Cahuita
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Cahuita est une localité et un district du canton de Talamanca, dans la province de Limón, au Costa Rica. Située sur la côte de la mer des Caraïbes, elle se trouve au sud de la ville de Limón et au nord de Puerto Viejo de Talamanca.
| Pays | |
|---|---|
| Subdivision | |
| Subdivision |
Canton de Talamanca |
| Superficie |
234,6 km2 |
| Altitude |
4 |
| Coordonnées |
| Population |
13 463 hab. |
|---|---|
| Densité |
57,4 hab./km2 |
| Statut |
District |
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| Fondation |
|---|
| Code postal |
70403 |
|---|
Le district de Cahuita couvre une superficie de 234,60 km2 et comptait 13 463 habitants en 2022[1]. Son territoire comprend, outre le bourg de Cahuita, plusieurs localités importantes du littoral caraïbe méridional, parmi lesquelles Puerto Viejo, Cocles, Hone Creek, Punta Uva et Manzanillo.
La localité est principalement connue pour le parc national de Cahuita, créé afin de protéger un ensemble de plages, de forêts tropicales, d’herbiers marins et de récifs coralliens. Cahuita constitue également l’un des principaux foyers de la culture afro-caribéenne du Costa Rica, notamment du calypso limonense, genre musical associé au chanteur et compositeur Walter Ferguson.
Toponymie
Le nom « Cahuita » est généralement rapproché de termes issus des langues autochtones de la région de Talamanca.
Selon une interprétation fréquemment rapportée, le nom dériverait de deux éléments : kawe ou cawi, désignant le sangrillo, un arbre local, et ta, signifiant « pointe » ou « extrémité ». Cahuita pourrait ainsi être compris comme la « pointe des sangrillos » ou la « pointe couverte de sangrillos ».
Les graphies et interprétations du nom ont varié selon les sources historiques. En l’absence d’une étymologie linguistique unanimement établie, cette explication doit être considérée comme traditionnelle plutôt que certaine.
Géographie
Situation
Cahuita se situe dans le sud-est du Costa Rica, sur le littoral de la mer des Caraïbes. Le centre du bourg est établi sur une étroite bande de terre comprise entre la côte et les espaces forestiers de l’intérieur.
La localité se trouve à environ 40 km au sud de Limón, capitale de la province du même nom, et à une quinzaine de kilomètres au nord de Puerto Viejo de Talamanca.
Le district appartient au canton de Talamanca, dont il constitue le troisième district administratif. Il est bordé par la mer des Caraïbes à l’est. Son territoire s’étend depuis les environs de Cahuita, au nord, jusqu’au secteur de Manzanillo et à la proximité de la frontière panaméenne, au sud-est.
Superficie et relief
Le district possède une superficie de 234,60 km2[2].
Le bourg de Cahuita est établi à environ 4 m au-dessus du niveau de la mer. La majeure partie du littoral est basse et se compose de plages, de cordons sableux, de zones marécageuses, de petites embouchures et de forêts littorales.
À l’intérieur du district, le relief s’élève progressivement en direction des contreforts de la cordillère de Talamanca. Cette diversité géographique explique la présence d’écosystèmes terrestres, côtiers et marins relativement variés.
Localités
Le district administratif de Cahuita comprend notamment les localités suivantes :
- Cahuita ;
- Buenavista, également appelée Katuir ;
- Bordón ;
- Carbón ;
- Carbón 1 ;
- Carbón 2 ;
- Catarata ;
- Cocles ;
- Comadre ;
- Dindirí ;
- Gibraltar ;
- Hone Creek ;
- Hotel Creek ;
- Keköldi ;
- Limonal ;
- Manzanillo ;
- Mile Creek ;
- Patiño ;
- Playa Chiquita ;
- Puerto Viejo de Talamanca ;
- Punta Caliente ;
- Punta Cocles ;
- Punta Mona ;
- Punta Uva ;
- une partie de Tuba Creek[2].
Cahuita désigne donc à la fois le chef-lieu du district et un territoire administratif beaucoup plus vaste englobant plusieurs villages côtiers.
Plages
La côte de Cahuita comporte plusieurs plages présentant des caractéristiques distinctes.
Au nord-ouest du bourg se trouve Playa Negra, dont le sable sombre provient de la concentration de minéraux d’origine volcanique. Elle s’étend le long d’une côte relativement ouverte et constitue l’une des principales plages accessibles depuis le centre.
Au sud du bourg commence Playa Blanca, située à l’intérieur du parc national de Cahuita. Elle doit son nom à son sable plus clair. La plage longe une forêt tropicale littorale et conduit vers Punta Cahuita, promontoire entouré par une partie du récif corallien.
Le district comprend également les plages de Puerto Viejo, Cocles, Chiquita, Punta Uva et Manzanillo.
Climat
Cahuita connaît un climat équatorial ou tropical humide caractéristique de la côte caraïbe du Costa Rica.
Les températures varient relativement peu au cours de l’année. Les maximales moyennes se situent généralement autour de 28 °C à 30 °C, tandis que les minimales restent le plus souvent supérieures à 20 °C.
Les précipitations sont abondantes et peuvent survenir toute l’année. Contrairement à la côte pacifique du Costa Rica, la façade caraïbe ne connaît pas de saison sèche longue et nettement délimitée.
Des périodes relativement moins pluvieuses apparaissent généralement en février et mars, puis en septembre et octobre. Cette dernière période correspond souvent à une météo plus stable sur la côte caraïbe, alors qu’elle appartient à la saison pluvieuse dans une grande partie du reste du pays.
L’humidité élevée favorise le développement de forêts tropicales denses, mais expose également la région aux inondations, à l’érosion côtière et aux dégradations liées aux fortes pluies.
Histoire
Populations autochtones
Avant la colonisation européenne, la région du sud caraïbe appartient à l’espace culturel et territorial de plusieurs peuples autochtones, notamment les Bribris et les Cabécars.
Leurs territoires s’étendent depuis les plaines côtières jusqu’à la cordillère de Talamanca. Ils entretiennent des réseaux d’échanges et utilisent les ressources de la forêt, des rivières et du littoral.
La colonisation espagnole demeure longtemps limitée sur cette côte, en raison de son climat humide, de son éloignement des principaux centres coloniaux et de la résistance des populations autochtones.
Formation de la communauté moderne
La communauté moderne de Cahuita se développe progressivement au cours du XIXe siècle. Des familles afro-caribéennes, principalement originaires de la Jamaïque et d’autres territoires britanniques des Caraïbes, s’installent sur le littoral.
Certaines vivent de la pêche, de l’agriculture de subsistance, de la culture du cacao et de la noix de coco. Elles établissent des habitations dispersées près de la côte et utilisent la mer comme voie de communication.
L’arrivée, à partir de la fin du XIXe siècle, de travailleurs afro-caribéens employés dans la construction du chemin de fer puis dans les plantations bananières transforme profondément la province de Limón.
Les nouveaux habitants apportent leurs langues, leurs traditions religieuses, leur architecture, leurs pratiques culinaires et leurs expressions musicales. L’anglais créole limonense devient l’une des principales langues communautaires de la région, aux côtés de l’espagnol et des langues autochtones.
Agriculture et économie bananière
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, l’économie de la côte caraïbe repose largement sur les plantations de bananes contrôlées par de grandes compagnies étrangères, notamment l’United Fruit Company.
La culture du cacao et de la noix de coco occupe également une place importante dans les petites exploitations familiales autour de Cahuita.
Les maladies des plantes, les fluctuations des cours mondiaux et les transformations de l’économie bananière entraînent toutefois plusieurs périodes de crise. Une partie de la population se tourne vers la pêche, le commerce local et, plus tard, vers le tourisme.
Déplacement du village
L’ancien établissement de Cahuita se trouvait plus près de l’actuel parc national et de Punta Cahuita.
Au cours de la première moitié du XXe siècle, les habitants déplacent progressivement le centre de la communauté vers son emplacement actuel, notamment en raison des difficultés d’accès, des conditions côtières et de l’évolution des voies de communication.
Le nouveau bourg se développe suivant un plan relativement régulier, autour d’un petit réseau de rues proches de Playa Negra et de l’entrée nord du parc national.
Création du district
Le district administratif de Cahuita est créé le 19 février 1970 par le décret exécutif no 13. Il devient le troisième district du canton de Talamanca[2].
Sa création accompagne la croissance démographique et administrative du sud de la province de Limón.
Population
Lors du recensement national de 2011, le district de Cahuita comptait 8 293 habitants, dont 4 185 hommes et 4 108 femmes[3].
L’estimation de la population et du logement réalisée en 2022 par l’Institut national de statistique et de recensement évalue sa population à 13 463 habitants, soit 7 198 hommes et 6 265 femmes[1].
Cette augmentation s’explique notamment par le développement résidentiel et touristique de Puerto Viejo, Cocles, Hone Creek et des autres localités comprises dans le district.
La population de Cahuita présente une importante diversité culturelle. Elle comprend des Afro-Costariciens, des Métis, des populations autochtones, des habitants venus d’autres provinces du Costa Rica et des résidents étrangers.
Culture
Héritage afro-caribéen
Cahuita constitue l’un des principaux centres de la culture afro-caribéenne du Costa Rica.
Une part importante de sa population descend de familles arrivées de Jamaïque et d’autres îles caribéennes aux XIXe et XXe siècles. Cet héritage se manifeste dans la musique, la cuisine, les traditions orales, l’architecture, les pratiques religieuses et les langues locales.
L’anglais créole limonense, proche du créole jamaïcain, est historiquement parlé dans de nombreuses familles. Son usage a toutefois diminué au profit de l’espagnol, notamment parmi les jeunes générations.
L’identité afro-caribéenne de Cahuita est aussi liée à l’histoire des discriminations subies par les populations noires du Costa Rica. Pendant plusieurs décennies, leurs possibilités de déplacement vers l’intérieur du pays et leur accès à la citoyenneté ont été limités.
Calypso limonense
Le calypso limonense est l’une des principales expressions musicales de Cahuita. Il dérive du calypso caribéen tout en ayant développé des formes, des rythmes et des thèmes propres à la province de Limón.
Les chansons sont traditionnellement interprétées en anglais créole. Elles racontent des événements locaux, commentent les comportements sociaux, évoquent la vie quotidienne ou tournent en dérision des personnalités de la communauté.
L’accompagnement peut comprendre le banjo, la guitare, les maracas, les percussions et une basse artisanale composée d’une caisse ou d’une bassine, d’un manche et d’une corde.
Le principal représentant du genre est Walter Ferguson, né en 1919 et mort en 2023, qui a vécu l’essentiel de sa vie à Cahuita. Surnommé le « roi du calypso », il a composé de nombreuses chansons consacrées à la vie du littoral caraïbe.
En 2019, à l’occasion de son centième anniversaire, le 7 mai est déclaré Journée nationale du calypso costaricien. Cahuita organise également des activités culturelles en hommage à son œuvre. La culture musicale afro-caribéenne de la localité demeure vivante dans les bars, les restaurants, les festivals et les rencontres communautaires[4].
Cuisine
La cuisine locale résulte de la rencontre entre traditions afro-caribéennes, costariciennes et autochtones.
Parmi les préparations courantes figurent :
- le rice and beans, riz et haricots cuits dans du lait de coco ;
- le poulet ou le poisson en sauce caribéenne ;
- le rondón, soupe ou ragoût à base de lait de coco, de poisson, de tubercules et de légumes ;
- le patí, chausson épicé généralement garni de viande ;
- le plantintá, pâtisserie à la banane plantain ;
- le pain et les desserts à la noix de coco ;
- les préparations à base de manioc, de banane plantain, d’igname et de fruit de l’arbre à pain.
Le piment, le gingembre, le thym, la noix de coco et les épices occupent une place importante dans cette cuisine.
Architecture
L’architecture traditionnelle de Cahuita se caractérise par des maisons en bois surélevées, adaptées à l’humidité, à la chaleur et aux risques d’inondation.
Les bâtiments disposent souvent de galeries ou de vérandas, de toitures métalliques inclinées et d’ouvertures facilitant la circulation de l’air.
Une partie de ce patrimoine architectural a disparu ou a été modifiée sous l’effet de l’urbanisation, du tourisme et du remplacement du bois par le béton.
Parc national de Cahuita
Création
Le principal espace protégé de la localité est le parc national de Cahuita.
En 1970, le gouvernement costaricien crée le Monument national de Cahuita afin de protéger le récif corallien et les écosystèmes environnants. L’aire protégée reçoit le statut de parc national en 1978[5].
La création de l’aire protégée entraîne initialement des tensions avec les habitants, certains terrains traditionnellement utilisés par la communauté ayant été intégrés au parc.
Un modèle de gestion associant l’administration publique et la communauté locale est ensuite progressivement mis en place. Cahuita est ainsi souvent présenté comme un exemple costaricien de participation communautaire à la gestion d’une aire protégée.
Milieux naturels
Le parc protège des forêts tropicales humides, des plages, des mangroves, des zones marécageuses, des herbiers marins et des récifs coralliens.
Sa partie terrestre longe la côte entre le bourg de Cahuita et le secteur de Puerto Vargas. Un sentier suit le littoral et permet d’atteindre Punta Cahuita.
La faune terrestre comprend notamment :
- le paresseux à gorge brune ;
- le paresseux d’Hoffmann ;
- le singe hurleur à manteau ;
- le capucin à face blanche ;
- le coati à nez blanc ;
- le raton crabier ;
- l’iguane vert ;
- le basilic commun ;
- plusieurs espèces de serpents, d’amphibiens et d’oiseaux.
Le parc constitue également une zone de ponte occasionnelle pour plusieurs espèces de tortues marines.
Récif corallien
Le récif de Cahuita s’étend sur environ 600 ha. Il est considéré par le Système national des aires de conservation comme le récif frangeant le mieux développé de la côte caraïbe costaricienne[6].
Il abrite des coraux, des gorgones, des éponges, des mollusques, des crustacés, des oursins et de nombreuses espèces de poissons.
Le récif a été affecté par plusieurs phénomènes :
- les dépôts de sédiments ;
- les fortes pluies et le ruissellement ;
- les séismes ;
- la pollution ;
- l’augmentation de la température de l’eau ;
- le blanchissement des coraux ;
- les activités humaines et touristiques.
La visite sous-marine de certaines parties du récif est réglementée et doit être effectuée avec des guides autorisés afin de limiter les dégradations.
Gestion communautaire
L’entrée du secteur de Playa Blanca, accessible depuis le bourg de Cahuita, fonctionne traditionnellement sur la base d’une contribution volontaire des visiteurs.
Les fonds recueillis servent notamment à l’entretien des installations, à la surveillance, à l’éducation environnementale et à des projets communautaires.
Ce système résulte d’une coopération entre le Système national des aires de conservation et les organisations locales. Il distingue le secteur de Cahuita de l’entrée de Puerto Vargas, où s’applique un tarif officiel.
Autres espaces naturels
Le sud du district comprend une partie du refuge national de vie sauvage mixte Gandoca-Manzanillo.
Cette aire protégée conserve des plages, des lagunes, des mangroves, des marécages, des forêts inondées, des récifs coralliens et des herbiers marins[7].
Le territoire de Keköldi, situé à l’intérieur ou à proximité du district, appartient à la population autochtone bribri. La région est notamment connue pour l’observation des migrations de rapaces.
Économie
Agriculture et pêche
Historiquement, l’économie de Cahuita repose sur la pêche, la culture du cacao, de la banane, de la noix de coco et de produits vivriers.
La pêche artisanale conserve une importance culturelle et économique, même si elle est désormais réglementée dans les zones protégées.
Le cacao a connu plusieurs périodes de déclin, notamment sous l’effet des maladies et des variations de prix. Il reste toutefois cultivé dans certaines exploitations du district et fait l’objet de projets de valorisation touristique et artisanale.
Tourisme
Depuis la fin du XXe siècle, le tourisme constitue l’une des principales activités de Cahuita.
La localité attire des visiteurs intéressés par :
- le parc national ;
- l’observation de la faune ;
- les plages ;
- la randonnée ;
- la plongée avec masque et tuba ;
- la culture afro-caribéenne ;
- la gastronomie ;
- le calypso ;
- les excursions dans le sud caraïbe.
L’offre touristique se compose principalement de petits hôtels, d’auberges, de maisons d’hôtes, de restaurants, de bars et d’entreprises de guides locaux.
Le développement touristique a créé des emplois et diversifié l’économie. Il a également entraîné une hausse du prix des terrains, une croissance de la construction, une pression sur les ressources en eau et des transformations sociales.
Transports
Cahuita est desservie par la route nationale 36, qui relie Limón à Sixaola, près de la frontière avec le Panama.
La route nationale 256 dessert Puerto Viejo et se prolonge vers Manzanillo.
Des services réguliers d’autobus relient Cahuita à Limón, Puerto Viejo et San José. Le trajet routier depuis la capitale dure généralement entre quatre et cinq heures, selon la circulation et les conditions météorologiques.
Les déplacements à l’intérieur du bourg s’effectuent facilement à pied ou à bicyclette. Dans les secteurs plus éloignés du district, les habitants utilisent des automobiles, des motos, des taxis et des services d’autobus locaux.
Environnement et enjeux contemporains
Cahuita est confrontée à plusieurs enjeux environnementaux.
L’érosion côtière affecte certaines plages et infrastructures. Elle peut être accentuée par les tempêtes, les courants, l’élévation du niveau marin et les aménagements réalisés près du rivage.
Les récifs coralliens sont fragilisés par le réchauffement de l’eau, les épisodes de blanchissement, la sédimentation et la pollution.
L’augmentation de la population et de la fréquentation touristique exerce également une pression sur :
- l’approvisionnement en eau potable ;
- le traitement des eaux usées ;
- la gestion des déchets ;
- les habitats naturels ;
- les zones humides ;
- les terrains côtiers.
La conciliation entre le développement touristique, les droits des communautés locales et la protection de l’environnement constitue l’un des principaux défis du district.
Personnalités liées à Cahuita
- Walter Ferguson (1919-2023), chanteur, musicien et compositeur de calypso costaricien, a vécu et travaillé à Cahuita pendant l’essentiel de sa vie.
- Danny Williams, chanteur et compositeur de calypso limonense.
- Kawe Calypso, groupe associé à la diffusion du calypso local.
