ou à Dulwich). Dans son offre, il déplorait qu':

«une paroisse aussi grande et imposante qu'Islington n'ait point de bibliothèque, surtout quand tant d'autres paroisses plus petites et plus pauvres de Londres ont adopté la loi sur les bibliothèques publiques et se sont dotées de bibliothèques [...] Je laisse maintenant la question entre les mains des contribuables d'Islington, et j'espère qu'ils agiront concrètement en conséquence, et suivront le rythme des autres districts de Londres, dans la promotion d'une grande éducation et d'une entreprise d'amélioration[7]

À une majorité de 3 075 voix, les contribuables d'Islington rejetairent la proposition[8].

La North Library fut la première bibliothèque publique d'Islington à ouvrir, en 1906

Quelques années plus tard, des plans pour une bibliothèque centrale et quatre succursales furent adoptés, avec le soutien de 40 000 £ d'Andrew Carnegie[2],[9]. La première bibliothèque du système, la North Library, a ouvert ses portes à Holloway Road en 1906 [10],[11]. En 1921, le système s'était étendu pour inclure également les bibliothèques Central[12], West[13] et South[14] (les quatre considérées des bibliothèques Carnegie[15],[16]), et contenait plus de 95 000 volumes dans ses départements de prêt, ainsi que 10 000 ouvrages de référence[17].

En 1908, James Duff Brown, bibliothécaire en chef d'Islington, fut invité par le gouvernement belge à donner des conférences à Bruxelles et à Anvers sur les bibliothèques municipales britanniques – une première conférence de ce genre donnée sur le continent[18]. Il conclut son discours en soulignant que les bibliothèques municipales britanniques méritaient d'être reconnues pour avoir «popularisé le livre comme vecteur d'instruction, de divertissement et de conservation des archives[19]

XXe siècle: développment du réseau

Après la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux bâtiments ont ouvert leurs portes, notamment une bibliothèque destinée aux enfants[16],[20],[21].

L'adoption de la loi sur les bibliothèques publiques et les musées de 1964 a exigé que les conseils fournissent un «service de bibliothèque complet et efficace» à tous ceux «dont la résidence ou le lieu de travail se trouve dans la zone de la bibliothèque de l'autorité ou qui suivent une formation à temps plein dans cette zone[22]».

La fusion du Borough de Finsbury avec Islington en 1965 a fait de la bibliothèque de Finsbury la bibliothèque publique la plus récente (et la plus au sud) d'Islington lors de son ouverture en 1967.

Dans les années 1950 et 1960, Joe Orton et Kenneth Halliwell commencèrent à retirer clandestinment des livres de plusieurs bibliothèques d'Islington et à modifier les couvertures ou les résumés avant de les restituer – des activités pour lesquelles ils furent plus tard condamnés et incarcérés. Dans « Library Trolls and Database Animals », Melissa Hardie soutient que « plutôt que de simplement perturber la circulation des livres, ces hommes introduisirent des objets queer à la bibliothèque, facilitant et favorisant une compréhension nouvelle et plus engagée de la collection d'objets livresques de la bibliothèque[23]. » Les couvertures de livres (dont certaines sont consultables en ligne ) sont depuis devenues un élément précieux de la collection du Centre d'histoire locale d'Islington, certaines étant exposées au Musée d'Islington[24]. Au cœur des débats sur la gestion des archives Orton, le critique littéraire Simon Shepherd attribue au bibliothécaire Eric Willats «a clairvoyance de créer et de généraliser les archives Orton avant que l'industrie ne devienne une industrie»[25],[26].

XXIe siècle: rénovations et coupes budgétaires

En 2004, la bibliothèque N4 a ouvert ses portes, suivie en 2008 par la réouverture de la bibliothèque pour enfants Lewis Carroll en 2008 [27],[28].

En ajustant pour l'inflation, les dépenses sur les bibliothèques ont chuté de près de 75 % depuis 2010/11.

Les coupes budgétaires des années 2010 ont entraîné des baisses de dépenses pour les bibliothèques[29],[30], qui n'ont pas encore été inversées. En 2023-2024, les dépenses totales consacrées aux bibliothèques s'élevaient à un peu moins de 3,9 millions de livres sterling, une coupe drastique des 6,8 millions de livres sterling consacrées aux bibliothèques en 2010-2011, notamment en tenant compte de l'inflation[21].

La North Library a vu ses heures d'ouverture chuter d'à peu près 25 %.

Les heures d'ouverture d'un certain nombre de bibliothèques ont été réduites (à l'exception des bibliothèques Central, West et Finsbury) et ne se sont pas encore complètement rétablies - en 2023/24, elles étaient en baisse de 6 %, soit environ 1 200 heures par an[21]. En 2011, en partie pour réduire les coûts, le système a commencé à introduire des terminaux automatisés pour les prêts de livres[31].

En 2016, en partenariat avec l' ALA, la British Library et Free Word, les bibliothèques d'Islington ont organisé une Banned Books Week, une première au Royaume-Uni. Asima Shaikh, alors conseillère municipale d'Islington, a souligné qu'«Islington, autrefois berceau de George Orwell, avec sa riche histoire de pensée radicale, d'expression créative et d'innovation, est l'endroit idéal pour célébrer la Banned Books Week[32].» D'autres éditions ont eu lieu en 2018[33], 2019[34] et 2021[35].

En 2017, Islington a ouvert la bibliothèque Cat and Mouse, qui a remplacé la bibliothèque John Barnes, et a maintenu constant le nombre de bibliothèques à Islington - à contre-courant d'une tendance nationale de fermetures de bibliothèques[36]. La bibliothèque a été nommée d'après les lois dites «Cat and Mouse», et vise à reconnaître les sacrifices endurés par les suffragettes emprisonnées dans la prison de Holloway, qui se trouvait autrefois à proximité[37].

Pendant la crise du Covid-19, toutes les bibliothèques ont été fermées au public à différents moments[38]; certain ex bibliothèques servant ensuite de centres de vaccination[39].

En 2023, le conseil d'Islington a mis fin aux frais de retard à l'emprunt pour faciliter l'accès aux livres[40] -- notamment dans le contexte de la crise du «cost of living[41]». En 2014/15 et 2015/16, environ 60 000 £ avaient été facturés en frais de retard[42].

Développements potentiels

Le développement de Vorley Road, qui devrait débuter en 2027 et se terminer en 2029, comprendrait le réaménagement de la bibliothèque Archway[43].

Gouvernance

Central Library, la bibliothèque principale des bibliothèques d'Islington

Le service de bibliothèque fait partie de la Direction de l'engagement communautaire et du bien-être du Borough d'Islington.

Au sein du Conseil d'Islington, les bibliothèques relèvent du portefeuille «Égalité, Communautés et Inclusion». Depuis 2025, la conseillère Sheila Chapman (Parti travailliste, Junction Ward) est la membre exécutive qui a responsabilité pour ce portefeuille.

Le service de bibliothèque est également supervisé par le Comité de contrôle des logements et des communautés[44].

Fonctionnement

Les bibliothèques d'Islington n'ont pas encore retrouvé leur niveau de fréquentation d'avant le Covid

En 2024-2025, la bibliothèque a enregistré 889 990 visites, soit une augmentation de 6,5 % par rapport à l'année précédente, avec une progression continue vers le niveau pré-covid de 1 076 355 en 2019-2020[45].

Les bibliothèques d'Islington offrent un large éventail de services, notamment l'accès aux livres, à la musique, aux DVD et autres supports physiques ; l'accès aux livres numériques, aux livres audio et autres supports numériques ; ainsi que l'accès aux ordinateurs et à Internet. En 2024/25, le réseau a prêté 530 267 documents physiques (+12 %) et 325 833 documents en ligne (+4 %). Il comptait 23 472 membres actifs (+5,7 %)[45]. Les bibliothèques d'Islington utilisent le LMS «Library Management Cloud[46]».

Cinq de ces bibliothèques (Mildmay, Nord, Ouest, Central et Finsbury) proposent également des ludothèques, où les parents peuvent emprunter des jouets pour leurs enfants[47],[48]. Le réseau gère un service de bibliothèque à domicile qui peut apporter des livres, des CD et des DVD aux résidents d'Islington qui ont du mal à se rendre dans une bibliothèque en raison de leur âge, d'un handicap ou de responsabilités familiales[49]. Le service est régulier et gratuit.

La bibliothèque organise également un certain nombre d'événements, allant des séances de lecture et de jeux pour les enfants aux cours d'exercice et de support de gadgets pour les adultes[50]. 62 789 personnes ont assisté à un événement dans une des bibliothèques (+9,7%), dont 29 633 enfants[45].

Titres les plus prêtés en 2024/25[51]
Classement Titre Auteur Nombre total d'émissions
1 Caledonian Road Andrew O'Hanagan 310
2 Intermezzo Sally Rooney 259
3 Butter Asako Yuzuki 232
4 Yellowface RF Kuang 197
5 Long Island Colm Tobin 179
6 The bee sting Paul Murray 170
7 You Are Here David Nicholls 162
8 No brainer Jeff Kinney 157
9 All fours Miranda July 154
10 Orbital Samantha Harvey 152

Bibliothèques composantes du réseau

En 2025, Islington exploitait un total de 10 bibliothèques publiques, ce qui signifie qu'Islington comptait une bibliothèque pour ± 22 000 habitants[3].

Bibliothèques North, West, Central et South

Une extension de la North Library fut utilisée comme salle d'hôpital pendant la Première Guerre mondiale

Les quatre bibliothèques historiques d'Islington sont des bibliothèques Carnegie et classées Grade II[11],[13],[12],[14]. Elles ont ouvert entre 1906 et 1921.

  • La North Library a été conçue par Henry T. Hare et a été inaugurée le par l'échevin Henry Mills JP, maire d'Islington[16]. Entre 1916 et 1921, la bibliothèque fut utilisée comme hôpital militaire[17].
  • La West Library a été conçue par Beresford Pite et construite par C. Dearing and Sons[15],[16]. Elle a été inaugurée le par l'échevin GS Elliott[13] et rouverte après rénovation en 2011[52]. Sur sa façade se trouve les 26 lettres de l'alphabet.
  • La construction de la Central Library débuta en 1906, aussi avec Hare comme architecte, et avec CP Roberts comme constructeur. Le bâtiment fut inauguré par Sir Arthur Rucker le [12]. Le bâtiment fut agrandi en 1973-1976[16], et rénové en 2019-2022[53]. Il demeure le siège du réseau.
  • La construction du bâtiment de la South Library commença en 1915 et s'acheva en . Le bâtiment a été conçu par Mervyn Macartney[54]. En 1920, la bibliothèque fut occupée par des chômeurs, qui furent expulsés, de force, le . Elle a été inaugurée le par EH King[14].

Finsbury Library

Entrée de la bibliothèque de Finsbury

La Finsbury Library était à l'origine censée être la bibliothèque centrale du Borough de Finsbury et a été construite dans le cadre du réaménagement du domaine de Skinners[55]. Le bâtiment a été conçu par Ludwig Franck[56]; il a remplacé la bibliothèque gratuite de Clerkenwell (construite en 1890), qui est reconnue comme la «première bibliothèque moderne de Grande-Bretagne» pour son utilisation de rayonnages ouverts en 1894[57]. Après la fusion de Finsbury avec Islington, la bibliothèque de Finsbury a fini par devenir une bibliothèque succursale - mais avec une capacité importante: elle abrite également le centre d'histoire locale d'Islington, le musée d'Islington, le centre de compétences informatiques d'Islington et le bureau du logement de la région.

Bibliothèques Archway, Lewis Carroll, Mildmay, N4, Cat and Mouse

  • La Archway Library ouvra ses portes le et fut le premier bâtiment municipal d'Islington à être équipé d'un éclairage fluorescent. Elle fut réaménagée par Alfred Head, et rouvra le [16].
  • La Lewis Carroll Children's Library ouvra en 1952, l'une des premières bibliothèques destinées aux enfants à Londres[20]. Elle a rouvert ses portes après rénovation en 2008 et reste la bibliothèque du réseau la plus populaire pour les visites scolaires[28].
  • La Mildmay Library fut conçue par CN Cowney et ouvra le [16].
  • La N4 Library se trouve à côté du bâtiment du Centre d'apprentissage tout au long de la vie du City and Islington College, sur Blackstock Road[27]. Tous deux ouvrirent en [58],[59].
  • La Cat and Mouse library ouvra ses portes le . Elle a remplacé la bibliothèque John Barnes, lors du réaménagement de la zone[60].

Couverture géographique

Selon le recensement de 2021, 97 % des habitants d'Islington vivaient dans une bibliothèque à moins de 15 minutes à pied, soit la proportion la plus élevée d'Angleterre et du Pays de Galles. Tous les habitants vivaient à moins de 30 minutes à pied. Selon l'enquête de participation 2023-2024, environ 33 % des habitants d'Islington ont fréquenté une bibliothèque publique au cours de l'année écoulée (± 5 pp)[61].

En 2024/2025, la bibliothèque du système comptant le plus de membres actifs était la bibliothèque centrale avec 5 793 membres, suivie des bibliothèques Archway et South[51].

Récompenses

  • En 2018, les bibliothèques d'Islington ont remporté un Social Media Award (décerné par le Publicity and Public Relations Group du Chartered Institute of Library and Information Professionals) pour sa campagne #Islington50s, qui visait à impliquer les résidents avec des recommandations de livres, de musique et de films des années 1950 à travers divers efforts sur les réseaux sociaux[62].
  • En 2018, Tony Brown, responsable du patrimoine et du développement des lecteurs au sein du réseau, a reçu la Médaille de l'Empire britannique. M. Brown travaillait au service des bibliothèques depuis 38 ans, son premier emploi étant à la bibliothèque John Barnes, aujourd'hui fermée, de Holloway. En recevant cette distinction, M. Brown a déclaré : « Les bibliothèques d'Islington sont bien plus que de simples lieux d'emprunt. Ce sont d'importants pôles communautaires, véritables lieux de lecture, d'apprentissage et de développement, et un espace sûr pour les habitants de tous horizons[63]. »

Dans la culture populaire

Références

Liens externes

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