Château d'Escoire
château fort français
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Le château d'Escoire est un château français situé sur la commune d'Escoire, dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine, connu pour le mystérieux triple meurtre qui s'y est déroulé en 1941.
| Château d'Escoire | |
Le château d'Escoire. | |
| Période ou style | Néoclassicisme |
|---|---|
| Fin construction | XVIIIe siècle |
| Protection | |
| Coordonnées | 45° 12′ 22″ nord, 0° 50′ 47″ est |
| Pays | |
| Région historique | Périgord |
| Région | Nouvelle-Aquitaine |
| Département | Dordogne |
| Commune | Escoire |
| modifier |
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Il fait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques.
L'ensemble du château a été restauré, de même que la rotonde, dont l'entrée se situe à droite de l'escalier[1]. Le château possède un parc de neuf hectares, accessible pour les clients[2].
Historique
Le château date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle[3]. Depuis 1954, il est inscrit au titre des monuments historiques pour ses façades et toitures[3].
Des années 1950 à la fin des années 1970, ce château fut le lieu de vacances pour les enfants de l'entreprise parisienne LMT (« Le Matériel Téléphonique »), rachetée par Thomson, puis par Thales.
Abandonné pendant des années, le château d'Escoire est en 2015 la propriété de Sylvie et Tase Kordalov, originaires de Macédoine mais anciens hôteliers à Gacé en Normandie, qui habitent dans une aile, tandis que l'autre partie a été un temps exploitée en chambres d'hôtes[4].
Tuerie d'Escoire
Dans la nuit du 24 au , le château fut le théâtre d'un triple meurtre resté non élucidé et dans lequel fut impliqué Henri Girard, futur écrivain, connu sous le pseudonyme de Georges Arnaud, qui publiera notamment en 1950 Le Salaire de la peur, roman vendu à deux millions d'exemplaires et porté à l'écran en 1953 par Henri-Georges Clouzot dans un film culte[5].
Au petit matin, Henri Girard, alors âgé de vingt-quatre ans, découvre les cadavres de son père Georges Girard, propriétaire du château, archiviste-paléographe[6], conservateur des archives du Ministère des Affaires étrangères, de sa tante Amélie et de leur domestique, Louise Marie Soudeix. Henri, qui a dormi dans une aile du château, prévient les gardiens du domaine qu'il a trouvé les trois victimes tuées à coups de serpe.
Du fait des circonstances mystérieuses du drame (aucun témoin, absence de mobile, pas de traces d'effraction), Henri est suspecté du meurtre, arrêté et passe dix-neuf mois en prison jusqu'à son procès. Défendu par maître Maurice Garçon, il est finalement acquitté, faute de preuves, le [7],[8].
Ce fait divers a bénéficié à l'époque d'une très grande couverture médiatique et a inspiré par la suite plusieurs ouvrages et émissions de télévision, notamment le roman La Serpe[9] (prix Femina) de Philippe Jaenada, qui défend l'innocence d'Henri Girard, contrairement au récit criminel La Serpe rouge (Moissons Noires, 2021) de Nan Aurousseau et Jean-François Miniac.
Pour l'avocat Maurice Garçon et l'écrivain Philippe Jaenada, une hypothèse vraisemblable est la culpabilité de René Taulu[10], rebaptisé par Jaenada dans son livre Fernand Doulet, le fils des métayers et gardiens du domaine, Romain et Victoria[11] (dans le livre, Saturnin et Yvonne)[12].
Après guerre, le château est vendu aux enchères, racheté par Ferdinand Lagueyrie de La Rivière-de-Mansac (Corrèze) et exploité par lui et son gendre Antoine Peyramaure.
En , le réalisateur Patrick Schmitt, prix Albert-Londres 1989, y a filmé les deux auteurs de La Serpe rouge pour un épisode de la série télévisée Des Crimes presque parfaits (chaîne Planète).
En 2025, la fille d'Henri Girard, Catherine Girard, affirme que son père lui a dit être le coupable et développe cette idée dans son ouvrage In violentia veritas[13]. L'accusation contre George Arnaud portée dans La Serpe rouge est corroborée par le témoignage de Catherine Girard dans In Violentia veritas[14],[15],[16],[17].