Centre d'instruction pour Européens
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Du au , le Centre d’instruction pour Européens (C.I.E.) de Luluabourg fut chargé de la formation des volontaires de guerre.
Après l’invasion de la Belgique le par l’armée allemande, la nation entra en guerre contre le 3e Reich.
Au Congo belge la mobilisation de la Force publique fut décrétée pour le [1], ce qui allait impliquer une augmentation de l’encadrement européen en prévision de l’accroissement futur des effectifs de soldats congolais.
Cependant en 1940, selon la Constitution belge, nul ne pouvait être obligé d’effectuer un service militaire au Congo belge. Pour aider nos alliés, le Gouverneur Général Pierre Ryckmans autorisa l’enrôlement de jeunes volontaires belges de 17 à 25 ans présents dans la colonie.
Deux cents de ces volontaires de guerre partirent se former dans les écoles d’aviation de la South Africa Air Force[2].
Les autres furent destinés à être instruits dans un nouveau centre réservé aux Européens, à créer dans la colonie.
Choix du lieu
Le plateau des Bianos, avec son centre de repos et de villégiature, offrait un bon climat mais se trouvait à 45 km des voies de communication. Elisabethville et Léopoldville ne furent pas retenus car offrant trop de distractions aux futures recrues.
Finalement Luluabourg fut choisi car le climat y était correct et la ville était reliée au chemin de fer[3] tout en ayant une plaine d'aviation. L'emplacement du nouveau centre se situait à 1 km du centre ville et à 3 km du camp militaire de la Force publique abritant un bataillon à cinq compagnies[4]. La ville n'offrait que peu de loisir aux recrues si ce n'est le bar de l'Hôtel des Aviateurs ou de la Bonne Auberge.
Infrastructure

Les travaux débutèrent en pour ce nouveau centre d’instruction comprenant :
- un portail d’entrée avec, de part et d’autre, un corps de garde et un local disciplinaire ;
- un parade ground après l’entrée ;
- une rangée de 4 bâtiments de 25x10 m à gauche et une autre à droite de ce parade ground ;
- dans le fond du parade ground un 9e bâtiment de 25x10 m le délimitant ;
- à l’arrière de ce 9e bâtiment se trouvaient une douzaine de petites constructions en dur pour le logement des soldats congolais affectés au C.I.E.
Ces 9 bâtiments servaient de chambrées, réfectoire et cuisine, installations sanitaires, infirmerie, salles de cours, hangars pour les manipulations d’armement, … pour les recrues. Une chambrée comprenait 2 rangées de 10 lits séparés par des cassettes individuelles, et un râtelier pour les fusils Mauser 1936 avec leur baïonnette[5].
- 4 maisons pour le cadre instructeur belge en dehors du C.I.E.
Encadrement du centre
Il comprenait le capitaine Six, commandant de l’école, un officier adjoint instructeur, deux adjudants instructeurs et un sous-officier secrétaire-comptable, tous belges.
La troupe congolaise se montait à une septantaine de gradés et soldats commandée par un adjudant belge.
Organisation de la formation

A part les conditions d’aptitudes physiques, aucune autre restriction ne fut imposée dans le choix des recrues. Leur niveau d’études allait de quelques années primaires à des études moyennes complètes.
Le jour de leur arrivée, les cadets étaient partagés en deux pelotons, chacun sous le commandement d’un adjudant instructeur.
L’instruction consistait en :
- une durée de 4 à 6 mois pour les cadets, comprenant la formation de base du fantassin et l’apprentissage du lingala (unique langue vernaculaire utilisée dans la Force publique).
- 15 jours de permission, puis les cadets jugés inaptes à devenir chef de peloton furent versés dans les unités techniques. Ils pouvaient y être ultérieurement promus au grade d’aspirant ;
- les autres (devenus aspirants candidats chefs de pelotons) avaient une deuxième formation de 4 à 6 mois les préparant à encadrer la troupe congolaise. Ceux ayant réussi l’examen de sortie furent nommés aspirants et versés comme adjoint à des chefs de peloton d’infanterie (52 hommes).
Les cadets recevaient non pas une simple solde de milicien (ce qu'ils n'étaient pas), mais un traitement correspondant à leur grade dans l'administration coloniale. En contrepartie ils payaient leurs uniformes, leurs repas, leurs boissons, ainsi que l'entretien de leurs tenues et du dortoir par du personnel local[3].
Effectifs formés
1ère Session
Le , 62 recrues arrivèrent par chemin de fer. La section des cadets se termina le .
Le , 45 aspirants candidats entamèrent leur formation qui se termina par la promotion de 32 aspirants le . Ces derniers furent promus adjudant au début de 1943.
45 militaires issus de cette session se retrouvèrent dans les Corps expéditionnaires de Nigérie et d’Egypte[6].
2e Session

Le , 75 cadets entamèrent leur formation qui se termina le avec la promotion de 49 élèves comme aspirant candidat.
Du au ces derniers poursuivirent leur formation et 47 réussirent l’examen de sortie d’aspirant.
57 militaires de cette session furent envoyés en Egypte.
Après la guerre deux d’entre-eux poursuivirent une carrière à la Force publique, et quatre dans l’armée belge[5].
3e Session

Le , 57 cadets débutèrent leur formation qui se termina le avec la sortie de 44 aspirants.
Seuls 7 cadets arrivèrent début 1944 en Egypte[7], car le la mutinerie de certains soldats congolais à Luluabourg amena le commandement de l’école à affecter les cadets à la garde de la population européenne de la ville.
4e Session
Le , 62 cadets entamèrent leur formation dont 16 furent démobilisés à l’issue de la section des cadets.
Les autres poursuivirent les cours d’aspirant candidat qui prit fin le .
Au total le C.I.E a formé 250 cadets dont 157 devinrent aspirants. Mais seule une centaine des volontaires formés au C.I.E. rejoignit les corps expéditionnaires avant leur retour dans la colonie fin 1944. Après la guerre quelques aspirants/adjudants passèrent dans les cadres actifs de la Force publique.