Château de Vieille Cour (Oudon)
château en ruine à Oudon
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Le château de Vieille Cour est un ancien château fort médiéval, en ruines, situé à Oudon dans le département de la Loire-Atlantique.
Vieille Cour
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Propriété privée |
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France |
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Vieille Cour (Château Ruiné), 44521 Oudon |
| Région historique |
| Coordonnées |
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Le site castral, sur un coteau abrupt dominant la vallée du Hâvre, se compose d'une haute cour et d'une basse cour, ceintes de douves sèches ou fossés. La haute cour, d'une superficie de près d'un demi hectare et protégée par une enceinte constituée d'une tour défensive, d'une porterie double et de murs, comprend essentiellement le logis seigneurial. Édifié dans la seconde moitié du XIIIe siècle par la famille de Châteaugiron, le château est démantelé à partir de 1392. Propriété privée, il est « site inscrit» par arrêté de 1942.
Description
Localisation
Les ruines de Vieille Cour, au nord du bourg d'Oudon et près du village de La Mabonnière, se trouvent à proximité d'une ancienne voie romaine, qui reliait Angers à Nantes et franchissait le Hâvre au lieu dit Le Pont Noyé - commune de Couffé. Le site figure sur la carte de Cassini de 1750 et auparavant sur celle dressée en 1671-73 par Jacques Le Loyer, arpenteur et géographe ordinaire du roi : "Cartes d'une partie de Bretagne et d'Anjou où sont marquez toutes les terres, fiefs et seigneuries appartenantes à S.A.S. Monseigneur le Prince de Condé", dont "Terres et Châtellenie d'Oudon située en la Province de Bretagne" qui représente les "vestiges et taillys du chasteau de la Vieillecour"[1] (la représentation du château est imagée mais le plan est conforme).
Il surplombe d'une trentaine de mètres la vallée du Hâvre, rivière navigable à l'époque du château. Le nom « Vieille Cour » est en latin « Vetus Curtis ». « Vetus » signifiant "ancien, vieux" ; curtis (cour, enclos) devenant en ancien français curt, cort, soit domaine rural, résidence de souverain[2].
Architecture
Le site se compose d'une haute cour et d'une basse cour. La basse cour, d'une superficie d'environ 7500 m2, est entourée de fossés. Elle affecte une forme carrée et ne présente aucune maçonnerie apparente. Aux XXe- XXIème siècles, elle est devenue une châtaigneraie et un chemin permet l'accès au château. Ses fossés, pour partie comblés, présentent une profondeur allant de 2 à 3 mètres du côté nord-ouest.
De la haute cour, d'une superficie d'un demi hectare, il subsiste l'essentiel de la partie défensive et de la partie résidentielle. La partie défensive consiste d'abord en une tour défensive ouverte haute de 8 mètres, épaisse de 1.70 mètre. La partie intérieure de cette fortification, en bois, a disparu. Cette tour protégeait l'angle nord-est du château. Elle penche : on appelle cela le fruit, soit l'inclinaison donnée au côté extérieur d'une construction. Il subsiste les ébrasements de deux archères au niveau supérieur et iI existait deux étages en bois.
Les défenses consistent également en une double porterie, charretière et piétonne. Cette porterie reliait la basse et la haute cour par un pont-levis à flèches, dont il reste l'emplacement des bras de levage, les pierres d'assise et de crapaudine. Il existe une porte de revers, une archère, des marches et un corps de garde. La porterie aurait été construite à deux époques : la partie intérieure au XIIIème siècle et la partie extérieure maçonnée (haute de 5.50m) au XIVème siècle. La haute cour est ceinte de plus de 200 mètres de murs de courtine hors bâtiments, avec l'emplacement d'une tourelle à l'angle nord-ouest. Elle est également protégée par des douves sèches. En contrebas du château, sur les rives du Hâvre, il existe encore un promontoire maçonné, qui devait servir à surveiller la navigation[3][réf. non conforme].
La partie résidentielle, soit le logis seigneurial, se compose d'une grande salle de 20 mètres sur 13. Selon l'historien Nicolas Faucherre, il s'agit de "l'expression emblématique de la curtis féodale, unique exemple de grande salle seigneuriale sous charpente conservée en pays nantais". Le logis comprend également trois annexes, dont les cuisines avec cellier, un couloir de service avec appentis, ainsi que des chambres au sud. Il est séparé du reste de la haute cour par une douve intérieure large de 11 mètres, l'accès se faisant par une terrasse. Le bâtiment ruiné se compose d'un grand pignon au sud, haut de 14 mètres, d'un emplacement de cheminée avec conduit en briques, de trous de boulins dans les murs, de deux fenêtres, deux corbeaux, deux grandes baies et trois portes. Cette salle était à la fois une salle de réception et une cour de justice[4][réf. non conforme].
Histoire
XIIe-XIIIème siècles
La toute première mention de Vieille Cour est faite en 1140, lorsque Geoffroy d'Oudon, mortellement blessé à Champtoceaux, fait don aux moines d'Oudon de divers biens, dont « omnia prata sua de Veteri Curte », soit « tous ses prés de Vieille Cour »[5]. Le qualificatif « Vieille » employé dès le XIIe siècle traduit donc une origine plus ancienne encore[2]. Le premier château d'Oudon, au bord de la Loire à l'emplacement du château actuel: la tour, est détruit au début du XIIIème siècle. Les seigneurs d'Oudon choisissent alors de construire un nouveau château à Vieille Cour. Geoffroy de Beaumortier est seigneur d'Oudon en 1243, sa fille Amice épouse Galeran III de Châteaugiron. Galeran succède à Geoffroy, puis son fils Alain III seigneur d'Oudon en 1271[6]. Les lieux présentent deux avantages : le site est escarpé et facile à défendre, il permet de surveiller aussi bien la voie romaine que la navigation sur le Hâvre[7][réf. incomplète].
XIVe siècle

Le château vit donc principalement au XIVème siècle, durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1381). Sur une carte intitulée "La Bretagne et la frontière nord au XIVe siècle" dans son ouvrage Le siècle des Plantagenêts et des Valois, l'historien Kenneth Fowler indique Vieille Cour parmi les "garnisons anglo-bretonnes vers la fin des années 1350"[8]. Mais le , Alain de Malestroit, arrière-arrière petit-fils d'Alain III, "seigneur d'Oudon, de Couffé, du Cellier et de Vieille Cour"[9], obtient du duc de Bretagne, Jean IV de Montfort[10], l'autorisation de reconstruire le premier château d'Oudon - à condition de détruire celui de Vieille Cour[11]. Alain de Malestroit écrit : "Sui tenu faire abatre et araser le chasteau et forteresce de Veille Court, tours, murs, et autres édiffices [...] avecques ce combler les douves dudit lieu". Le site a perdu son intérêt stratégique, la route Nantes-Angers a été reportée vers le chemin de halage bordant la Loire; de plus, la rivière du Hâvre désormais envasée n'est plus navigable. Et il est urgent pour le duché de Bretagne d'opposer un château à celui de Champtoceaux sur l'autre rive de la Loire, en Anjou dans le royaume de France. Des pierres et matériaux du château serviront donc à l'édification du nouveau château d'Oudon[2].
XVe-XXIe siècles

De cette période, aux Archives départementales de la Loire-Atlantique, sont conservés notamment deux aveux datant respectivement de 1416 et 1550. L'aveu de 1416 décrit le "veill chastel qui fut abatu ouquel a une meson pour meictre fains et blez et un apentiz et un grenier à meictre blez, le jardrin doudit veill chastel avecques les garennes et boais de revenu doudit domaine de Veille Court"[12]. L'aveu de 1550 désigne "le vieil chasteau de Vieille Court o ses clotures jardrins et garenne, lequel fut abaptu et est ruyneux [...]"[13]. N'étant plus qu'un domaine agricole, le site de Vieille Cour appartient aux seigneurs d'Oudon: successivement les familles de Châteaugiron et de Malestroit (jusqu'en 1527), du Juch (1530-1536), du Bellay (1536-1553, René du Bellay frère du célèbre poète), de Montmorency (1553-1632), de Bourbon-Condé (1633-Révolution). Restitué au prince de Condé, il est vendu à Charles Richard (1824-1843), puis Alexandre Chauvière de La Pagerie (1843-1845), Marie Drouet et son fils Constant (1847-1901). En 1907, les parcelles de Vieille Cour sont acquises par Charles de Pommery, châtelain de la Pilardière et maire d'Oudon (1908-1945)[14]. Depuis un arrêté ministériel du 26 novembre 1942, le site des ruines du château est protégé par inscription[15].
Depuis 2013 il appartient, par succession familiale, à la famille de Perier[16] qui a notamment créé l'Association Domaine de Vieille Cour Oudon[17]. Des travaux de nettoyage et d'entretien y sont depuis lors régulièrement menés[17]. Depuis 2015 le domaine est ouvert lors des Journées européennes du patrimoine (1200 visiteurs en 2015, 471 en 2025)[18],[14],[19]. En 2026 paraît aux éditions Hérault un ouvrage consacré à l’histoire du site : Vieille Cour à Oudon, l’histoire d’un château, écrit par Arnaud de Perier, historien de formation[20] et propriétaire du domaine[21].
Légendes
Dans son ouvrage de 2026, Arnaud de Perier recense une dizaine de légendes relatives à Vieille Cour : en 1527 Jean et Julien de Malestroit sont condamnés à mort pour fausse monnaie, leurs fantômes hanteraient le "pont des Hommes sans tête" situé en contrebas du château ; une chèvre blanche surveillerait le domaine ; un souterrain aurait relié Vieille Cour et la tour d'Oudon ; un mystérieux plat d'argent ; la "fontaine aux Anges" ne tarirait jamais ; le cercueil de la princesse Yolande de Laval (épouse d'Alain de Châteaugiron au XIIIème siècle) ; la chasse Alquine ou des cavaliers dans le ciel ; un cheval emballé ; un naufrage de bateau dans le Hâvre ; le bourdon de la cathédrale de Nantes le soir de Noël [4][réf. non conforme]...
Galerie
- Cliché du début du XXe siècle, vue de l'est.
- Cliché du début du XXe siècle, vue du sud.
- Le logis seigneurial de Vieille Cour, dont on distingue la cheminée.
- Le site castral de Vieille Cour vu depuis le fossé nord.

