Château de Cavanhac
hameau et château dans le Cantal, France
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Cavanhac est un hameau et un ancien domaine seigneurial situé à cheval sur les communes de Crandelles et d'Ytrac dans le Cantal (Auvergne), à environ dix kilomètres à l'ouest d'Aurillac[1]. Le château et le domaine de Cavanhac ont été possession de la famille Fortet pendant plus de quatre siècles, de la fin du XVIe siècle jusqu'au XXIe siècle[1].
| Château de Cavanhac | |
| Type | Château seigneurial |
|---|---|
| Propriétaire actuel | Propriété privée |
| Destination actuelle | Résidence privée |
| Coordonnées | 44° 55′ 00″ nord, 2° 23′ 00″ est |
| Pays | |
| Région historique | Auvergne-Rhône-Alpes |
| Localité | Crandelles et Ytrac |
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|
Géographie
Cavanhac se trouve dans la région naturelle de la Châtaigneraie cantalienne, en limite des communes de Crandelles et d'Ytrac, à proximité de la vallée de la Cère. Le hameau est situé à environ 10 km à l'ouest d'Aurillac.
Histoire
Moyen Âge et premiers seigneurs
Le nom de Cavanhac apparaît dans les archives dès le Moyen Âge. En 1647, Jean de Giscart se qualifie de « baron de Mierac, Cavanhac, Clavières et autres places » et vend la seigneurie de Clavières (paroisse d'Ayrens) pour régler une dette contractée lors de son mariage en 1635[2].
La période Fortet (1587-XXe siècle)
Établissement de la famille Fortet
Jean Gard de Fortet (actif 1587-1636) est le premier membre documenté de la famille Fortet comme seigneur de Cavanhac[1]. Consul d'Aurillac à trois reprises (1592, 1597, 1610), il établit la dynastie familiale au château[3]. Les archives conservées aux Archives départementales du Cantal (fonds 390 F) couvrent la période 1588-1636 pour cette première génération[1].
La famille Fortet appartenait à l'ancienne bourgeoisie judiciaire d'Aurillac. Antoine Fortet, probable père de Jean Gard, était receveur du domaine du Roi au bailliage des Montagnes d'Auvergne et fut présent à l'assemblée fondatrice du siège présidial d'Aurillac le 29 septembre 1552[4].
La dynastie des présidents au présidial (1671-1781)
À partir de 1671, la famille Fortet occupe pendant plus d'un siècle l'office de président au siège présidial d'Aurillac[4] :
- Jean-Joseph de Fortet (actif c. 1640-1695), premier président Fortet, obtient l'office par résignation de Jean de Malvesin en 1671[4]
- Raymond de Fortet dit « le Magistrat » (1656-1718), son fils, lui succède comme premier président au présidial et seigneur de Cavanhac[3]
- Philippe-Joseph de Fortet I (1699-1752), président du siège présidial[1]
- Philippe-Joseph de Fortet II (1735-1781), dernier Fortet président au présidial, également seigneur de Leybros, Messac de Crandelles et Saint-Paul-des-Landes[4]
En 1723, Bernard Fortet, président au bailliage d'Aurillac et frère de Raymond « le Magistrat », réside au château de Cavanhac avec son épouse Marguerite[3].
XIXe siècle et XXe siècle
Au XIXe siècle, le domaine appartient encore à un magistrat de la famille Fortet, juge au tribunal de première instance d'Aurillac[3].
La branche familiale passe par Joséphine-Marguerite-Justine Fortet (1861-), qui épouse en 1882 Émile Gobbe, ingénieur verrier belge et co-inventeur du procédé Fourcault de fabrication mécanique du verre. Leur fille Jeanne Gobbe (1884-1974) épouse Émile Renaux, docteur en pharmacie, établissant la lignée Renaux-Demazy.
Au XXIe siècle, le domaine de Cavanhac demeure une propriété familiale.
Patrimoine
Le château
Le château de Cavanhac possédait une chapelle attestée dès 1674, lorsque François de Saint-Martial y fut tonsuré par l'évêque de Saint-Flour, Mgr de la Mothe-Houdancourt[3].
En 1691, une chapelle de l'église paroissiale de Crandelles portait le nom de « Cavanhac » et aurait été fondée par la famille « de Portet » (probable transcription de Fortet)[3].
Le dernier événement documenté dans la chapelle du château est le mariage de Marie-Louise-Henriette de Fortet avec Louis Delzort de La Barthe le 30 avril 1782. L'historien Déribier-du-Châtelet signale vers 1852 que la chapelle « n'existe plus aujourd'hui », ce qui situe sa démolition entre 1782 et 1852[3].
Domaine territorial
Le domaine de Cavanhac s'inscrivait dans un ensemble territorial plus vaste contrôlé par les Fortet, incluant :
- La châtellenie de Leybros (Ytrac), apportée vers 1692 par le mariage de Raymond de Fortet avec Marguerite de Corn d'Ampare[3]
- Boissières (Teissières-de-Cornet), ancien fief mentionné par Déribier[3]
- Les seigneuries de Messac de Crandelles et Saint-Paul-des-Landes au XVIIIe siècle[1]
Lien avec le Collège Fortet
La famille Fortet de Cavanhac se rattache par tradition à Pierre Fortet (c. 1320-1394), chanoine de Notre-Dame de Paris et fondateur du Collège Fortet à Paris en 1391[5]. Ce collège, situé rue des Sept-Voies (actuel Quartier latin), fut réuni à Louis-le-Grand en 1764.
Le testament de Pierre Fortet prévoyait huit bourses, dont quatre réservées aux membres de sa famille ou aux natifs d'Aurillac[5]. Plusieurs membres de la famille Fortet d'Aurillac bénéficièrent de ces bourses jusqu'au XVIIe siècle, dont Gaspar Gard de Fortet, documenté comme boursier avant 1615[6].
Continuité patrimoniale
Le domaine de Cavanhac présente une continuité patrimoniale remarquable de plus de quatre siècles au sein de la même lignée familiale (1587-XXIe siècle), malgré la transmission par ligne féminine aux XIXe et XXe siècles. Cette permanence en fait l'un des rares exemples auvergnats de domaine seigneurial ayant traversé l'Ancien Régime, la Révolution française et les bouleversements contemporains sans rupture de possession familiale.