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Chactas en méditation sur la tombe d'Atala

sculpture en bronze From Wikipedia, the free encyclopedia

Chactas en méditation sur la tombe d'Atala est une sculpture en bronze réalisée en 1835 par le sculpteur français Francisque Duret. Conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon, elle est exposée dans la cour du palais Saint-Pierre. Présentée au Salon de 1836, elle est acquise par l'État avant d'être immédiatement déposée au musée lyonnais[1].

Hauteur
1,35 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Largeur
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Faits en bref Type, Créateur ...
Chactas en méditation sur la tombe d'Atala
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Créateur
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L'œuvre est inspirée du roman Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert de François-René de Chateaubriand, publié en 1801 dans Le Génie du christianisme. Duret représente Chactas revenant se recueillir sur la tombe d'Atala après la mort de la jeune femme. Il s'inspire également du tableau Atala au tombeau d'Anne-Louis Girodet, exécuté à la suite d'une commande de Louis-François Bertin. Plus qu'une représentation ethnographique du personnage, le sculpteur privilégie une approche psychologique centrée sur l'expression du deuil et de la mélancolie.

Historique

L'œuvre est préparée par plusieurs esquisses, dont l'une est conservée dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon. Duret collabore avec le fondeur parisien Édouard Quesnel pour la fonte du bronze et la réalisation d'une patine colorée destinée à restituer l'aspect du modèle en plâtre peint.

La statue est exposée au Salon des Artistes vivants de 1836 sous le numéro 1912. La critique du Salon publiée dans L'Artiste salue notamment « cette fidèle imitation du type de la tête des Indiens ».

Le 24 décembre 1836, l'État acquiert la sculpture pour la somme de 5 000 francs avant de la déposer au musée des Beaux-Arts de Lyon[2].

Description

La sculpture, en bronze et de grandeur naturelle, mesure 135 cm de hauteur, 55 cm de largeur et 80 cm de profondeur.

Elle représente Chactas (du même nom que les Chactas) assis sur un rocher dans une attitude de méditation. Le personnage est penché vers l'avant ; son bras gauche soutient sa tête, le coude reposant sur la cuisse, tandis que son bras droit retombe entre ses jambes. Les genoux sont fortement repliés et les pieds nus se chevauchent.

À ses pieds reposent deux croix latines, dont la plus grande porte l'inscription « ATALA », évoquant la sépulture de la jeune femme. Chactas est vêtu d'un simple pagne noué à la taille. Il porte un anneau à l'oreille gauche ainsi que deux colliers de perles, dont l'un est orné d'un médaillon frappé d'une étoile à cinq branches. Ses cheveux sont relevés en chignon et retenus par une natte enroulée provenant de la nuque ; deux longues nattes tombent de chaque côté du visage, l'une étant serrée dans sa main gauche.

Sur le rocher, une branche de lierre à gauche et une sorte d'agave à six feuilles à droite sont visible.

L'expression du personnage traduit une douleur contenue. Le visage ne laisse apparaître qu'une légère crispation du front et des lèvres. Le regard est dirigé vers le sol, au-delà du socle, suggérant la présence de la tombe d'Atala. Les principaux signes de la souffrance résident dans la tension du corps, notamment les pieds crispés l'un contre l'autre et la main gauche qui serre convulsivement l'une des nattes.

Contexte littéraire

La sculpture est inspirée du roman Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert, publié en 1801 par François-René de Chateaubriand dans Le Génie du christianisme.

Le récit prend la forme d'un retour sur le passé : Chactas, devenu un vieux chef de la tribu des Natchez, raconte sa jeunesse au Français René. Fait prisonnier à l'âge de vingt ans, il est sauvé par Atala, une jeune Amérindienne élevée dans la foi chrétienne. Les deux jeunes gens fuient à travers les forêts de Louisiane avant de rencontrer un missionnaire qui entreprend de convertir Chactas afin de pouvoir célébrer leur union. Liée par le vœu de virginité prononcé par sa mère avant sa naissance, Atala choisit cependant de s'empoisonner pour ne pas manquer à cette promesse. Avant de mourir dans les bras de Chactas, elle lui demande de recevoir le baptême chrétien. Duret choisit de représenter le moment où le jeune homme revient méditer sur sa tombe[3].

Analyse

La composition reprend un schéma traditionnel associé à la méditation, au deuil et à la mélancolie. Le traitement de la figure associe des références à la sculpture antique, des réminiscences de l'iconographie christique et les conventions allégoriques de la Mélancolie.

En privilégiant une représentation intériorisée des émotions, Duret s'éloigne d'une approche descriptive ou ethnographique du personnage de Chactas. L'œuvre illustre plusieurs thèmes caractéristiques du romantisme français des années 1830 : l'expression du sentiment, la méditation sur la mort, le renouveau du sentiment religieux, l'attrait pour l'exotisme et le primitivisme.

Œuvres préparatoires et exemplaires

Plusieurs œuvres préparatoires sont connues. Des dessins sont conservés chez les descendants de Francisque Duret ainsi qu'à la Bibliothèque des Arts décoratifs à Paris. Plusieurs esquisses en terre cuite appartiennent également à la famille de l'artiste.

Un modèle en plâtre, aujourd'hui non localisé, est présenté à l'Exposition universelle de 1889 et appartient alors au peintre William Bouguereau. Une version en marbre est exposée au Salon de 1857 puis à l'Exposition universelle de 1867 ; sa localisation est inconnue.

Un exemplaire en bronze est conservé au musée des beaux-arts de Montréal.

Plusieurs réductions en bronze d'environ 45 cm de hauteur sont conservées à la Maison de Chateaubriand de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry, au Nationalmuseum de Stockholm, dans des collections particulières ainsi que sur le marché de l'art.

Galerie

Liens

Notes et références

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