Café De Unie
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| Architectes |
Jacobus Oud, Carel Weeber (en) (rénovation) |
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| Propriétaire |
Municipalité de Rotterdam (en) |
| Usage |
| Adresse |
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| Coordonnées |
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Le Café De Unie est un bâtiment datant de 1925, situé à Rotterdam, aux Pays-Bas, et conçu par l'architecte J.J.P. Oud. L'édifice original se trouvait sur Calandplein et fut détruit en 1940. En 1986, une réplique de sa façade remarquable fut construite sur Mauritsweg. Le bâtiment a ensuite abrité un restaurant, un théâtre et un espace de débats. De 2014 à 2017, il a accueilli des événements nocturnes gays, puis a été transformé en établissement de restauration généraliste.
J.J.P. Oud reçut la commande du café par l'intermédiaire de son employeur, l'Office municipal du logement de Rotterdam. Il devait occuper temporairement un terrain vague situé entre deux imposants bâtiments du XIXe siècle sur la Calandplein, dans le prolongement du Coolsingel à Rotterdam. Le projet fut soumis à trois reprises au service de la police du bâtiment et du logement de Rotterdam. La construction fut autorisée à condition que le café soit démoli après dix ans. Il resta finalement en place pendant quinze ans, jusqu'à sa destruction lors du bombardement de Rotterdam le [1].
Bien qu'Oud n'était plus membre du mouvement De Stijl en 1925, son Café De Unie portait toutes les marques distinctives de ce mouvement : des surfaces rectangulaires aux couleurs primaires et des enduits blancs. Le bâtiment contrastait fortement avec le gymnase Erasmiaans adjacent d'une part, et l'institution caritative Maria Catharina Van Doorn d'autre part. « Faire du café un élément de liaison entre les bâtiments voisins était inacceptable », écrivait Oud. Cela aurait nécessité d'abaisser la hauteur d'un bâtiment à celle de l'autre, ce qui aurait été totalement inacceptable[2].
La façade est souvent comparée aux compositions asymétriques du peintre néerlandais Piet Mondrian des années 1920. Le motif incisé quasi-concentrique du plan rouge trouve son origine dans le bureau de chantier d'Oud à Witte Dorp (en français : village blanc), un bâtiment datant de 1923 (v. fig. 3), qui, comme le Café De Unie, était destiné à être démoli. De Unie est aujourd'hui considéré comme un exemple topique du mouvement De Stijl. Cependant, dès 1922, Oud s'opposa ouvertement à Theo van Doesburg, chef de file de ce mouvement, qui qualifiait le projet d'« architecture de façade décorative ». Des photographies et des dessins détaillés de De Unie furent publiés à l'automne 1925 dans un numéro spécial de la grande revue d'architecture française L'Architecture vivante, à consacré à De Stijl. Van Doesburg, en profond désaccord avec cette interprétation, prit publiquement ses distances avec la publication. Néanmoins, De Unie possède bel et bien des qualités tridimensionnelles, quoique d'une manière très subtile. L'enseigne lumineuse est positionnée de manière à être parfaitement visible sous différents angles (v. Fig. 2). De plus, Oud a délibérément encastré les murs latéraux du café afin de préserver l'indépendance de ce dernier par rapport aux deux bâtiments adjacents[3]. Aujourd'hui, De Unie occupe une place de choix dans le canon du mouvement De Stijl, aux côtés des compositions de Mondrian et de la Chaise rouge et bleue de Gerrit Rietveld[4].
- Fig. 1 : Café De Unie, Calandplein, Rotterdam. 1925.
- Fig. 2 : Café De Unie, Calandplein, Rotterdam. 1925.
- Fig. 3 : J.J.P. Oud. Bureau de chantier, à Witte Dorp, Oud-Mathenesse . 1923.
