Charles Louis Bernard de Cléron, comte d'Haussonville, né à Paris le , mort à Gurcy-le-Châtel le , est un officier émigré rallié à l'Empire. Fait pair de France à la Restauration, rallia les partisans de la monarchie constitutionnelle.
Distinctions
Charles Louis Bernard de Cléron d'Haussonville est le fils de Joseph-Louis-Bernard de Cléron, comte d'Haussonville, et d'Antoinette-Marie de Régnier de Guerchy.
Il sert d'abord au régiment du roi. Son père s'était montré, à la Révolution, partisan des idées nouvelles, ce qui ne l'empêcha pas de donner trois cents louis à son fils en lui ordonnant de rejoindre l'Armée des princes: «À votre âge, lui dit il, il faut faire ce que font les jeunes gens de sa génération». Le jeune d'Haussonville émigre donc en 1792 et sert à l'armée des princes. Quand l'Armée des princes est dissoute, il cherche alors à rejoindre Aix-la-Chapelle avec ses ami Du Tillet et d'Aramon. L'avancée de l'armée commandée par Custine les conduisent à passer au-delà de Cassel et par Düsseldorf[1]. Il rejoint alors les rangs des uhlans britanniques[2], en qualité d'officier commandant la grand'garde aux côtés d'Alphonse du Tillet[3]
Rentré en France à l'époque du Consulat, il se distingue durant les campagnes de Prusse et de Pologne, devient colonel d'état-major et chambellan de l'empereur, et est créé comte de l'Empire le .
Son adhésion au retour des Bourbons lui vaut, à la seconde Restauration, un siège à la Chambre des pairs (), avec le titre de comte-pair, viager (1817), puis héréditaire (1822), sur institution d'un majorat[4].
Il vote constamment avec les défenseurs de la monarchie constitutionnelle, se prononce pour la mort dans le procès du maréchal Ney. Aux journées de juillet 1830, il tente en vain de sauver la couronne du duc de Bordeaux.
Le , il adresse à Louis-Philippe une lettre pressante, l'engageant à conserver intacte la couronne à Henri V: «C'est une superbe tâche, écrivait-il, si grande et si difficile qui vous est réservée, Monseigneur. Déjà un de vos ancêtres, en protégeant Louis XV, vous a légué un bel exemple qu'il vous est donné de surpasser.» Sa voix ne fut pas entendue, mais d'Haussonville n'en garda pas rancune au nouveau roi; il prête serment comme pair, et siège à la Chambre haute jusqu'à sa mort.
Il épouse à Paris en 1802 Jeanne Marie Thérèse Falcoz de La Blache (1773 - Paris, ), fille de Alexandre de Falcoz de La Blache, maréchal des camps et armées du Roi, chevalier de Saint Louis, député de la noblesse du Dauphiné aux Etats-généraux, puis à l'Assemblée constituante, et de Charlotte Gaillard de Beaumanoir.
Joseph d'Haussonville, député de Seine et Marne (1842-1848), sénateur (1878-1884), membre de l'Académie française, officier de la Légion d'honneur (Paris, - Paris, ), marié en 1836 avec Louise Albertine de Broglie (1818-1882), dont postérité[5].
Notes et références
↑Comte d'Haussonville, Souvenirs et mélanges, Calmann Levy,
↑Louis de Bouillé, Souvenirs et fragments pour servir aux mémoires de ma vie et de mon temps, Picard, 1906-1911
↑René Bittard des Portes, L'exil et la guerre: Les emigrés à cocarde noire en Angleterre, dans les provinces belges, en Hollande et à Quiberon, Émile-Paul,
↑Vicomte Albert Révérend, Titres anoblissements et pairies de la Restauration 1814-1830, tome 2, Paris, Honoré Champion, (lire en ligne), p.162-163
↑Pol Potier de Courcy, Histoire généalogique de la Maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne et de la Maison du Roi, tome neuvième, deuxième partie, Paris, Librairie de Firmin-Didot, 1873-1881, 1088p., p.972-973