Dès le , le père Bonaventure, de retour à Aguts, organise un grand pèlerinage jusqu'à la croix, auquel auraient participé près de deux ou trois mille paroissiens des environs. Devant l'engouement de la population pour cet événement, il fait appel à Jean-Émile Fonteneau, archevêque d'Albi, qui inaugure le calvaire le , puis qui lui fait don d'une relique de la Sainte-Croix. Le , au cours d'une impressionnante cérémonie, ce précieux objet est serti dans la grande croix. Le de la même année, un nouveau pèlerinage mené par l'archevêque d'Albi réunit plusieurs milliers de personnes, à l'occasion de l'édification d'un chemin de croix.
La détermination du père Bonaventure et du curé d'Aguts, Mr Fargues, conduit à la construction de la chapelle du calvaire, mais surtout à l'obtention d'une croix bénie à Jérusalem, privilège très rare et généralement réservé aux plus grands sanctuaires catholiques. L'arrivée de cette croix est l'objet d'un immense engouement. Elle est exposée quelques jours en la cathédrale Saint-Benoît de Castres, puis deux semaines en la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi, où elle est bénie une dernière fois avant de rejoindre sa destination finale, le calvaire d'Aguts, au cours d'une immense cérémonie le [1].
En 1908, une croix de fer remplace l'ancienne en bois détruite par une tempête en 1906. Elle est de nouveau changée en 1993, à cause de la rouille. Deux ans plus tard, en 1995, la chapelle est restaurée. À partir des années 2000, la paroisse signe un accord avec la commune: celle-ci assure l'entretien du monument et en échange, le lieu devient public et accessible à tous[2]. Aujourd'hui encore, deux fêtes religieuses sont organisées par an, une le et l'autre le .
Architecture
Le calvaire se présente sous la forme d'une large terrasse au sommet de la colline Litrone, avec une croix monumentale sur laquelle est crucifié Jésus, entouré de deux statues, ainsi qu'une chapelle, un chemin de croix, deux petites grottes et les croix des mauvais larrons.
La chapelle est de style roman et se présente sous la forme d'un carré de 20 mètres de côté. Elle complète le chemin de croix du calvaire, en comportant une mise au tombeau. Cette dernière est composée d'un autel surplombant huit sculptures de personnages bibliques. Jésus est placé dans son sépulcre par Nicodème et Joseph d’Arimathie, tandis que la Vierge Marie est soutenue par Marie Cléophée et Marie Salomé. Marie Madeleine et Jean tiennent entre leur mains des objets liturgiques. À l'arrière-plan, une figure de Jésus sort vivant du tombeau ouvert (symbole de la Résurrection). Cette œuvre est conçue à l'origine au XVIesiècle par Michel Colombe pour l’abbaye de Solesmes, mais l'artiste meurt avant de la terminer, ce qui est fait par un sculpteur italien anonyme[1].