Hydrochoerus isthmius
espèce de mammifères
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Capybara de Panama, Cabiaï de Panama
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Rodentia |
| Sous-ordre | Hystricomorpha |
| Infra-ordre | Hystricognathi |
| Famille | Caviidae |
| Sous-famille | Hydrochoerinae |
| Genre | Hydrochoerus |
Répartition géographique
Le Capybara de Panama Hydrochoerus isthmius, également connu sous les noms de Cabiaï de Panama, est une espèce de rongeurs hystricognathes de la famille des Cavidés. Ce rongeur vivant dans les zones humides à l'extrême nord de l'Amérique du Sud et au Panama ressemble beaucoup à l'espèce voisine, le grand capybara (H. hydrochaeris).
Dénomination
- Nom scientifique valide : Hydrochoerus isthmius Goldman, 1912.
- Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Cabiaï de Panama[3], Capybara du Panama[4], Petit capybara ;
- Noms vernaculaires (langage courant) : Capybara, Cabiaï, Hydrochère.
L'épithète spécifique isthmius est issu de son lien avec l'isthme de Panama. Bien que les noms vernaculaires soient partagés avec l'espèce parente, les noms vulgaires permettent de distinguer ce taxon par sa taille réduite et sa localisation géographique spécifique.
Taxonomie
En 1912, le naturaliste américain Edward Alphonso Goldman révolutionne la perception du genre Hydrochoerus en publiant la description initiale de l'espèce dans les Smithsonian Miscellaneous Collections, à partir d'un spécimen mâle collecté à Marragantí. Loin d'être une simple variante géographique, ce « petit capybara » se distingue d'emblée par ses dimensions modestes et un pelage aux teintes plus sombres, mais c'est l'examen minutieux de son crâne qui scelle son identité scientifique. Goldman y relève des os frontaux plus épais et des processus ptérygoïdes singulièrement courts et arrondis par rapport à l'espèce commune [5].
Reconnu comme espèce distincte par Mones en 1991 à la suite d'analyses génétiques, il est plus petit que son cousin (environ 27 à 28 kg contre une soixantaine en moyenne[3]) et possède un caryotype différent (2n = 66 contre 2n = 64)[6]. Bien que proches, les deux espèces peuvent s'hybrider, ce qui pourrait compromettre leur survie respective à long terme[7].
Description


Le capybara de Panama présente une silhouette identique au grand capybara mais avec des dimensions réduites, atteignant une longueur tête-corps d'environ 100 cm pour un poids maximal de 28 kg[8]. Son pelage est généralement plus foncé, allant du brun roussâtre au brun argile, souvent plus sombre sur le dos que sur le ventre[9].
Le crâne présente des caractéristiques distinctives : les processus du ptérygoïde sont plus courts et arrondis, et les os prémaxillaires se terminent nettement plus loin de l'ouverture des incisives que chez le grand capybara[9]. Comme son cousin, il possède des pattes partiellement palmées et des organes sensoriels (yeux, oreilles, narines) positionnés haut sur la tête, une adaptation à son mode de vie semi-aquatique[10].
Écologie et comportement
Habitat et répartition
Cette espèce est limitée à l'est du Panama, au nord de la Colombie et au nord-ouest du Venezuela, occupant les zones humides à l'ouest des Andes[11]. C'est un animal semi-aquatique qui fréquente les marais, les étangs, les lagunes et les estuaires. Selon la pression de chasse, on le trouve seul ou en petits groupes de cinq individus en moyenne[9]. Il est principalement nocturne, bien qu'il puisse être observé à l'aube ou au crépuscule dans les zones protégées comme le canal de Panama[9].
Alimentation
Essentiellement herbivore, il broute des herbes et des plantes aquatiques. Durant la saison sèche, il peut se rabattre sur les roseaux, les céréales, les melons ou les courges. Un adulte consomme environ 2,7 à 3,6 kg de nourriture par jour. Il pratique également la cæcotrophie pour optimiser la digestion des fibres[12].
Reproduction
La reproduction a lieu toute l'année, exclusivement dans l'eau. Les femelles en œstrus attirent les mâles par des sifflements nasaux[10]. La gestation est plus courte que celle du grand capybara, durant environ 104 à 111 jours. La portée moyenne est de 3,5 petits (allant de 1 à 7)[13].
Menaces et conservation
L'espèce est classée en « Données insuffisantes » (DD) par l'UICN[13]. Bien qu'elle soit présente dans des zones protégées au Panama, elle subit en Colombie et au Venezuela une forte pression due à la chasse pour sa viande, ainsi qu'à la déforestation et au drainage des zones humides pour l'agriculture[13]. Ses prédateurs naturels incluent le caïman à lunettes, le crocodile américain, le boa constricteur et la harpie huppée[9].
