Ecce homo (Elías García Martínez)
fresque d'Elías García Martínez endommagée par une restauration
From Wikipedia, the free encyclopedia
Ecce homo est une peinture murale réalisée par Elías García Martínez entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, dans l'église du sanctuaire de la Miséricorde (es) de Borja, en Aragon. L’œuvre initialement de faible valeur artistique est restaurée de manière hasardeuse en 2012 par une octogénaire du village, Cecilia Giménez, ce qui engendre un emballement médiatique international et donne une certaine notoriété à la peinture.
(Elías García Martínez)
| Artiste | |
|---|---|
| Date |
fin du XIXe siècle, début du XXe siècle |
| Type |
Huile |
| Technique | |
| Dimensions (H × L) |
50 × 40 cm |
| Propriétaire | |
| Localisation | |
| Coordonnées |
Histoire
Ecce homo est une peinture murale réalisée par Elías García Martínez à la fin du XIXe siècle[1] ou au début du XXe siècle[2], dans l'église du sanctuaire de la Miséricorde de Borja dans la province de Saragosse en Espagne. L'œuvre suivant le thème de l'Ecce Homo a été offerte au village par l'artiste qui avait l'habitude d'y passer ses vacances. Le peintre indique sous la toile : « Ceci est le résultat de deux heures de dévotion à la Vierge de la Miséricorde »[3],[1].
L'œuvre, décrite comme de modeste valeur artistique (« Escaso valor »[4] / « little artistic importance »[5]), acquiert une notoriété au niveau mondial[4] quand Cecilia Giménez, une octogénaire du village, entreprend de son propre chef (selon les autorités locales) un travail de restauration en 2012[6].
Tentative de restauration de l’œuvre
| Image externe | |
| Les trois versions de Ecce Homo : à gauche, la version originale ; au centre, la fresque détériorée ; à droite, la « tentative » de restauration par Cecilia Giménez (visible sur le site du New York Times). | |
Le tableau, soumis à l'humidité, se détériorait. Lors de la tentative de restaurer l’œuvre, alors qu'elle avait déjà restauré la tunique, Cecilia Giménez perd complètement le contrôle de la situation lorsqu’elle s’attaque à la restauration du visage du Christ[7]. Le résultat est décrit par un correspondant de BBC Europe comme ressemblant à une « esquisse au crayon d'un singe très poilu dans une tunique mal ajustée[8] ». Par raillerie, certains internautes ont rebaptisé l'œuvre Ecce Mono (« Voici le Singe », mono signifiant « singe » en espagnol)[9].
Outre les nombreux articles de presse, les internautes s'emparent du phénomène en proposant de nombreuses interprétations du « nouvel Ecce Homo de Borja »[10], qui est en passe de devenir une icône populaire[11]. Plusieurs pétitions sont lancées pour la conservation de la nouvelle version, dont une qui recueille plus de 10 000 signatures en quelques jours[12]. Le cinéaste Alex de la Iglesia prend parti pour cette nouvelle version sur son compte Twitter, la décrivant comme une « icône de notre manière de voir le monde[13] ». Pour l'écrivain espagnol Jesús Ferrero (en), les « mains radiantes de la dame » ont transformé le statut de la toile, qui est passé d'œuvre « académique et terriblement ancrée dans le XXe siècle » à celui « d'icône pop[11] ».
Deux restauratrices d'art, Incarnation Ripollès et Mercedes Nunez ont, après expertise, jugé l'œuvre de Elías García Martínez « récupérable »[14].
Succès touristique
L'intérêt des touristes pour la peinture était tel que l'église a commencé à faire payer pour voir la fresque[15]. Dans l'année qui a suivi l'échec de la restauration, l'activité touristique a généré 40 000 visites et plus de 50 000 euros pour une association caritative locale[16],[17].
En 2016, le nombre de touristes visitant la ville est passé de 6 000 à 57 000. En plus de dépenser de l'argent dans les entreprises locales, les visiteurs ont fait don de 50 000 € à l'église. L'argent a été utilisé pour employer d'autres préposés à l'église et pour financer une maison de retraite[18]. Le , un centre d'interprétation dédié à l'œuvre a été ouvert à Borja[19].
Droits d'auteur
Dans le but de collecter des fonds pour restaurer correctement l'œuvre, la visite de la peinture est devenue payante depuis mi-. Cecilia Giménez engage alors des avocats pour toucher une redevance sur ces visites[20]. Son avocat indique qu'elle souhaite sa part des bénéfices pour aider les organismes caritatifs de dystrophie musculaire, parce que son fils souffre de la maladie[21],[22]. En , un accord signé entre Cecilia Giménez et la fondation municipale gérant le sanctuaire, attribue 49 % des droits d'auteur à l'octogénaire, le reste revenant à la fondation. L'ensemble des droits d'auteurs touchés par la fondation d'une part et par Giménez d'autre part sont reversés à des œuvres caritatives[23]. Giménez meurt fin [24]. À ce jour[Quand ?], les héritiers d'Elías García Martínez ne désirent pas participer à l'accord de répartition des droits[réf. nécessaire].
Dans la culture
Le mémorable ratage de la restauration de l’Ecce Homo par Cecilia Giménez en 2012 a donné lieu à de nombreuses références dans la culture populaire[25].
Dans le film d'animation espagnol Sacrées Momies (Mummies, 2023) de Juan Jesús García Galocha, une scène fait un clin d’œil humoristique à cette restauration ratée, en la citant parmi d'autres « dommages » infligés aux œuvres d'art par la modernité[26].
