Blanc (héraldique)

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Blanc (héraldique).

En héraldique, la couleur « blanc » est très rare car dans l'usage, elle a été supplantée par le métal argent, en particulier lorsque cet émail dénote l'absence de meubles, comme c'est souvent le cas dans les blasons militaires, notamment en Italie ; dans ce cas, l'usage se rapproche de « en blanc », comme dans chèque en blanc.

Parfois cependant, le blanc est expressément présent en tant que couleur, le plus souvent comme émail caractéristique pour la représentation des agneaux, des chevaux ou des cygnes.

Il se retrouve en tant que couleur dans les armoiries de certains ordres religieux. En , le pape Léon XIV l'a repris comme couleur de champ en pointe dextre de son blason.

Le mot blanc vient du germanique blank (pâle, clair) qui est directement passé dans les domaines gallo-romains[1] sous la forme bas-latine blancus attestée dans les langues romanes comme blanco en espagnol, bianco en italien et branco en portugais[2]. Il était utilisé par les soldats germains pour qualifier la robe des chevaux. Il a ainsi supplanté les deux adjectifs latins albus (d'un blanc mat) et candidus (d'un blanc éclatant)[1].

Histoire

Á l'époque médiévale, le mot blanc sert fréquemment à désigner l'argent[3], terme utilisé en ancien français à partir de 881-882[4]. Comme l'argent a tendance à se ternir rapidement, il est souvent représenté en peinture par le blanc[5]. Mais avant d'être supplanté, le blanc apparaît toujours sous les formes blanc, blank, blanchet pendant les XIIe siècle et XIIIe siècle[6]. Dans son glossaire des termes utilisés en héraldique, à l'entrée argent, James Parker remarque que le terme blanc (white dans le texte) est utilisé pour éviter toute confusion avec le métal lorsqu'il s'agit, par exemple, du pelage d'un animal. Il note aussi que le terme blanc (en français dans le texte) se retrouve parfois dans les anciens rôles d'armes (sans précision de siècle)[5].

Le site Notiziario Araldico a mis en ligne le un article débattant du blanc en héraldique à l'occasion de la publication des armes du pape Léon XIV. Tout en affirmant que « blanc n'existe pas en héraldique » sauf comme équivalent d'argent, il indique qu'il se trouve des cas d'armoiries qui ont utilisé l'émail blanc et que les héraldistes considèrent comme des exceptions, voire des anomalies. L'auteur prend pour exemple l'insigne de l'Ordre des Prêcheurs qu'il qualifie de « bien documenté ». Raffaele Coppola poursuit son développement en indiquant que tout en faisant leur la classification traditionnelle des couleurs, des héraldistes de notoriété ont, dans leurs ouvrages, « une entrée dédiée au mot blanc qu'ils reconnaissent comme distinct de l'argent »[7]. Cet article cite l'ancien professeur Carlo Tibaldeshi dont l'Istituto Araldico Genealogico Italiano a publié le Dictionnaire d'héraldique en 2020 et les co-auteurs du Manuel d'héraldique ecclésiastique dans l'Église catholique, l'ancien cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo et Antonio Pompilo qui affirment que « bien qu'il remplace fréquemment l'argent même dans les représentations chromatiques des armoiries, [le blanc] n'en est pas du tout un synonyme »[8]. Ces héraldistes contemporains font suite à d'autres plus anciens tel, au Royaume-Uni, Arthur Charles Fox-Davies qui traite de cette distinction et se dit le premier à l'affirmer : « I believe I am the first heraldic writer to assert the existence of the heraldic colour of white in addition to the heraldic argent »[9]. En Italie, Guelfo Guelfi Camajani indique quant à lui dans l'entrée Bianco de son dictionnaire que si le blanc a été remplacé par l'argent, « il se trouve aussi des fleurs, des animaux et des pièces héraldiques de cette couleur », citant par exemple les armes de Val di Chiana « D'or au boeuf de pelage blanc passant »[10].

En Italie

Notes et références

Voir aussi

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