Certitude

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La certitude est l'assurance pleine et entière de l'exactitude de quelque chose.

Antiquité

L'emploi du concept de « certitude » a, depuis l'Antiquité, été l'objet de multiples mises en garde philosophiques en la désignant souvent comme un idéal. Platon, dans La République, s'interroge sur une certaine illusion du savoir : une certitude immédiate (ou opinion) que l'on devrait distinguer de la vérité, en cela qu'elle puisse en avoir les apparences sans l'être tout à fait.

Philosophiquement, le concept de certitude ne recoupe donc pas a priori les notions de vrai et de faux. C'est généralement par la Philosophie, par les Mathématiques ou par l'« âme » que cet idéal peut-être atteint : notons cependant que cette réflexion se borne à une démarche métaphysique, et ne saurait encore être considérée d'un point de vue purement physique (principe d'incertitude de Werner Heisenberg), mathématique (Théorèmes d'incomplétude de Gödel), voire linguistique (Bertrand Russell, Ludwig Josef Johann Wittgenstein).

Renaissance

René Descartes, mathématicien physicien et philosophe, aspire avec le projet cartésien à une science universelle déduite des lois mathématiques. Distinguant d'une part l'esprit et d'autre part le corps, il attribue à ce dernier des propriétés déductibles par l'emploi de « certitudes mathématiques », elles-mêmes déduites de lois plus générales.

Le projet cartésien se rapproche donc d'un certain scientisme, en cela qu'il ne rejette pas l'existence de loi dont la véracité ne pourrait plus être mise en doute. En quelque sorte, il considère comme étroitement liés le concept de Certitude et les concepts mathématiques. Toutefois que la distinction corps/esprit ne permet pas, selon le projet cartésien, de conclure que les concepts mathématiques soient les substrats uniques de la certitude : l'existence d'une âme, comme substance pensante, ne fait aucun doute pour Descartes et constitue bien en soi une autre forme de certitude, telle que formulée par le petit Larousse.

Blaise Pascal, auteur des Pensées, ne portera ses certitudes que dans la foi : lui-même scientifique et grand mathématicien de l'époque, reconnait dans la science des limitations fondamentales qui ne peuvent lui permettre d'acquérir de certitudes absolues. Il reporte alors cet idéal dans la foi (comme en témoigne, son pari) :

« Comme je ne sais d’où je viens, ainsi que je ne sais non plus où je vais ; je sais seulement qu’en sortant de ce monde, je tombe pour jamais ou dans le néant, ou dans les mains de Dieu. »

« Dieu est ou Il n’est pas ! Mais de quel côté pencherons-nous ? La raison ne peut rien déterminer… donc quel pari prendre ?… Prenez le gain et la perte… Dieu est ou n’est pas. Estimons ces deux cas - si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu’Il est, sans hésiter. »

Incomplétude, incertitude et statistiques

Le monde physique, toutefois, va connaître plusieurs bouleversements épistémologiques qui vont, au moins dans la sphère scientifique, substituer au terme certitude celui plus relatif de probabilité.

Pierre-Simon de Laplace (XVIII), mathématicien et physicien français, est notamment connu pour sa conception d'un démon (ou démon de Laplace) capable de connaître, à un instant donné, tous les paramètres de toutes les particules de l'univers. Dans cette perspective, l'auteur adopte une position dite « déterministe », soit une conception philosophique et scientifique se voulant capable d'inférer ce qui doit être, de ce qui est. En d'autres termes, Laplace fonde ce concept sur la notion de cause à effet : toute cause produira invariablement les mêmes effets, ce qui permettrait à un tel démon de prédire l'avenir et de connaître avec certitude le passé.

Ce concept de démon sera remis en cause, physiquement,[réf. nécessaire] par le principe d'incertitude d'Heisenberg, qui stipule que connaître exactement la position et la vitesse d'une particule au même instant T est impossible. Et ce, pour des raisons fondamentales.

En mathématiques, mais aussi en logique formelle, Kurt Gödel va se faire connaître par le théorème d'incomplétude : il indique que toute base axiomatique, lorsqu'elle tend vers la complexité, augmente le nombre de propositions dites indécidables, soit des axiomes dont il est impossible de prouver la vérité ou la fausseté autrement qu'en introduisant d'autres axiomes. Ainsi l'idéal de Certitude cartésien, d'un point de vue logique, est infirmé par ce principe.

Critique

Bibliographie

Voir aussi

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