Pluvier d'Urville
espèce d'animaux
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Zonibyx modestus, Zonibyx
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Aves |
| Ordre | Charadriiformes |
| Famille | Charadriidae |
- Charadrius modestus
Le Pluvier d'Urville (Zonibyx modestus, anciennement Charadrius modestus) est une espèce d'oiseaux de la famille des Charadriidae. Il se reproduit à l'extrême sud de l'Amérique du Sud et dans les îles Malouines.
Le Pluvier d'Urville a un plumage changeant selon la saison. Il est très contrasté durant la période de reproduction, avec un sourcil blanc éclatant, une tête grise, et une poitrine rousse soulignée d'une bande noire. Il adopte un plumage plus terne en hiver, brun et blanc.
Nicheur commun dans le sud du Chili et de l'Argentine et dans les îles Malouines, il migre la plupart du temps vers le nord pour passer l'hiver. On le trouve alors aussi en Uruguay et au sud-est du Brésil. Il fréquente des habitats côtiers ou d'altitude, des plaines ouvertes à la végétation rase, des prairies boueuses, des zones pierreuses ou des zones humides. Il se nourrit d'insectes, de larves, de crustacés, de mollusques et de végétaux.
Durant la période de ponte, qui s'étend d'octobre à novembre sur le continent et de septembre à janvier dans les îles Malouines, les deux parents participent à l'incubation des deux ou trois œufs. La population de Pluviers d'Urville semble stable, sans menaces connues, ce qui le classe comme une espèce de préoccupation mineure.
Anciennement classé dans le genre Charadrius, il est aujourd'hui plus largement considéré comme l'unique espèce de son propre genre, Zonibyx.
Description
Dimensions et plumage
Le Pluvier d'Urville mesure entre 19 et 22 cm de long, avec un bec de 1,7 à 1,9 cm, des ailes allant de 14,4 à 14,9 cm, des tarses entre 3 et 3,5 cm en moyenne, et une queue entre 5,7 et 6,9 cm[1]. Il pèse 71 à 94 g[2]. Il n'y a pas de sous-espèce, mais la population des îles Malouines a en moyenne des ailes et des tarses plus longs[1],[2].
En période de reproduction, le front, les lores, le menton et la gorge sont gris pâle. La couronne est brun chocolat, avec un sourcil blanc qui part du front et se termine en deux points noisette de chaque côté de la nuque. Sur le dessus du corps, les plumes sont brun sombre et marginées de fines franges cannelle. Les rémiges secondaires ont une pointe blanche étroite[1],[2]. Le croupion et la queue sont brun-noir au milieu et blanc de chaque côté. La poitrine est d'un brun-rougeâtre vif, avec une bande noire sur le bas. Le dessous du corps est blanc, à l'exception d'une petite tache chamois derrière chaque cuisse[1],[2].
Ce plumage diffère hors période de reproduction, de mars à juillet. Le dessus est alors plus pâle, avec des franges blanches sur les scapulaires et les rémiges tertiaires. La tête est elle aussi beaucoup plus pâle, avec le front et l'avant de la couronne entre le chamois et le blanc moucheté de points plus sombres. Le sourcil est crème, moins net, et surtout visible à l'arrière de l'oeil. Le menton et la gorge portent une petite zone blanchâtre, et le cou et la poitrine sont gris-brun légèrement moucheté[1]. Les juvéniles ont un plumage assez similaire à ce plumage non-nuptial, avec le dessus brun sombre et des mouchetures ou des franges chamois-blanc, et la poitrine plus mouchetée que celle des adultes[1],[2].
Le bec est fin et noir, avec parfois une tache jaune terne à la base de la mandibule inférieure. Les yeux sont brun foncé et les pattes gris-brun, avec une teinte jaunâtre chez les juvéniles[1]. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel, mais les femelles sont un peu plus ternes en plumage nuptial[1].
- Le plumage nuptial est contrasté, avec le sourcil blanc et la poitrine rousse soulignée d'une épaisse bande noire (Chili, novembre 2016)
- En période de mue (Chili, mars 2024)
- Le plumage hivernal est beaucoup plus terne (Brésil, mai 2025)
- Le plumage des juvéniles ressemble au plumage hivernal, avec plus de mouchetures et des plumes bordées de pâle (Chili, mars 2024)
Voix
Le cri habituel est un peeoo tombant, qui peut être plus court et répété vivement lorsque l'oiseau est très agité. À l'inverse, le cri est plus long lorsqu'un prédateur entre sur le territoire, et le cri de défense du territoire est un whee-ar sifflant. Les vols nuptiaux comprennent un cri répété, pic-pic-pic, et des cliquetis[1].
Espèces ressemblantes
Dans son aire de répartition, il ne peut être confondu qu'avec le Pluvier oréophile (Oreopholus ruficollis), qui est plus gros avec des pattes et un bec longs et fins et une grosse tache noire sous le ventre, et le avec le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica) en plumage hivernal, qui est plus gros, avec un bec fort, des mouchetures plus contrastées sur le dos et pas de blanc sur la queue[3].
Son plumage et ses dimensions rappellent aussi ceux du Pluvier asiatique (Anarhynchus asiaticus) et du Pluvier oriental (Anarhynchus veredus), répandus en Eurasie et en Océanie, et du Pluvier montagnard (Anarhynchus montanus) nord-américain[3].
Distribution et habitat
Distribution

- Aire de nidification
- Présence à l'année
- Aire d'hivernage
Le Pluvier d'Urville vit le long du Cône Sud, principalement au Chili, au sud de l'Argentine et dans les îles Malouines[4]. Au Chili, c'est un nicheur commun de Llanquihue au cap Horn[5]. En hiver, on peut le trouver plus au nord, de Valdivia jusqu'à Antofagasta au Chili, au sud-est du Brésil, ainsi qu'en Uruguay[2],[6],[5].
Il est parfois migrateur. Bien que certains individus restent toute l'année à proximité de leur aire de reproduction, y compris en Terre de Feu, la plupart de ceux qui se reproduisent le plus au sud partent en groupe vers le nord en mars-avril, après la reproduction, et reviennent entre fin août et septembre. Dans les îles Malouines, beaucoup d'oiseaux migrent vers le continent en hiver, mais une proportion inconnue reste sur place à l'année[1]. Des individus erratiques ont été observés à Tristan da Cunha (mai 1952) et au Pérou (juin 1972 et août 1984)[1], ainsi qu'au Paraguay et dans le territoire de Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud[6].
Habitat
En période de reproduction, le Pluvier d'Urville vit en zones ouvertes, avec une végétation rase, étendues des côtes jusqu'à une altitude de 2 000 m dans les montagnes de la Terre de Feu[5]. Son habitat va de contreforts venteux d'alttiude à des prairies boueuses, des zones pierreuses aux abords des lacs, des pampas, voire des plages de galets ou des tourbières[2],[5].
Bruyant et bien visible en période de reproduction, il devient plus discret en hiver. Il vit alors principalement dans des prairies inondées et des marais, ainsi que sur des plages et dans zones côtières boueuses, parfois en compagnie du Pluvier des Falkland (Anarhynchus falklandicus)[1],[2].
Écologie et comportement
Alimentation

Le Pluvier d'Urville chasse des insectes, des larves, des crustacés et des mollusques, et se nourrit aussi de végétaux, comme des algues. Il cherche en général sa nourriture sur un territoire de 10 à 100 m situé près de l'eau, sur des berges, et qu'il défend souvent. Hors de la période de reproduction, des petits groupes se forment, qui peuvent parfois compter jusqu'à 100 oiseaux ou plus. Il lui arrive de chercher sa nourriture en compagnie d'autres espèces, souvent avec le Pluvier des Falkland[2].
Reproduction
Le Pluvier d'Urville se reproduit dans des plaines marécageuses ou dans des zones sèches et pierreuses. Il est alors bruyant et se laisse voir facilement[1]. La période de ponte s'échelonne d'octobre à novembre sur le continent, et de fin septembre à mi-janvier des les îles Malouines, avec un pic en octobre[2]. Le nid est situé en zone ouverte, ou parmi des plants de fougères ou de camarines, qui permettent de le cacher. Le couple produit généralement 2 œufs, parfois 3, qui sont couvés par les deux parents. Les poussins à l'éclosion sont chamois-doré, avec des points et lignes noires qui leur permettent de se camoufler, et une nuque rousse[2].
Une génération dure en moyenne 5,1 ans[6].
Effectifs, menaces et conservation
Le nombre de Pluviers d'Urville n'est pas connu avec précision. En 2023, il est estimé entre 133 000 et 1 063 000 individus au total, soit environ 88 700 à 709 000 individus matures[6]. Étant donné son aire de reproduction étendue, l'estimation de sa population et l'absence de déclin démographique observé, l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International classe le Pluvier d'Urville comme espèce de préoccupation mineure dans leur évaluation de 2024[6].
L'UICN ne recense aucune menace connue touchant cette espèce[6]. Il ne fait partie d'aucune zone importante pour la conservation des oiseaux mais est inscrit à l'annexe II de la convention de Bonn relative à la conservation des espèces migratrices[7].
Taxonomie
Classification
Le Pluvier d'Urville est décrit pour la première fois par Martin Lichtenstein en 1823[6],[4]. Aujourd'hui, sa classification varie selon les références. Anciennement placé dans le genre Charadrius, il est désormais classé dans le genre Zonibyx d'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.1)[4], qui se base sur des analyses phylogénétiques de 2015 et 2022. C'est l'unique espèce du genre Zonibyx[4]. En revanche, il est encore classé dans le genre Charadrius par l'Union internationale pour la conservation de la nature et Birdlife International(2024)[6].
Noms et étymologie
Son nom binominal est composé de Zonibyx, qui vient du grec zone qui signifie bande ou corset et ibyx qui signifie Vanneau, et modestus, mot latin signifiant simple, quelconque ou sans prétention[8].
En français, il est aussi appelé Pluvier de d'Urville, Gravelot d'Urville ou Gravelot de d'Urville[9]. Son nom commémore l'explorateur français Jules Dumont d'Urville (1790-1842).[réf. souhaitée]
En anglais, il est appelé Rufous-chested dotterel (Guignard à poitrine rougeâtre)[3]. Le Congrès ornithologique international conseille ce nom plutôt que Rufous-chested plover (Pluvier à poitrine rougeâtre), anciennement utilisé[4]. Il est parfois appelé Chilean Plover (Pluvier chilien), White Plover (Pluvier blanc) ou Winter Plover (Pluvier d'hiver). Il est appelé Chorlito Chileno (Pluvier chilien) en espagnol, et Rotbrust Regenpfeifer (Pluvier à poitrine rouge) en allemand[2].