Carlo Giuliani
étudiant et militant « no-global » italien
From Wikipedia, the free encyclopedia
Circonstances du décès
Carlo Giuliani est tué par balle lors d'une manifestation tournant à l'affrontement violent avec les gendarmes italiens (carabinieri), lors du contre-sommet organisé par le Genoa Social Forum en marge du sommet du G8. Face aux manifestants à proximité de la « zone rouge », où se trouve le Palais ducal qui accueille le G8, ordre est donné aux forces de l'ordre de dégager les artères principales. Charges des policiers anti-émeutes et contre-charges des activistes se succèdent. Un Land Rover Defender 4x4 occupé par trois carabiniers est bloqué par des manifestants qui l'assaillent. Carlo Giulani s'apprête à lancer un extincteur sur la porte arrière du véhicule. Un des carabiniers tire sur lui au pistolet : il est touché à la tête et tombe. Les activistes se dispersent, et le Defender manœuvre rapidement pour s'échapper, roulant à deux reprises[1] sur le corps de Carlo Giuliani[2],[3],[4].
Enquête et suite
En , le ministre de l'intérieur Claudio Scajola chargé d'assurer la sécurité du sommet affirme avoir « été obligé de donner l'ordre de tirer » à la police[5] mais se rétracte peu après[6], à la suite de la polémique déclenchée par ses propos[7],[8],[9].
L'affaire est classée sans suite par la justice italienne en 2003 en abandonnant toutes les charges contre Mario Placanica, le carabinier de 24 ans qui a tiré[10]. La Cour européenne des droits de l'homme condamne l'Italie en première instance le , pour des « manquements dans l'enquête sur la mort de Carlo Giuliani » et alloue « 15 000 euros aux parents de la victime et 10 000 à sa sœur »[11].
La même Cour a finalement acquitté l'État italien par un jugement définitif[12]. En , la Cour européenne des droits de l'Homme a en effet blanchi l'Italie de toute responsabilité dans la mort de Carlo Giuliani, « Le recours à un moyen de défense potentiellement meurtrier, tels des coups de feu, était justifié », estime dans son arrêt définitif la Cour de Strasbourg[13].
Mémoire
La place où il fut tué, la Piazza Alimonda, est renommée Piazza Carlo Giulani par les manifestants qui ont également érigé un mémorial.
Une autre place, à Berne, la capitale suisse, a également été nommée Carlo-Giuliani Platz. Le changement de nom se fit durant une exposition-mémorial d'art nommée les géométries de la mémoire[14].
Un comité partisan Piazza Carlo Giuliani[15] a été créé pour informer sur les faits de , réaffirmer le droit d'exprimer ses idées et de manifester, et également soutenir des initiatives de solidarité internationale.
Bibliographie
- Cour européenne des droits de l'homme, Affaire Giuliani et Gaggio contre Italie, Requête n° 23458/02, Strasbourg, , texte intégral.
- Francesco Barilli, Manuel De Carli, Bello Ciao. G8, Gênes 2001 (trad. de l'italien par Emanuela Scalabrin et Jean-Marc Pontier), Golfe Juan, Les enfants rouges, 2013 (Bande dessinée originale : Carlo Giuliani, il ribelle di Genova, BeccoGiallo, 2011).
- Roberto Ferrucci, Cosa cambia, roman, Marsilio, 2007
- En français : Ça change quoi, trad. Jérôme Nicolas, préf. Antonio Tabucchi, Le Seuil, coll. Fiction & Cie, 2010
Filmographie et discographie
- Carlo Giuliani, ragazzo de Francesca Comencini - Italie - 63 min. Images de la manifestation et interview de Haidi Giuliani, mère de Carlo Giuliani
- Don’t Clean Up The Blood de Primitivi - 2001 - 45 min. Documentaire sur la répression du G8 de Gênes 2001
- Le jeune homme exposé : Gènes 2001, pièce de théatre d'André Benedetto
- Carlo Giuliani du groupe anarcho-punk Conflict
- Rabbia dentro il cuore du groupe de street-punk italien Los Fastidios
- Solamente por pensar du groupe de ska punk espagnol Ska-P relate le meurtre de Carlo Giuliani
- Genova 2001 du groupe français de hip-hop oriental, Hydra
- Carlo du groupe de street-punk français Brixton Cats
- Rotta indipendente du groupe italien Assalti Frontali
- 200701 du groupe de hardcore punk italien Skruigners
- Sous les balles du groupe de Oi! français Hors Contrôle
- Muerte accidental de un anarquista du groupe de punk espagnol militant CNT-FAI Los Muertos de Cristo
- Genoa Libera du groupe de Oi! français Brigada Flores Magon
- La canzone di Carlo du groupe rock-folk italien Casa del vento (2002)
- Piazza Alimonda du chanteur italien Francesco Guccini
- L'enragé du groupe guérinais Viande Rouge
- G(enoa)8 du groupe de ska punk français Mister Jingle (2008)
- Resistancia du groupe Irie Révoltés
- Genova Brucia du chanteur italien Simone Cristicchi (2010)
- Carlo Giuliani du groupe de rap anarchiste grec Javaspa
- Let me bleed du compositeur Luca Francesconi
- Diaz : un crime d'État, un film italien réalisé par Daniele Vicari (2012)
- Gênes 01, une pièce écrite par Fausto Paravidino
- Voilà tout ce qu'on peut faire: chanson d'Axelle Red, dédiée à Carlo Giuliani[16]
- Don't Clean Up This Blood du groupe italien Obscene Revenge