Chronothérapie de l'asthme

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La chronobiologie s’intéresse dans le domaine médical à l’influence des cycles circadiens sur les maladies humaines et en particulier sur la variation de l’intensité de la maladie sur une durée de 24 heures. En effet, pour la maladie de l’asthme, la gravité des symptômes peut varier selon le moment de la journée[1].

Au niveau des poumons, plusieurs tests sur la fonction respiratoire évaluent leur efficacité et montrent que l’activité des poumons suit un cycle d’environ 24 heures. Effectivement, on observe un changement journalier de l’efficacité des poumons, du réveil au sommeil et ce autant chez les personnes non asthmatiques que chez les personnes asthmatiques. Une étude de Martin (1997) montre que chez les personnes non asthmatiques, la fonction respiratoire est à son maximum vers 16 heures et à son plus bas vers 4 heures. De même, on observe que chez les asthmatiques, la fonction respiratoire suit cette même variation d’efficacité. Cependant, la fonction pulmonaire des asthmatiques à son maximum est aussi basse que la fonction pulmonaire minimale des personnes non asthmatiques, ce qui démontre que les asthmatiques ont un niveau d’efficacité pulmonaire inférieur. De plus, chez les asthmatiques, la fonction pulmonaire diminue de façon beaucoup plus importante vers 4 heures par rapport aux personnes non asthmatiques[2]. Ainsi, l’asthme semble suivre un cycle d’environ 24 heures. En effet, des résultats de diverses études en chronobiologie ont permis de conclure que l’asthme est une maladie dont l’intensité oscille selon un rythme circadien. À savoir que l’un des premiers rapports sur la chronobiologie médicale est celui de Caelius Aurelianus sur l’occurrence nocturne des symptômes de l’asthme et de la variation quotidienne des crises d’asthmes[3]. Il a été démontré que les symptômes asthmatiques sont à leur maximum vers 4 heures du matin[4], concordant avec une activité pulmonaire à son minimum vers la même heure[5]. En effet, Une étude de Koehler et al. (2005), a observé sur 3129 patients les moments d’incidences de leurs crises d’asthmes sur une période de 24 heures. Les résultats montrent que la grande majorité des attaques surviennent le matin autour de 4 heures et qu’entre 10 heures et 19 heures les crises sont rares[6].

Les molécules liées aux crises d'asthme

Pour comprendre pourquoi la maladie s’aggrave le matin, des études ont été réalisées sur certaines hormones influençant certaines maladies allergiques, incluant l’asthme, et leurs rythmes circadiens. Ces molécules ont des propriétés pouvant affecter la respiration et donc favoriser ou défavoriser l’apparition de crises d’asthmes. Parmi celles-ci, on retrouve le cortisol, l’adrénaline, l’histamine et l’adénosine monophosphate cyclique (AMPc)[7]. Le cortisol a des effets anti-inflammatoires sur les voies respiratoires. La concentration de cortisol est au minimum entre minuit et 4 heures. L’adrénaline, de manière semblable, atteint sa concentration minimale le matin vers 4 heures. L’adrénaline est importante pour les asthmatiques dû à son effet sur les voies respiratoires. En effet, une faible concentration d’adrénaline peut provoquer un bronchospasme[8]. À l’opposé, le niveau d’histamine est au maximum vers 4 heures. L’histamine est un médiateur chimique des réactions inflammatoires, jouant ainsi un rôle essentiel dans l’apparition des crises d’asthme[9]. En effet, une haute concentration d’histamine peut occasionner un bronchospasme en raison de son implication dans l’obstruction des voies respiratoires[10]. Ainsi, l’effet positif du cortisol et de l’adrénaline sur la maladie de l’asthme est faible le matin, tandis que l’effet négatif de l’histamine est plus fort à cette période.

Le traitement chronothérapeutique de l'asthme

Notes et références

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