Chronomégaphone
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Dans les années 1910, le chronomégaphone est un couple d'elgéphones qui utilise de l'air comprimé pour amplifier le son sur disque. L'elgéphone (d'après les initiales de Louis Gaumont : LG) est le modèle de phonographe développé par la société Gaumont pour la présentation des phonoscènes, des prestations filmées de chanteurs d'opéra et de chansonniers populaires, sous la direction de la première réalisatrice du cinéma, Alice Guy, selon le procédé que l'on appellera plus tard le play-back. Environ cinquante chronomégaphones ont été fabriqués et commercialisés à travers le monde (Europe, Canada, États-Unis, Mexique, Inde, Australie, Japon).

Le disque de cire gravée ou de bakélite, lu par l'un des deux elgéphones, et amplifié grâce à une pompe à air, est synchronisé avec l'appareil de projection qui déroule l'image sur pellicule, par un démarrage simultané des deux machines. Le projectionniste accélère ou ralentit la cadence de projection du film pour maintenir le mieux possible le synchronisme entre les deux médias. En effet, seule l'image peut subir une légère accélération ou un faible ralentissement. Le disque, lui, ne peut pas se prêter à la même manœuvre, sous peine d'une déformation catastrophique du son. Le projectionniste, enfermé dans sa cabine insonorisée (pour éviter au public d'entendre le cliquetis du projecteur), peut écouter le son dans la salle grâce à une sorte de téléphone qui le relie en plus à l'opérateur chargé de faire démarrer le chronomégaphone installé derrière l'écran. Ce dispositif de communication indispensable est appelé "le chef d'orchestre". Mais sa présence n'empêche pas les incidents techniques de désynchronisation des deux machines.