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Le château de l'Herbaudière est situé à Salles-sur-Mer en Charente-Maritime. Comme son nom l'indique, il est situé dans une zone de prairies, à mi chemin entre les marais et les premières maisons anciennes du village de Salles-sur-Mer.
Si la seigneurie de L'Herbaudière, qui relevait sous l'ancien régime du château de Châtelaillon, n'est pas mentionnée dans le recensement des fiefs de l'Aunis, réalisé sous François Ier en 1539-1540 [1], un premier document datant de 1560 signale qu'elle est aux mains de Pierre Salbert, pair et échevin de La Rochelle, qui déclare l'avoir acquise peu de temps auparavant de François Pajault. Famille de noblesse de robe, les Salbert restent maître de la maison noble de l'Herbaudière peu de temps.
En effet, elle passe aux mains des Blandin, après le mariage d'Elisabeth Salbert et de René Blandin. Ce dernier appartient à une famille de notables protestants proche de Henri de Navarre, futur Henri IV roi de France. Cependant, René Blandin ne s'inscrit pas dans le moule des convictions familiales. En effet, dans une intéressante lettre adressée à l'un de ses cousins, le , il indique les raisons qui le poussent à ne pas adhérer à la Religion Prétendue Réformée.
Elisabeth Salbert et René Blandin ayant eu quatre enfants, c'est à l'aîné, Pierre Blandin, marié avec Marie Martin (1583-1671), que revient l'Herbaudière. Le château reste la propriété de sa descendance directe jusqu'en 1680, quand sa petite-fille, Henriette Blandin, épouse Louis-Joseph Green de Saint-Marsault, seigneur de Nieul, en Angoumois.
En 1724, le château de l'Herbaudière est cédé à un homme d'église, Jean-Pharamond de Saint-Hermine, abbé de Notre-Dame-d'Angle, dans le diocèse de Luçon, en Bas-Poitou[2]. Fils d'Henri-Louis de Sainte-Hermine, seigneur de La Laigne, en Aunis, qui avait été incarcéré en 1686 à la Bastille, avant d'abjurer la Religion Prétendue Réformée, Jean-Pharamond de Sainte-Hermine était également le neveu de Françoise d'Aubigné, marquise de Maintenon, laquelle avait permis le retour en grâce des Sainte-Hermine, à Versailles. Cependant la terre de l'Herbaudière fait vite retour aux Green de Saint-Marsault, à la faveur d'un accord passé en 1730, après la mort de l'abbé de Sainte-Hermine.
Le dernier seigneur de l'Herbaudière, Henri-Charles-Benjamin Green de Saint-Marsault (1739-1819) - capitaine d'infanterie et grand sénéchal de La Rochelle et du pays d'Aunis de 1786 à 1789 - devient marquis de Châtelaillon en 1780 et augmente considérablement ses terres de Salles-sur-Mer, après son mariage, le , avec une lointaine cousine, Françoise-Suzanne-Geneviève Green de Saint-Marsault, dame du Roullet qui lui apporte en dot cet autre château de la commune de Salles-sur-Mer ainsi que de nombreuses terres voisines de la baronnie de Châtelaillon.
C'est finalement l'arrière-arrière-petite-fille de son fils, Louis-Alexandre-Benjamin Green de Saint-Marsault, qui hérite du château de l'Herbaudière en 1924. La descendante d'Andrée Green de Saint-Marsault (1900-1992) qui épouse André Guimbeau (1884-1964) le à Salles-sur-Mer en est restée maître jusqu'à la fin du XXesiècle.
Les façades et toitures du château sont inscrites au titre des monuments historiques par arrêté du .
Notes et référenc
↑Archives départementales de Charente-Maritime, 3.J.35 et 2 Mi 717.
↑acte de vente passé par devant Cellier, notaire à Châtelaillon. La minute de ce contrat n'existe plus dans les minutes de ce notaire, mais une grosse est conservée dans les Archives privées de l'Herbaudière.
Frédéric Chasseboeuf, Châteaux, manoirs et logis - la Charente-Maritime, éditions Patrimoines et Médias, 2008, volume 1, p. 216-217 (ISBN978-2-916757-27-8)
Florence Puaud, Belles demeures de la Charente-Maritime, éditions Patrimoines et Médias, Limoges, 1996, p. 10
Bruno Sépulchre, Châteaux, villes et villages de l'Angoumois, Aunis, Saintonge et Poitou au XVIIè siècle, par Claude Chastillon, ingénieur du roi (1560-1616), Bassac, 1992, p. 86-87
Christian Gensbeitel, Châteaux de Charente-Maritime, Nouvelles éditions latines, Paris 1992, tome 1, p. 31
Jean-Pierre Naude des Moutis, Anciennes demeures et vieux logis de la Charente-Maritime ou trésors méconnus de l'Angoumois et de la Saintonge, Paris 1989, p. 56-57
Robert Colle, Châteaux, manoirs et forteresses d'Aunis et de Saintonge, éditions Rupella, La Rochelle, 1984, tome 1, p. 312, tome 2, p. 290-291