Cécidomyies des aiguilles du douglas
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les Cécidomyies des aiguilles du douglas (Contarinia pseudotsugae sensu lato) sont un complexe d'espèces de diptères de la famille des Cecidomyiidae qui provoquent des galles sur les aiguilles du douglas (Pseudotsuga menziesii). Ce complexe comprend trois espèces très proches morphologiquement : C. pseudotsugae, C. cuniculator et C. constricta qui ont une écologie similaire et ont été décrites en 1961 par Condrashoff (d) au Canada[1]. Elles ne doivent pas être confondues avec d'autres cécidomyies vivant sur le douglas, en particulier dans les cônes, comme Contarinia oregonensis[2].
Cycle de vie
Le cycle de vie a été décrit en détail au Canada par Condrashoff[3]. Les adultes pondent vers le mois de mai sur les jeunes aiguilles de l'année au niveau des bourgeons en train de débourrer. Les larves pénètrent ensuite dans les aiguilles et provoquent la formation d'une galle qui déforme les tissus et les colorent en jaune ou en rouge/pourpre et parfois peut déformer l'aiguille (variable selon les espèces[4]). Plusieurs larves peuvent pénétrer dans une même aiguille. Il faut ensuite attendre la mi-septembre pour voir apparaître le 3e (dernier) stade larvaire. Les larves quittent les aiguilles en novembre-décembre et sortent de préférence quand il fait froid, s'enterrent dans le sol et tissent un cocon sans se transformer en pupe pour passer l'hiver. Les larves de couleur rouge, jaune ou blanche peuvent couvrir le sol par millions à la fin de l'automne. Elles sont également capable de sauter comme d'autres larves de Cecidomyiidae en utilisant leur spatule sternale[5]. La pupaison a lieu vers le mois d'avril et les adultes qui ne vivent que quelques jours émergent vers le mois de mai.
- Femelle de Contarinia pseudotsugae
- Femelle de Contarinia pseudotsugae ayant déployé son ovopositeur
- Femelle de Contarinia pseudotsugae montrant les longues antennes graciles caractéristiques du groupe
- Larve de Contarinia pseudotsugae sensu lato dans une aiguille de douglas. La spatule sternale typique des Cecidomyiidae est bien visible.
- Larves de Contarinia pseudotsugae sensu lato dans une aiguille de douglas
- Galles provoquées par Contarinia pseudotsugae sensu lato
- Aiguilles de douglas déformées par les galles de Contarinia pseudotsugae sensu lato
Ennemis naturels
Lorsqu'elles se trouvent dans la galle, les larves sont peu vulnérables aux prédateurs et le fait qu'elles se laissent tomber au sol en fin d'automne par des températures froides et tissent ensuite immédiatement un cocon limite vraisemblablement la prédation sur les larves[3]. Par contre, plusieurs genres de parasitoïdes de l'ordre des hyménoptères (Platygaster, Tetrasticus, Tridymus, Torymus) peuvent parasiter une grosse proportion des populations et vraisemblablement participer au contrôle naturel. Ces parasitoïdes se développent dans les larves et l'essentiel de leur développent a lieu à la fin de l'hiver[3].
Distribution
Ces cécidomyies sont originaires du Canada et des États-Unis[2],[6].
En 2015 Contarina pseudotsugae sensu lato a été découverte en Belgique[7],[8] et aux Pays-Bas[9]. Elle est déjà très répandue à cette date en Belgique ce qui laisse supposer une introduction ancienne qui serait passée inaperçue[7]. Cependant la biologie de l'espèce et sa découverte indépendante dans deux pays voisins laissent supposer que les dégâts provoqués étaient jusque là négligeables et que ce n'est qu'à la faveur d'un pic important de population que des dégâts ont pu être observés. À la suite de ces découvertes, Contarina pseudotsugae a été placée en sur la liste d'alerte de l'Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP - EPPO)[10]. Cette liste n'implique pas de contraintes d'action contrairement aux listes de quarantaine mais vise à informer les états membres et à inciter au suivi d'espèces pouvant potentiellement avoir un impact économique. Elle a été signalée par la suite d'Allemagne[11] et de France[12].
Au Mexique la présence de Contarinia pseudotsugae sensu stricto et de Contarinia constricta a été confirmée[13]. Elles y sont considérées comme des "insectes exotiques de haut risque pour le Mexique"[13]. Contarinia constricta y est quant à elle considérée comme une espèce de quarantaine[14].