Camp d'internement de Rouillé

camp d'internement français dans la Vienne entre 1941 et 1944 From Wikipedia, the free encyclopedia

Le camp d'internement de Rouillé était situé à Rouillé (Vienne). Il est ouvert en septembre 1941 par le régime de Vichy, puis sert après la Seconde Guerre mondiale de camp de prisonniers de guerre.

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Histoire

Un centre de séjour surveillé est ouvert à Rouillé par le régime de Vichy le 6 septembre 1941[1],[2]. Il couvre une superficie d'environ 1,5 hectare, à proximité de la ligne de chemin de fer Poitiers - La Rochelle[3]. Une clôture est dressée entre le camp et la voie ferrée afin que les passagers des trains ne voient pas l'intérieur[4].

Une quinzaine de baraques[5] sont destinées à l'internement de plusieurs groupes d'individus :

  • Les prisonniers politiques, majoritairement communistes, parmi lesquels des républicains espagnols (environ 35  % du nombre total d'internés) ;
  • Les individus considérés par les autorités comme « dangereux pour l'ordre public » ;
  • Des condamnés de droit commun (19 % du total).
  • Des trafiquants du marché noir (40 % des détenus)[6] ;
  • Des étrangers considérés comme indésirables par l'Etat : Espagnols, mais également Russes, Arméniens, Italiens, Portugais, etc. (6 % des internés).
Plan du camp en 1941

Au total 1780 personnes ont été internées au camp de Rouillé.

Les 127 premiers prisonniers du camp étaient des communistes de la région parisienne, précédemment détenus au camp d'Aincourt[3],. Au cours des années suivantes, le nombre de personnes internées dans le camp fluctue[1] :

  • 577 en novembre 1941,
  • 638 en novembre 1942,
  • 274 en novembre 1943,
  • 379 en juin 1944.

Les 7 mars et 9 avril 1942, neuf otages communistes du camp de Rouillé furent fusillés sur la butte de Biard.

Les conditions matérielles et sanitaires du camp sont décrites comme absolument déplorables[réf. nécessaire]. La seule exception est l'arrivée des colis d'aide, fournis par une religieuse catholique, sœur Jeanne Chérer[1].

Des tentatives d'évasion d'internés ont eu lieu, avec un soutien extérieur ; une évasion réussie a finalement conduit à la fermeture du camp.

Le camp, où sont enfermées encore 379 personnes, est attaqué par des Francs Tireurs et Partisans dans la nuit du 11 au 12 juin 1944, ce qui permet à 47 internés de rejoindre le maquis[7]. Après l'attaque, les internés restants sont transférés au camp de la Route de Limoges.

Après la Libération, le camp de Rouillé devient un camp pour les officiers allemands prisonniers. Jusqu'à 900 militaires y sont emprisonnés[8]. Un silo construit par des prisonniers de guerre allemands en 1945-1946 existe encore aujourd'hui.

Bibliographie

  • Denis Peschanski, Les camps français d’internement (1938-1946), doctorat d'Etat en histoire, université Panthéon-Sorbonne Paris 1, 2000, en ligne sur HAL.
  • Gabriel Peronneau. "L'existence et la mémorialisation du camp de Rouillé (Vienne, Nouvelle-Aquitaine, France)". Workshop ReSI, Mars 2023, Paris Nanterre (hal-05511826)
  • Archives départementales de la Vienne, "Des camps dans la Vienne. 1939-1945. Contrôle, exclure, persécuter", catalogue d'exposition, 2016, en ligne.

Liens externes

Références

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