Bromus bromoideus
espèce de graminées
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Brome des Ardennes
Bromus bromoideus, le Brome des Ardennes, est une espèce de plantes à fleurs monocotylédones de la famille des Poaceae (les graminées) et de la sous-famille des Pooideae. Originaire de Belgique, elle était considérée comme éteinte à l'état sauvage, avant d'être réintroduite en 2022 grâce à des graines conservées. L'espèce a fait l'objet en 2005 d'une germination réussie, à partir d'anciens échantillons de graines.
Description
Distribution
Cette espèce se rencontrait autrefois dans les champs d'épeautre, sur sol calcaire, des provinces de Liège et de Luxembourg en Belgique, essentiellement autour des villes de Rochefort, Beauraing et Comblain-au-Pont. D'intenses prospections permettent d'en découvrir de nombreuses stations ; son aire s'étend « de la Meuse à la Vesdre, de Givet à l'ouest à Chaudfontaine à l'est, soit 90 km en longueur, sur 10 à 15 en largeur »[3]. Découverte pour la première fois en 1823, elle commence à se raréfier au début des années 1880[4].
En France, le brome des Ardennes est citée dans la Grande Flore en couleurs de Gaston Bonnier avec une répartition très réduite : « extrêmement rare et sans doute introduit dans le département des Ardennes à Givet[5]. »
Histoire
Découverte de l'espèce

Les botanistes Pierre-Joseph Michel et Barthélémy du Mortier découvrent cette espèce pour la première fois aux environs de Han-sur-Lesse, en 1822, mais sa panicule trop jeune laisse l’espèce indéterminée[6]. Pierre Michel, par ailleurs cultivateur-pépiniériste et auteur d’une Agrostologie belgique, ou Herbier des graminées, des cypéracées et des joncées[7], la retrouve en pleine floraison, à Aywaille. Du Mortier lui donne alors le nom de Michelaria bromoidea, en 1823[8],[a]. Lejeune la rebaptise ensuite Libertia arduennensis trois ans plus tard[9].
Libertia arduennensis est aujourd’hui un des synonymes du Brome des Ardennes[10].
Tentative de remise en culture

À l'époque de sa découverte, le Brome des Ardennes suscite un véritable engouement de la part des botanistes qui sont nombreux à vouloir la posséder et quelque 35 jardins botaniques la cultivent dans leurs collections ; en 1937, seuls cinq jardins (Liège, Copenhague, Lund, Bucarest, Léningrad) continuent à la cultiver et à en proposer des graines[11].
L'espèce était considérée comme éteinte dans la nature depuis les années 1930, quand, au début des années 2000, un petit échantillon de graines fut retrouvé dans les collections du Jardin botanique national de Belgique par David Aplin, un botaniste anglais, collaborateur de l'institution ; des prospections menées auprès d'autres institutions et collections privées mirent au jour d'autres échantillons de graines. Ces échantillons furent expédiés aux jardins botaniques royaux de Kew où les spécialistes du projet Millennium Seed Bank réussirent à les faire germer, « ressuscitant » ainsi cette espèce disparue[12],[13],[14].
Réintroduction dans la nature en Wallonie
En 2022, le Jardin botanique de Meise annonce avoir réintroduit avec succès le Brome des Ardennes dans un champ d'épeautre « bio » à Ciney[15].
Synonymes
Selon Catalogue of Life ()[16] :
- Bromus arduennensis Dumort. ex Kunth, nom. superfl.
- Bromus arduennensis Dumort., nom. provis.
- Bromus auriculatus Raspail, nom. superfl.
- Bromus grossus f. arduennensis (Rchb.) Tournay
- Bromus multiflorus var. arduennensis Rchb.
- Bromus multiflorus var. auriculatus Trevir.
- Bromus platystachys Desf., nom. illeg.
- Bromus secalinus var. bromoideus (Lej.) Lloret, nom. superfl.
- Bromus triaristatus Loisel.
- Bromus velutinus var. triaristatus (Loisel.) Mutel
- Calotheca bromoidea Lej.
- Libertia arduennensis Lej., nom. superfl.
- Libertia arundinacea Roth
- Michelaria arduennensis (Rchb.) Dumort., nom. superfl.
- Michelaria bromoidea (Lej.) Dumort.
- Serrafalcus arduennensis (Rchb.) Crép., nom. provis.