Wikiwand AI

Bombardements israéliens de la bande de Gaza

bombardements aériens israéliens sur la bande de Gaza From Wikipedia, the free encyclopedia

Les bombardements de la bande de Gaza sont une campagne de bombardements aériens et à l'artillerie lourde, menée sur la bande de Gaza à compter du par l'armée israélienne pendant la guerre de Gaza. Selon les experts d'un comité spécial de l'ONU, entre et , l'armée israélienne a largué plus de 25 000 tonnes d'explosifs sur la bande de Gaza, soit l'équivalent de deux bombes nucléaires[4]. Puis, durant les dix-neuf premiers mois de la guerre, l'armée israélienne utilise 100 000 tonnes d'explosifs contre la bande de Gaza, selon le bureau des médias du gouvernement de la bande de Gaza[5].

Date Du 7 octobre 2023 au 10 octobre 2025
Faits en bref Date, Lieu ...
Bombardements de la bande de Gaza par Israël
Vue d'un ensemble de bâtiments détruits, ne subsistent que des tas de gravats et sur la gauche un bâtiment partiellement détruit. Il ne reste plus aucune bâtiment dans la zone photographiée.
Dommages causés par une frappe aérienne israélienne sur le quartier de Rimal dans la ville de Gaza, le .
Informations générales
Date Du 7 octobre 2023 au 10 octobre 2025
Lieu Bande de Gaza - Drapeau de la Palestine Palestine
Pertes
au moins 70 000 morts[note 1],[1]
au moins 170 000 blessés[2]
au moins 11 000 disparus[3]

Guerre à Gaza depuis 2023
Conflit israélo-palestinien
Conflit Gaza-Israël

Coordonnées 31° 27′ 00″ nord, 34° 24′ 00″ est
Fermer

La bande de Gaza a déjà été la cible de bombardements israéliens à plusieurs reprises avant cette date, dans le contexte du conflit israélo-palestinien. Notamment lors de précédentes guerres, de frappes préventives, ou en représailles à des tirs de roquettes en provenance de l'enclave. Ce qui distingue cette campagne par rapport aux autres bombardements est son ampleur sans précédent dans l'histoire du conflit, particulièrement dévastatrice et meurtrière[6].

Au cours de ces bombardements, les frappes aériennes israéliennes visent l'ensemble des localités, des camps de réfugiés palestiniens, des écoles, des hôpitaux, des mosquées, des églises et des infrastructures civiles de la bande de Gaza[7]. La guerre à Gaza depuis le a abouti, selon le Ministère de la Santé du Hamas, à la mort de plus de 70 000 Palestiniens, dont plus de 20 000 enfants, et à plus de 170000 blessés, dont plus de 40000 enfants[8],[9].

Israël est accusé de crimes de guerre et de génocide, en raison du grand nombre de victimes civiles et du pourcentage élevé d'infrastructures civiles détruites. Pour sa défense, Israël déclare avoir utilisé un système de notification d'évacuation à grande échelle et prétend que ses cibles sont utilisées par le Hamas.

En , des chercheurs de l'université de l'Oregon et de l'université de la ville de New York estiment que 62 % des bâtiments de la bande de Gaza sont endommagés ou détruits[10],[note 2].

Contexte

Le F-16I Sufa, utilisé par Israël pour le bombardement de la bande de Gaza[12].

La campagne israélienne de bombardement de la bande de Gaza commence dans les heures qui suivent l'entrée en Israël des assaillants du Hamas et de leurs alliés[13]. Lors de conflits antérieurs - comme la guerre de Gaza de 2014 - Israël a endommagé ou détruit des dizaines de milliers de bâtiments[14]. Les coûts de reconstruction lors de conflits antérieurs ont été estimés à plusieurs milliards de dollars[15].

Frappes israéliennes

Infrastructures médicales

Le F-35l Adir, chasseur-bombardier également utilisé par Israël[16].

Le , des avions israéliens F-35 bombardent les zones entourant l'hôpital Al-Shifa et l'hôpital al-Quds au cours d'une nuit décrite comme la « plus sanglante » du conflit jusqu'à présent[17],[18]. Le , les forces armées d'Israël bombardent la zone entourant l'hôpital al-Quds[19]. Le , Israël bombarde l'hôpital de l'amitié turco-palestinienne[20]. Le , le ministère de la Santé du Hamas déclare que 136 secouristes ont été tués et que 25 ambulances ont été détruites[21]. Le même jour, Israël bombarde un convoi médical à l'extérieur de l'hôpital al-Shifa[22], prétendant que l'ambulance était utilisée par le Hamas, ce qui amène Ardi Imseis, professeur à l'université Queen's, à déclarer qu'Israël doit prouver ce qu'il avance[23]. Le , au moins huit personnes sont mortes dans des frappes aériennes sur l'hôpital Nasser[24].

En , après 20 mois de bombardements continus, sur les 36 hôpitaux de l'enclave, seuls 17 restent encore partiellement fonctionnels[25].

Camps de réfugiés

Victime de frappe aérienne dans le camp de réfugiés de Jabaliya.

Le , des frappes aériennes tuent 436 personnes dans le camp d'Al-Shati et dans le sud de Khan Younès en une seule nuit[26],[27]. Le , l'armée de l'air israélienne bombarde des immeubles résidentiels dans le camp de réfugiés de Jabaliya sans avertissement préalable, tuant environ 50 personnes[28]. Le , une frappe aérienne sur le camp de réfugiés de Jabalia est qualifiée de « massacre massif »[29]. Le , une frappe aérienne israélienne sur le camp de réfugiés de Jabaliya tue trente personnes, l'équipe de défense civile de Gaza n'étant pas en mesure de sauver les blessés des décombres en raison d'un manque d'équipement[30]. Le , des images aériennes montrent que le camp de réfugiés d'Al-Shati, qui est l'une des zones les plus densément peuplées au monde avant la guerre, est complètement en ruines[31].

Écoles

Le , une frappe aérienne sur une école de l'UNRWA tue au moins six personnes[32]. Le , l'école Ahmed Abdel Aziz de Khan Younès est touchée[33]. Le , les FDI bombardent l'école Osama Ben Zai[34]. Le , Israël bombarde l'école Al-Fakhoora, tuant au moins quinze personnes[35]. Le , Israël bombarde et détruit l'université al-Azhar[36].

Le , des dizaines de personnes sont tuées après une frappe aérienne sur l'école al-Falah dans le quartier de Zeitoun, au sud de la ville de Gaza. Une frappe sur l'école Al-Fakhoora aurait tué au moins 50 personnes. Les sourds, les aveugles et les personnes souffrant d'un handicap intellectuel sont particulièrement menacés par les frappes aériennes. Le , une école de l'UNRWA à Beit Hanoun est détruite par une frappe aérienne israélienne.

En , après 20 mois de bombardements continus, les douze universités de l'enclave ont été complètement détruites par l'armée israélienne[37],[38].

Infrastructures

À la date du , après deux mois de bombardements israéliens, 60 % des infrastructures de Gaza sont détruites ou endommagées selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA)[39]. « Le niveau de destruction dans le territoire palestinien est supérieur à celui de l'Allemagne lors de la Seconde guerre mondiale » selon Josep Borrell, haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité[40].

Lieux de culte et sites historiques

L'église de la Sainte-Famille abritant la seule paroisse catholique de Gaza a été en partie détruite par un bombardement le . La mosquée Al Omari construite au VIIe siècle et sa bibliothèque comportant des vieux manuscrits ont été fortement endommagées le . Le palais du Pacha bâti au XIIIe siècle a lui aussi subi le même sort. En tout des centaines de sites religieux culturels et historiques ont été touchés, mosquées, cimetières, vestiges patrimoniaux ancestraux[41].

Personnes disparues

D'après l'ONU près de 11000 personnes sont portées disparues[42]. Depuis le cessez-le-feu les pelleteuses s'activent pour retrouver les corps ensevelis sous les décombres. Des recherches se font aussi dans les prisons israéliennes par l'intermédiaire d'associations.

Ciblage assisté par l'IA

Dans le cadre de la guerre à Gaza, les forces de défense israéliennes (FDI) utilisent l'intelligence artificielle pour déterminer/générer rapidement et automatiquement des centaines de cibles par jour dans ses bombardements à Gaza. Israël a considérablement étendu ses bombardements sur ce territoire, qui, lors des guerres précédentes, avaient été limités par le manque de cibles de l'armée de l'air israélienne[43].

Ces outils incluent Évangile, une IA qui examine automatiquement les données de surveillance à la recherche de bâtiments, d'équipements et de personnes soupçonnées d'appartenir à l'ennemi et, une fois trouvées, recommande des cibles de bombardement à un analyste humain qui peut alors décider de les transmettre ou non au terrain[44]. Un autre exemple est Lavender, une « base de données alimentée par l'IA » qui répertorie des dizaines de milliers d'hommes palestiniens liés par l'IA au Hamas ou au Jihad islamique palestinien, et qui est également utilisée pour la recommandation de cibles[45].

Les critiques pointent l’utilisation de ces outils mettant la vie des civils en danger, brouille les responsabilités et entraîne une violence militairement disproportionnée en violation du droit international humanitaire[46].

Bombardements par l'artillerie israélienne

Obusiers M109 israéliens utilisés pour bombarder la bande de Gaza[47].

Aux bombes larguées sur Gaza par les avions et les drones israéliens, s'ajoutent également les obus d'artillerie, tirés avec des cadences particulièrement élevées[47].

Chronologie

Pendant les six premiers jours de guerre, 6 000 bombes sont larguées par Israël, plus que par les États-Unis en un an en Afghanistan et le double employées par la coalition contre l'État islamique sur un mois[48].

Entre et , l'armée israélienne a largué plus de 25 000 tonnes d'explosifs sur la bande de Gaza, soit l'équivalent de deux bombes nucléaires, selon les experts d'un comité spécial de l'ONU[4].

En tout jusqu'en plus de 70 000 tonnes d'explosifs ont été utilisés sur un territoire de 365 km2 soit l'équivalent de six bombes nucléaires d'Hiroshima.

Reconstruction

Selon l'ONU la reconstruction de la bande de Gaza prendra des décennies et coûtera au total plus de 50 milliards de dollars[49]. La majeure partie soit plus de 90 % des bâtiments résidentiels sont détruits ou endommagés.

Réactions

Les réactions les plus courantes sont la dénonciation de crimes de guerre voire de génocide commis par l'armée israélienne. Ce dernier point fait l'objet de débat et n'est pas établi de manière certaine, même si une commission d'enquête de l'ONU l'affirme dans un rapport publié en [50]. Le gouvernement israélien nie toute intention génocidaire et invoque pour Israël son droit de se défendre contre une menace existentielle.

Analyse

Des manifestations ont eu lieu en soutien au peuple palestinien et contre le gouvernement de Netanyahou jugé d'extrême droite par une partie de la gauche. Mais des réactions hostiles à ces mouvements se sont aussi exprimées pour rappeler la nature terroriste du Hamas et l'extrême violence du pogrom du . Il est à noter aussi la montée de l'antisémitisme depuis cette date avec une hausse des actes à caractère antisémite en France et ailleurs dans le monde[51].

Crimes de guerre

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Timelines

Top Qs

Fact Checks